7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 18:28

Le cinéma a parfois pour but de nous faire rêver, de nous transporter hors de notre quotidien, bien que l’histoire puisse y figurer. Le cinéma est là pour nous faire décoller, nous faire sentir léger, quelle que soit la gravité du film. Plus tard, peut-être, la réflexion prendra le dessus, et nous sortirons grandis de l’expérience. Mais avant cela, il y a la confrontation avec la pellicule, avec le vivant sur l’écran...

 

 

 

         « Si può fare » est un film hilarant sur un thème qui l’est beaucoup moins : la question des malades mentaux et des asiles.

 

         Nello est un responsable syndical débarqué pour ses méthodes non conformes aux idées de sa fédération. Il se retrouve, au milieu des années 1980, à la tête d’une coopérative de malades mentaux, à Milan. Ceux-ci, fraîchement sortis des asiles par la loi Basaglia, se voient affublés de tâches bénignes, leur offrant un semblant d’occupation.

Nello, ignorant tout de l’ensemble des maladies que peut regrouper son petit personnel, les traite comme des ouvriers normaux, avant de se rendre rapidement compte que rien ne sera facile.

Entouré de médecins gavant les malades de calmants et médicaments en tous genres, Nello comprend petit à petit le cadeau empoisonné que lui ont fait ses dirigeants. Mais, loin de se décourager, il découvre presque par miracle le génie et les capacités de ses associés.

 


         Le film traite ce sujet droit dans les yeux, avec la chaleur que chacun devrait mettre en présence d’une personne déficiente mentalement. Solidement documenté, il distille quelques informations sur différentes maladies – schizophrénie, autisme, dépression, paranoïa – sans jamais devenir ennuyeux ou simplement théorique. Petit à petit, on comprend bien que chacun, selon ses aptitudes et ses difficultés, est capable d’apporter sa pierre à l’édifice.

Nello arrive à prouver petit à petit que chacun de ses patients, bien que ne possédant pas toutes ses facultés mentales, peut avoir sa place dans la société grâce au travail, et la coopérative devient une entreprise de pose de parquet. Les débuts sont catastrophiques. Mais, une nouvelle fois grâce à un coup du sort, et le besoin inaltérable de symétrie pour deux malades du groupe atteints de schizophrénie, ils parviennent à transformer une erreur monumentale en lancement de leur succès.

Puis l’entreprise grandit, Nello oublie même parfois sa femme à force de succès de ses associés, et elle ne manque pas de le lui rappeler. Mais l’intrigue se situe bien dans cette corporation de malades mentaux, qui petit à petit, va s’affranchir des médecins, achetant leur propre usine, avec leurs chambres personnelles et un unique docteur pour les superviser. De nombreuses questions intelligentes et indispensables comme celle de la sexualité sont amenées avec élégance et humour dans le film. Une idée utopique germe alors face au succès du petit groupe : faire sortir tous les aliénés de leur retraite et les réintégrer à la société par le travail. Mais tout ne sera pas aussi facile pour Nello, et certaines de ses solutions seront parfois très critiquées.

 


         Le film est fascinant, tant pour la trace qu’il laisse à l’esprit grâce à un humour génial que pour sa facilité à parler d’un sujet tabou. Une multitude de questions sont ainsi présentées avec un parti pris certain : considérer les malades comme des êtres humains à part entière, et les aider à intégrer une société qui les a parqués dans des lieux d’oubli. La notion d’égalité est souvent mise en avant, avec les contraintes et difficultés que cela peut apporter.

 

         Le cinéma est capable d’immenses choses, de sentiments formidables, et de raconter des histoires que l’on pourrait difficilement se mettre sous les yeux en d’autres occasions. Mais là où le cinéma excelle, c’est véritablement quand il a la chance de sublimer le quotidien, le vrai. La beauté de la chose prend son sens lorsque s’inscrit à l’écran une simple phrase : cette histoire est tirée de faits réels. Car, oui, il y a bien des utopistes, des médecins, des psychologues, des personnes révoltés par le sort de frères, de cousins, d’amis, et des malades eux-mêmes qui refusèrent cette situation.  

 

         ‘’ La première expérience associative de malades a été la Nuova Cooperativa (voire fiche IRED spécifique). Dès la moitié des années 1970 ,un groupe de malades, qui avec son travail "ergothérapeutique", produisait une grande partie des fonctions matérielles des pitaux (main d’oeuvre dans les cuisines, à la blanchisserie, de jardinage, nettoyage des pavillons,..), avait organisé une grève et préparé une plateforme de revendications: une paye régulière, un contrat de travail, les droits civils, la possibilité de choisir où vivre, même en dehors du contrôle de l’appareil médical. Les "malades de l’ergothérapie", avec l’appui d’un groupe de travailleurs médicaux et avec le soutien de l’Administration de gauche, organisent une coopérative qu’ils appellent "Nuova" (Nouvelle) pour signifier la nécessité d’innover, par rapport aux expériences coopératives traditionnelles, les règles économiques d’une entreprise, et de les utiliser en fonction de l’autonomie personnelle, d’une productivité de groupe et pour se donner une représentation d’eux-mêmes dans le contexte social qui les avait refusés.

Aujourd’hui la Coopérative associe 180 membres dont plus de la moitié sont des usagers des services psychiatriques territoriaux auxquels s’est ajouté un groupe provenant d’expériences de grande marginalité.’’

(source : http://base.d-p-h.info)

 

 

            « Si può fare » a été récompensé hier par l’Amilcar du public et l’Amilcar des exploitants dans le cadre de la 32ème édition du festival du film italien de Villerupt.

Alors, simplement, un immense bravo pour ce film tout autant que pour les malades du monde entier et toutes les personnes qui ont le courage et la volonté de les aider à vivre normalement !

 

 

Ugo Schimizzi

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