13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 21:46

La deuxième journée démarre avec les sympathiques orange men du groupe Sam Gratt. Aux classiques guitare, chant et batterie s’ajoutent une trompette et une contrebasse donnant l’occasion aux premiers spectateurs de swinguer sous un chaud soleil d’un presque été.

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Sam Gratt - Photo : Ugo Schimizzi


Le groupe se classe dans une dynamique chanson française aux paroles agréables et drôles. L'ensemble, fier créateur du mouvement swunk, doit démontrer à mon sens (et celui de Sylvain surtout qui a déjà vécu l’expérience), toute son efficacité en salle, dans une ambiance plus intimiste et conviviale.

 


Côté scène alternative, ce sont les messins de The Yupps qui mettent leurs amplis en marche. Chapeau de paille, lunettes de soleil et vêments multicolores invitent les spectateurs a sombrer dans un océan de mélodies.
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The Yupps - Photo : Ugo Schimizzi

Le son, très anglo-saxon rappelle pas mal toute la joyeuse clique de groupes en the desquels les Yupps ne se démarquent pas encore, et qui espéront-le s’en détacheront dans les années à venir. Sur scène, le groupe joue le jeu et fait le show, laissant leur égo éclater sur scène mais assurant tout de même un spectacle agréable.

 


Première tête d’affiche à se présenter sur la grande scène, Sinsemilia, tout comme les Ogres de Barback la veille et La Phaze le lendemain, joue à l’heure presque matinale de 19h10. Qu’importe, ils font du soleil, de la lumière et des températures encore très agréables des atouts pour leur show « d’une petite heure seulement ». Tous sourires, passionnés et vivants, ils répètent à plusieurs reprises leur bonheur d’être toujours là, 20 ans plus tard, glissant au passage un petit message promo quant à leur tournée de fin d’année, « d’une quinzaine de dates seulement » , pour fêter cette double décennie de concerts.

 

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Sinsemilia - Photo : Juliette Delvienne

Complice, le groupe l’est également avec le public et toute la troupe ne boude pas son plaisir, courant et sautant à travers la scène. Plutôt authentique malgré le succès, comme ils le soulignaient peu avant en conférence de presse, Sinsemilia accepte le succès de Tout le bonheur du monde en s’en servant comme une entrée pour certains pour découvrir leur univers. Face aux critiques, ils répètent leur soutien à cette chanson, qui peut ne pas plaire à tout le monde artistiquement parlant, mais qui a malgré tout été écrite avec le cœur et qu’ils continuent à défendre. Grand frère de Dub Inc et de Danakil, Sinsemilia reste une valeur sûre du mouvement, les auteurs d’excellentes reprises de Brassens mais aussi les créateurs de Douanier 007, hymne du groupe, à l’orchestration revisitée pour l’occasion.

 


La conférence de presse de High Tone me prive du show des Plus Guest, c’est donc pour AaRON que je reviens face à la grande scène. Le groupe, à la formation plutôt atypique (un acteur français/anglais et un ancien guitariste de Mass Hysteria en reconversion), propose une pop à sourires, accompagné sur cette tournée par d’autre musiciens, dont un batteur et un clavier.

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AaRON - Photo : Juliette Delvienne

De passage au JDM, le groupe s’envole ensuite pour New York, justifiant sa réputation de groupe international à succès, notamment propulsé par le film Je vais bien ne t’en fait pas et la chanson star du film, U-Turn (Lili), qui a depuis tournée en boucle sur les radios, comme plusieurs autres de leurs titres.
Le public apprécie, reprend les chansons en cœur, alors que le soleil décline doucement.

 

The Inspector Cluzo arrive à la nuit tombée, envoyant les décibels aussi vite et fort qu’ils crient leur haine de AaRON et de pas mal d’autres choses d’ailleurs. Les deux gascons, simplement vêtus d’une guitare et d’une batterie, chantent en anglais leur rage et varient leurs registres du gros rock testostéroné à des chansons foutrarques basculant dans des aigus hasardeux. Sur la scène flotte un fier drapeau de Mont-de-Marsan, leur ville d’origine, tandis que ballon de rugby et maillots aux couleurs de l’équipe locale dressent le portrait d’un « groupe de bouseux, qui joue pour les bouseux ». C’est leur combat, et celui-ci dure depuis 3 ans maintenant, le groupe ayant parcouru plus de 27 états et donnés quelques 480 concerts, le chanteur soulignant au passage sa haine de la France et son impossibilité d’avoir pu y jouer et y être accepté. Leur chanson phare « The French Bastards » s’est retrouvée n°2 au Japon derrière Lady Gaga, électrise la foule et montre toute la puissance et l’efficacité du duo sur scène. A souligner au passage que le groupe a été invité dans les plus grands festivals, Sziget, South By Southwest, Lowlands festival en tête !

