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Mercredi 7 octobre 2026

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Escapades

Nancy vaut-elle le détour pour un week-end ?

Oui, et deux jours suffisent pour en saisir l'essentiel : la place Stanislas classée par l'Unesco, l'Art nouveau de l'École de Nancy, la Vieille Ville et de grands parcs, le tout à pied.

Julie Kessler Publié le · 5 min de lecture
Place Stanislas à Nancy au coucher du soleil avec ses grilles dorées et quelques promeneurs
  • Oui, Nancy vaut largement un week-end : la place Stanislas et ses voisines, classées au patrimoine mondial en 1983, se visitent à pied avec le reste du centre.
  • La ville est la capitale de l’Art nouveau français grâce à l’École de Nancy, à voir au musée qui lui est consacré et à la villa Majorelle.
  • Comptez environ 1 h 30 de TGV depuis Paris pour les trains les plus rapides, moins d’une heure de TER depuis Metz.

Oui, Nancy vaut le coup pour un week-end, et même pour une journée si vous venez de Metz ou de Strasbourg. La ville réunit dans un périmètre réduit un ensemble classique du XVIIIe siècle inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, un héritage Art nouveau parmi les plus riches d’Europe, une vieille ville médiévale et de grands parcs. Tout se fait à pied, ce qui laisse du temps pour les terrasses.

Ancien journal messin, nous avons longtemps regardé Nancy avec l’œil d’un voisin taquin. Force est de reconnaître que la cité des ducs sait recevoir. Voici ce qui justifie le déplacement, et ce qu’il faut savoir avant de partir à l’automne 2026.

Qu’a de si particulier la place Stanislas ?

C’est l’une des places royales les plus harmonieuses d’Europe, et elle forme avec la place de la Carrière et la place d’Alliance un ensemble inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1983. Elle a été construite entre 1752 et 1755 à l’initiative de Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine et ancien roi de Pologne, pour honorer son gendre Louis XV.

Le site de la Ville de Nancy rappelle les noms de ceux qui l’ont façonnée :

  • l’architecte Emmanuel Héré, qui a dessiné l’ensemble et ses façades ;
  • le ferronnier Jean Lamour, auteur des grilles rehaussées d’or qui valent à Nancy son surnom de ville aux portes d’or ;
  • le sculpteur Barthélemy Guibal, à qui l’on doit les fontaines de Neptune et d’Amphitrite.

Appelée d’abord place Royale, elle a changé de nom à la Révolution avant de prendre celui de Stanislas. Depuis 2005, elle est entièrement piétonne. Revenez-y à la nuit tombée : l’éclairage des façades et des grilles change complètement l’atmosphère. En traversant l’arc Héré, vous rejoignez la place de la Carrière, bordée d’arbres, puis le palais du Gouvernement.

Où voir l’Art nouveau de l’École de Nancy ?

Commencez par le musée de l’École de Nancy, puis poussez jusqu’à la villa Majorelle. À la fin du XIXe siècle, des artistes lorrains comme Émile Gallé, Louis Majorelle, les frères Daum, Eugène Vallin ou Jacques Gruber ont formé un mouvement qui a fait de la ville la capitale française de l’Art nouveau.

Le musée occupe l’ancienne demeure d’Eugène Corbin, fondateur des Magasins Réunis. On y voit des meubles de Vallin, des vitraux de Gruber et des verreries de Gallé, dans un décor qui ressemble à une maison habitée, avec un jardin. La villa Majorelle, construite en 1901 et 1902 par l’architecte Henri Sauvage pour l’ébéniste Louis Majorelle, est la seule maison Art nouveau de la ville ouverte au public toute l’année. Un billet couplé donne accès aux deux sites.

Entre les deux, levez les yeux dans les rues : façades, balcons en ferronnerie, vitraux de banques et d’anciennes boutiques jalonnent le centre. L’office de tourisme propose des parcours pour les repérer.

La villa Majorelle entre dans une nouvelle phase de travaux à l’automne 2026. Seul le rez-de-chaussée reste accessible, avec un tarif réduit. Vérifiez les conditions de visite sur le site du musée avant de réserver votre week-end, surtout si la villa est la raison de votre venue.

Que voir d’autre en deux jours ?

Assez pour remplir un week-end sans courir. Voici un programme équilibré, pensé pour marcher sans se presser :

MomentVisiteNotre avis
Samedi matinPlace Stanislas, arc Héré, place de la CarrièreIdéal pour commencer, avant la foule
Samedi midiMusée des Beaux-Arts et sa collection DaumIdéal par temps de pluie
Samedi après-midiVieille Ville, Grande Rue, porte de la CraffePossible en flânant
Dimanche matinMusée de l’École de NancyIdéal, l’étape à ne pas manquer
Dimanche après-midiParc de la Pépinière ou villa MajorellePossible selon la météo et les travaux

Le musée des Beaux-Arts, installé sur la place Stanislas, abrite dans son sous-sol une collection de verreries Daum de plus de 800 pièces, dont environ 300 exposées autour des vestiges des anciennes fortifications. La Vieille Ville, au nord de la place, conserve ses ruelles et la porte de la Craffe, ancienne porte fortifiée.

Le parc de la Pépinière, plus de 20 hectares au cœur de la ville, offre une roseraie et de grandes allées pour souffler. Les amateurs de plantes iront au jardin botanique Jean-Marie Pelt, à Villers-lès-Nancy, et à ses serres tropicales.

Côté gourmandise, la bergamote de Nancy, petit bonbon translucide parfumé, et les macarons de la ville sont les souvenirs classiques. En saison, la mirabelle de Lorraine s’invite partout.

Quels sont les points faibles d’un week-end à Nancy ?

Le principal manque se trouve dans le palais des ducs de Lorraine, qui abrite le Musée lorrain : il est fermé depuis 2018 pour une rénovation d’ampleur, et la Ville annonce une réouverture progressive à partir de 2029. Seule l’église des Cordeliers, qui en dépend, reste ouverte, ainsi que le jardin du palais en été.

Autre limite : l’essentiel se concentre dans le centre, et certaines maisons Art nouveau ne se voient que de l’extérieur. Enfin, les week-ends de grands événements, comme les fêtes de la Saint-Nicolas en décembre, les hôtels du centre se remplissent vite. Réservez tôt si vous visez ces dates.

Comment venir et se déplacer à Nancy ?

Le train reste la solution la plus simple : la gare de Nancy est à une dizaine de minutes à pied de la place Stanislas. Depuis Paris-Est, les TGV les plus rapides mettent environ 1 h 30. Depuis Metz, le TER relie les deux villes en moins d’une heure.

Sur place, la voiture ne sert à rien dans le centre : tout se fait à pied, et le réseau de transports en commun Stan dessert les sites plus éloignés comme le jardin botanique. Si vous venez en voiture, laissez-la dans un parking à l’entrée du centre pour le week-end.

Et si deux jours ne suffisent pas, prolongez vers le sud : les massifs forestiers ne sont pas loin, même si la question de savoir si les Vosges font partie de la Lorraine mérite à elle seule un détour. Notre conseil pour ce premier séjour : arrivez le vendredi soir, dînez près de la place, et gardez la visite du musée de l’École de Nancy pour le dimanche matin, au calme.

Rédactrice en chef Julie Kessler

Dix ans de concerts et de festivals dans le Grand Est pour un hebdomadaire lorrain, puis la consommation et le logement. Julie Kessler dirige la rédaction de Melting Actu : elle vérifie chaque chiffre publié et indique sa date.

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