Aller au contenu
Jeudi 22 octobre 2026

Le journal du mélange, depuis 2006

Maison

Pourquoi mon compost est-il trop humide ?

Trop de déchets de cuisine et de tontes, pas assez de matières sèches, et pas d'air : voilà ce qui noie un compost. Il se rattrape avec du sec, un bon brassage et le test de la poignée.

Julie Kessler Publié le · 4 min de lecture
Jardinier mélangeant des feuilles mortes à un compost humide dans un bac en bois
  • Un compost devient trop humide quand il reçoit trop de déchets de cuisine et de tontes, pas assez de matières sèches, et qu’il manque d’air.
  • L’ADEME conseille un mélange d’environ moitié déchets humides, moitié déchets secs, et un brassage au moins une fois par mois.
  • Pour le rattraper : ajouter des matières sèches, aérer à la fourche, et au besoin étaler le compost quelques heures au soleil.

Votre compost est trop humide parce que l’eau y entre plus vite qu’elle n’en sort. Les épluchures, les restes de fruits et les tontes de gazon contiennent beaucoup d’eau. Sans assez de matières sèches pour l’absorber, et sans air pour la faire évaporer, le tas se tasse et devient une pâte collante. Les micro-organismes qui ont besoin d’oxygène ralentissent, et le compostage s’arrête presque.

À la rédaction, nous avons constaté que ce problème touche surtout les nouveaux composteurs, pleins de bonne volonté mais sans réserve de feuilles mortes. La bonne nouvelle : un compost détrempé se rattrape en quelques semaines.

Comment savoir si mon compost est trop humide ?

Le test le plus simple est celui de la poignée, proposé par l’ADEME. Prenez une poignée de compost au cœur du bac et serrez-la dans la main. Si quelques gouttes perlent, l’humidité est bonne. Si l’eau coule, il est trop humide. Si rien ne sort et que la matière s’effrite, il est trop sec.

Ce que vous observezDiagnosticRéaction
L’eau coule entre les doigtsTrop humideAjouter des matières sèches et aérer
Quelques gouttes perlentIdéalContinuer ainsi
Rien ne sort, la matière s’effriteTrop secArroser ou laisser le couvercle ouvert sous la pluie
Masse collante, grise, qui colle à la fourcheTrop humide et tasséBrasser en profondeur et ajouter du broyat
Mouchettes nombreuses en surfacePossible excès de déchets fraisEnfouir et couvrir de matières sèches

D’autres signes ne trompent pas : un jus sombre qui s’écoule au pied du bac, une surface luisante, une matière qui ne chauffe plus au cœur. Une mauvaise odeur accompagne souvent l’excès d’eau, mais elle a d’autres causes possibles, que nous détaillons dans notre article sur le compost qui sent mauvais.

Pourquoi le compost se gorge-t-il d’eau ?

Dans la grande majorité des cas, la cause tient au mélange : trop de déchets humides, pas assez de secs. L’ADEME recommande un bon mix, avec environ la moitié de déchets humides, surtout issus de la cuisine, et la moitié de déchets secs, plutôt issus du jardin et de la maison.

  • Les tontes de gazon en couche épaisse. Fraîches, elles se collent en une galette imperméable qui chasse l’air.
  • Les apports de cuisine sans contrepartie. Un seau d’épluchures chaque jour, sans feuilles mortes ni carton, finit par noyer le bac.
  • Le manque de brassage. Un compost jamais remué se tasse sous son propre poids.
  • La pluie. Un tas à découvert ou un bac laissé ouvert tout l’automne se charge d’eau.
  • L’emplacement. Un coin bas, à l’ombre complète, où l’eau stagne, sèche mal.

L’hiver aggrave souvent la situation. Il fait froid, l’évaporation est faible, et le jardin fournit moins de matières sèches alors que la cuisine produit toujours autant d’épluchures.

Comment rattraper un compost trop humide ?

On rattrape un compost trop humide en ajoutant des matières sèches et de l’air. Les deux vont ensemble : les matières sèches absorbent l’eau, les morceaux grossiers créent des passages pour l’oxygène.

  1. Arrêtez les apports humides pendant une ou deux semaines, ou compensez chaque seau par au moins autant de sec.
  2. Brassez le tas à la fourche ou avec un aérateur, en remontant la matière du fond.
  3. Incorporez des matières sèches au fur et à mesure : feuilles mortes, broyat de branches, paille, carton brun déchiré, boîtes d’œufs.
  4. Si le temps le permet, étalez une partie du compost quelques heures au soleil avant de la remettre dans le bac, comme le suggère l’ADEME.
  5. Refaites le test de la poignée une semaine plus tard.

Évitez le carton imprimé en couleur ou plastifié. Le carton brun ordinaire, en revanche, est un excellent absorbant, et on en a toujours sous la main.

Gardez une réserve de matières sèches à côté du composteur. Un sac de feuilles mortes ramassées en novembre, ou un petit stock de broyat, vous permettra d’équilibrer chaque apport de cuisine toute l’année. Dans les composteurs partagés, un bac entier est souvent réservé à cette réserve.

Comment éviter que le problème revienne ?

La prévention tient en quelques habitudes : alterner humide et sec à chaque apport, fragmenter les déchets, et brasser régulièrement. L’ADEME recommande un brassage au moins une fois par mois.

  • Faites sécher les tontes un jour ou deux en fine couche sur la pelouse avant de les composter, ou mélangez-les à des feuilles.
  • Coupez les gros déchets : un trognon entier pourrit lentement et retient l’eau.
  • Ajoutez des matières grossières, comme des brindilles broyées, pour garder des passages d’air.
  • Installez le bac à mi-ombre, en contact direct avec la terre, comme le conseille l’ADEME, pour que l’excès d’eau s’infiltre dans le sol.
  • Refermez le couvercle par temps de pluie prolongée.

Un compost trop humide et jamais remué attire aussi plus facilement les rongeurs, qui apprécient les tas tranquilles. Si vous en avez vu autour du bac, lisez nos conseils sur le compost et les rats.

Et dans un lombricomposteur d’appartement ?

Le principe reste le même, mais l’équilibre est plus délicat. L’ADEME note que la gestion des apports humides et secs demande de l’attention dans un lombricomposteur, car le volume est petit et les vers supportent mal l’excès d’eau.

Si le plateau devient boueux, ajoutez du carton brun ou du papier journal déchiré, et réduisez les fruits très juteux quelques jours. Pensez aussi à vider régulièrement le liquide qui s’accumule en bas, par le robinet prévu pour cela. Ce liquide, que l’on appelle lombrithé, se dilue ensuite dans l’eau d’arrosage des plantes.

Le bon réflexe, dans le jardin comme sur le balcon : à chaque seau de déchets de cuisine, une poignée de sec. Ce seul geste évite l’essentiel des composts détrempés.

Rédactrice en chef Julie Kessler

Dix ans de concerts et de festivals dans le Grand Est pour un hebdomadaire lorrain, puis la consommation et le logement. Julie Kessler dirige la rédaction de Melting Actu : elle vérifie chaque chiffre publié et indique sa date.