Le compost attire-t-il les cafards ?
Un compost de jardin bien tenu n'attire pas les cafards de cuisine. Les petites blattes qu'on y croise vivent dehors et aident à décomposer. Le vrai risque se situe plutôt dans le seau de la cuisine.
- Un composteur de jardin bien géré n’attire pas les cafards qui envahissent les cuisines : ces espèces vivent à l’intérieur, au chaud.
- Les petites blattes aperçues dans un compost sont le plus souvent des blattes de jardin, des décomposeurs qui ne s’installent pas dans les maisons.
- Le risque se joue près de la maison : seau de cuisine qui déborde, restes mal enfouis, composteur collé au mur.
Non, un compost de jardin bien tenu n’attire pas les cafards qui posent problème dans les logements. Les blattes que l’on redoute, comme la blatte germanique, vivent à l’intérieur des bâtiments, là où il fait chaud toute l’année. Les petites blattes que l’on croise dans un tas de feuilles ou dans un bac à compost appartiennent pour la plupart au genre Ectobius, des blattes de jardin qui décomposent la matière organique et ne colonisent pas les maisons.
À la rédaction, cette question arrive dans notre courrier depuis que le tri des biodéchets est devenu obligatoire, le 1er janvier 2024. Beaucoup hésitent à installer un composteur par peur des nuisibles. Voici comment distinguer les insectes utiles des indésirables, et comment éviter les ennuis.
Quelles blattes vit-on dans un compost ?
Dans un compost en plein air, on rencontre surtout des blattes de jardin. Ces insectes d’un centimètre environ vivent dans la litière de feuilles, les haies, les tas de bois et les paillis. Ils se nourrissent de végétaux en décomposition et participent au travail du compost, au même titre que les cloportes, les vers et les collemboles.
Le programme Jardiner autrement, porté par la Société nationale d’horticulture de France, rappelle que sur les quelque 4 500 espèces de blattes connues dans le monde, moins de 1 % vivent au contact de l’homme. Les blattes de jardin n’en font pas partie : elles jouent un rôle de décomposeur et servent de nourriture aux oiseaux, aux crapauds et à bien d’autres animaux.
Il arrive qu’une blatte de jardin entre dans la maison par une fenêtre ouverte, attirée par la lumière en été. Elle ne s’y reproduit pas : l’air intérieur est trop sec pour elle, et elle ne survit pas longtemps. Il suffit de la remettre dehors.
Comment reconnaître une blatte de jardin d’un cafard de cuisine ?
Le lieu et l’heure disent presque tout : une blatte vue de jour, seule, dehors ou près d’une fenêtre, est presque toujours une blatte de jardin. Des blattes qui détalent la nuit dans la cuisine ou la salle de bains signalent une infestation domestique.
| Indice | Blatte de jardin | Blatte de cuisine |
|---|---|---|
| Où la voit-on ? | Compost, feuilles mortes, terrasse | Cuisine, salle de bains, derrière l’électroménager |
| Quand ? | De jour, surtout aux beaux jours | La nuit, elle fuit la lumière |
| Combien ? | Une à la fois, de temps en temps | Plusieurs, de plus en plus |
| Se reproduit dans la maison ? | Non, l’air est trop sec | Oui, et très vite |
| Que faire ? | Possible de la laisser ou de la remettre dehors | À éviter de laisser traîner : traiter rapidement |
La blatte germanique recherche la chaleur, l’humidité et la nourriture, et prospère dans les logements même très propres. Elle voyage dans les cartons, les sacs de courses ou les appareils d’occasion bien plus souvent qu’elle n’arrive du jardin.
Quels déchets du compost peuvent attirer des nuisibles ?
Les restes de viande, de poisson, les laitages et les plats cuisinés sont ceux qui posent question, parce qu’ils sentent fort en se décomposant. Mal gérés, ils attirent mouches, rongeurs et animaux errants plus sûrement que des blattes.
Le Réseau Compost Citoyen, qui fédère les maîtres composteurs, rappelle pourtant que ces déchets peuvent être compostés sans nuisance à condition de bien conduire le tas. Le guide du compostage de l’Eurométropole de Metz les accepte aussi, en petite quantité et de temps en temps. Les bonnes pratiques :
- couper la viande et le poisson en petits morceaux ;
- les enfouir au cœur du tas plutôt que de les laisser en surface ;
- les recouvrir aussitôt de matière sèche, feuilles mortes, broyat ou carton brun ;
- ne pas vider une friteuse ou de grandes quantités de gras dans le bac.
Si vous n’êtes pas à l’aise, orientez ces restes vers la collecte de biodéchets de votre commune quand elle existe, et réservez le composteur aux épluchures et au marc de café.
Où installer le composteur pour éviter les problèmes ?
Installez-le à même la terre, à quelques mètres de la maison plutôt que contre un mur ou sous une fenêtre de cuisine. Le contact avec le sol permet aux décomposeurs d’entrer par le bas, et la distance évite que les insectes attirés par la chaleur du tas trouvent une fissure vers l’intérieur.
Choisissez un coin mi-ombragé et abrité du vent, sur un sol plat où l’eau ne stagne pas. Une grille métallique au fond du bac décourage les rongeurs, et un couvercle bien ajusté limite l’arrivée de mouches. Brassez régulièrement : un compost aéré chauffe, se décompose vite et intéresse beaucoup moins les indésirables.
Le point faible se trouve souvent dans la cuisine, pas au jardin : le petit seau où l’on accumule les épluchures. Videz-le tous les deux ou trois jours, rincez-le, et gardez-le fermé. Un seau qui fermente sous l’évier pendant une semaine offre aux blattes domestiques exactement ce qu’elles cherchent.
Et en appartement, un lombricomposteur attire-t-il les cafards ?
Un lombricomposteur bien entretenu n’attire pas davantage les blattes qu’une poubelle ordinaire fermée. Les vers transforment les déchets rapidement, à condition de ne pas les suralimenter. Évitez d’y mettre viande, poisson et laitages, gardez le couvercle fermé, et ajoutez régulièrement du carton brun déchiré pour absorber l’humidité.
Si des blattes apparaissent autour du bac, le problème existait souvent avant, dans l’immeuble ou le logement. Traitez l’infestation, puis reprenez le compost en surveillant l’équilibre entre déchets humides et secs.
Un compost qui sent fort est le premier signe d’un déséquilibre, et un tas équilibré intéresse bien moins les nuisibles. Notre article sur la question « pourquoi mon compost sent mauvais » détaille les gestes pour le rattraper. Retenez l’essentiel : autant de sec que d’humide, un brassage régulier, et des restes carnés toujours enfouis.
Dix ans de concerts et de festivals dans le Grand Est pour un hebdomadaire lorrain, puis la consommation et le logement. Julie Kessler dirige la rédaction de Melting Actu : elle vérifie chaque chiffre publié et indique sa date.