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The Inspector Cluzo - Photo : Juliette Delvienne

Au passage, Malcolm le guitariste rappelle tout son mépris pour les groupes de musique électronique, à leur sens factice et ne faisant pas de musique. « Nous on fait de la merde, mais au moins vous voyez exactement ce qu’on joue. On a pas de samples, pas de boucles ni d’enregistrements ». Dédicace aussi au bassiste, absent dans le groupe et qui a sa chanson : Fuck Bass Player. Le message est passé. Les punitions se succèdent face à un public jugé trop mou qui se réveillera bien assez vite. Bien que cette rapide description bordélique ne présente que bien mal et partiellement la prestation du groupe, leur show fut un véritable plaisir et une découverte certaine, expérience unique que je vous invite à découvrir, ne serait-ce que pour un petit jeté de cymbale !

 


Le très engagé Tiken Jah Fakoly entre en scène, courant encore et encore alors que les éclairages vert, bleu et rouge envahissent le plateau.
Tiken Jah Fakoly. Un nom qui fait souffler un vent d'espoir sur le continent Africain. Un vent chaud et puissant qui étend son voile de bonté et de courage sur les terres du Michel, à Bulligny.
Cela fait deux décennies déjà que ce quadragénaire forge la jeunesse à ses mélodies tant révoltées que réfléchies. Exilé au Mali depuis sept ans, l'ivoirien voit sa maison au travers de l'Afrique toute entière qu'il défend, causes après causes. Malgré les injonctions au silence et l'assassinat de ses proches en Côte d'Ivoire, le chanteur perpétue sa croisade sur tout le continent émergent.

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Tiken Jah Fakoly - Photo : Juliette Delvienne

Célèbre et célébré, Tiken Jah Fakoly chante au nom de ses frères, peinant à s'établir dans un monde globalisé, mondialisé. Ses textes sont forts comme les guerres, fragiles comme les corps meurtris qui les subissent. Il suffit de regarder les titres de ses chansons pour comprendre l'imaginaire que ce messager veut nous transmettre : « Il faut se lever » ; « délivrance » ; « laisse-moi m'exprimer ». Si Fakoly rassemble les peuples, s'il regroupe les foules et surtout les jeunes, c'est bien parce que son discours résonne dans les cœurs. Ces besoins de liberté et d'ouverture, il les hurle en chansons à chacune de ses apparitions, se battant contre l'exclusion, la corruption, l'exploitation - ces dépendances que le monde voudrait imposer à ce grand territoire flagellé depuis des siècles. Avec ses armes de paix, ses mélodies et ses instruments, le musicien multiplie les rencontres et les participations aux côtés d'autres acteurs fort de la musique : Manu Chao, Dub Incorporation, Les Ogres de Barback. Virulent, vivant, vrai, Tiken Jah Fakoly est avant tout un artiste engagé. Et particulièrement auprès de l'enfance, de surcroit depuis 2009, lançant alors l'opération « un concert une école ». Prônant l'éducation pour tous, il préconise notamment de « donner les mêmes chances à tout le monde, à tous les enfants ».

Plus qu'un concert, Tiken Jah Fakoly offre un moment de vie, un plongeon dans un maelström de savoir et d'idées pour s'élever et partager, ensemble. 

 

Difficile de lui succéder. C’est The Gaslamp Killer qui a cette lourde tâche, poursuivant plus dans le registre dément de Inspector Cluzo que le combat engagé de Tiken Jah Fakoly. Seul face à ses platines, l’homme a toute la panoplie du mouvement hipster.

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The Gaslamp Killer - Photo : Ugo Schimizzi

 
Cheveux en bataille et bouclés, lunettes noires rondes, moustache et barbe de quelques jours, un sweat-shirt épais et aux couleurs hétéroclites, l’américain semble dans son élément, entouré d’un simple halo bleuté. Agité, il fait danser la foule pendant une heure, variant mix et remix, jouant sur les temps et les contre-temps en musicien acéré, authentique et stimulant from L.A.

 


High Tone clôture cette deuxième journée sur la grande scène, devant un public encore très nombreux alors que sonne 1h du matin. Fer de lance du mouvement dub à la française, marqué notamment par la présence de leur batteur au centre de la scène, les lyonnais assurent dans leur régularité et leur qualité. Amoureux des machines, le quintet se meut dans un décor minimaliste, aux légers accents steam punk, dotés de lampes au design fin, en harmonie avec les platines et les écrans en fond de scène.

 

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High Tone - Photo : Juliette Delvienne


Quelques nappes de guitare réhaussent un peu plus des compositions millimétrées, savantes, aux sonorités piochant dans divers influences à travers le monde. Tout comme lors de leur passage deux ans auparavant au Cabaret Vert, leur prestation est irréprochable, l’apport des lumières renforçant la puissance de leur prestation. Une petite heure plus tard, la foule se réveille hagard, le temps étant venu de poursuivre la fête au camping ou de tenter de kidnapper quelques heures de sommeil, la dernière journée s’annonçant agitée.

 

 

Article : Ugo Schimizzi

Photos : Juliette Delvienne / Ugo Schimizzi

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