12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 18:12

 

Rock A Field, 26/06/2011 – Roeser, Luxembourg

“Now bounce you schizos and see you at the show!”

 

 

Ah, le temps des festivals, la musique en plein air ! Dès juin les gros festoches se préparent un peu partout, avec leurs line-ups impressionnants, leurs publics en bikini et leurs gobelets de bière. Mais les « petits » évènements peuvent aussi s’avérer fort intéressants quand il s’agit d’éviter la baston avec 50.000 fans pour avoir une place acceptable dans le public. Le Rock A Field, qui se déroule à Roeser, Luxembourg, attire depuis six ans un public de plus en plus nombreux, et pour cause ! Une bonne organisation, un cadre sympathique, des groupes en forme… Le 26 juin a prouvé une fois encore que le Rock A Field n’est plus un petit festival mais un évènement pro qui vaut son pesant de cacahuètes.

 

Le Rock A Field, c’est, pour son édition 2011, 18.000 spectateurs sur un terrain de 20.000m² en plein milieu d’une forêt, et surtout 15 groupes qui s’enchaînent sur deux scènes de 11h à 1h du matin. Malgré l’annulation de Blink 182 – ayant délaissé les festivals pour cet été suite à un retard dans leur nouvel album - la prog restait alléchante et diversifiée.

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« Boom boom » crient les basses dans les bois qui mènent au site. Midi, sous le soleil de plomb, les Allemands de Project54 entament leur set punk-rock devant un public encore clairsemé mais enthousiaste. Les techniciens s’affairent aux derniers préparatifs et les festivaliers s’installent sur leurs serviettes, lunettes de soleil sur le nez. Faire bronzette avec du bon son dans les oreilles, en attendant les têtes d’affiche… Entre une Currywurst et une petite bière, on jette un coup d’œil aux groupes qui ouvrent le festival avec des sets courts. Les anglais de You me at six, sacrés « Best British Band 2011 », restaient majoritairement inconnus dans nos pays francophones-ou-presque. Leur prestation leur vaut un accueil chaleureux du public, entraîné par les mélodies efficaces du groupe de pop-punk.

 

Trente-cinq minutes plus tard, Versus You prend la relève sur la petite scène. Le jeune groupe de punk luxembourgeois, dynamique et expansif, fait lever quelques adeptes du bronzage qui viennent élargir le public. La curiosité est remplacée par la fête à l’arrivée de The Gaslight Anthem sur la scène principale. Difficile de passer à côté de leurs influences ; leur rock aux accents punk et les boutades du chanteur chantent l’Amérique bonne vivante et une rébellion subtile à la Springsteen. Impossible de se sortir High Lonesome de la tête. Mais est-ce qu’on en aurait seulement envie ? C’est un gros coup de cœur pour le groupe du sympathique Brian Fallon.

 

All time low prend la suite de justesse. Le bus de tournée de la bande de Baltimore ayant eu une panne sur le chemin, l’orga du Rock A Field a dû les rapatrier vers le Luxembourg en avion et en urgence, sans leur matériel. Le groupe pop-punk a donc livré un set entièrement acoustique, et joué sur la situation pour proposer une ambiance intimiste et proche du public. Un sauvetage tout en beauté.

 

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Le metal fait ensuite son entrée dans le festival avec Volbeat ; le groupe danois compte un nombre impressionnant de fans (et de toute évidence de très bonnes ventes de t-shirts). Volbeat, on aime ou on déteste. Mais ce qu’on ne peut pas leur reprocher, c’est d’avoir une identité bien à eux ; en se réclamant de Metallica et d’Elvis, ils lançent un drôle de mélange avec une puissance qui fait hurler et bondir le public. Du bon gros son qui secoue les fans et attire les curieux.

 

Une bière plus tard et de nouveau sur la Startin’ stage, on retrouve Jimmy Eat World. Alors qu’ils n’ont plus rien de « startin’ », on note tout de même la présence d’ados tout frais qui se bousculent au premier rang, perplexes devant le nombre d’adultes présents dans la foule. Jimmy Eat World, c’est un de ces groupes de pop-punk efficace qui existe depuis si longtemps qu’il réunit plusieurs générations de fans. Et le groupe en est conscient. A travers une setlist élargie jusqu’à leurs premiers albums, ils comblent le public avec une prestation généreuse. Des solos de guitare qui font danser jusque dans les rangs du fond, on en sort avec un bête sourire aux lèvres.

 

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Pendant le set de Jimmy Eat World, le public luxembourgeois s’est déjà rassemblé autour de la scène principale pour De Läb. Peu connu hors du Grand Duché, ce groupe de rap y fait pourtant des émules… On surprend quelques t-shirts Volbeat à bouger la tête en riant grassement, mais sans s’éloigner pour autant. De Läb a un sens du rythme et capte l’attention malgré son manque de notoriété auprès de la majorité du public.

 

En se baladant ici et là, après avoir acheté un t-shirt (15€ le t-shirt officiel du festival, ça reste très honnête) et compté les filles en soutien-gorge, on se fait happer par une masse de zombies. A peine De Läb ont-ils fini leur superflow que les premières notes d’un macabre Ô Fortuna résonnent sur la Startin’ stage, attirant la quasi-totalité de la population du festival qui nous prend dans son sillage. Bullet for my Valentine, c’est une concentration de fans telle que le pogo de devant existe toujours à trente mètres de la scène. Et le groupe livre un concert cinglant et grandiose, techniquement impeccable mais un peu froid à mon goût. Probablement l’aura de Jimmy Eat World qui traîne encore sur la scène…

 

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A la fin de la prestation de Bullet, le public sonné erre sans tout de suite retrouver la scène principale... Mais finit par venir headbanger sur une autre musique : Die Fantastischen Vier, groupe de hip hop allemand qui réussit un de ces miracles qu’on ne voit qu’en festival. A savoir : se faire apprécier de personnes qui n’auraient jamais ô grand jamais écouté ce genre de musique. Et j’avoue, j’en suis ! Une vraie prestance sur scène, une vraie participation du public et surtout de l’humour… Rien à redire, et surtout pas sur le choix des samples venus du fin fond des nineties. Que du bon.

 

The Wombats, petit groupe de rock anglais qui ne manque pas non plus d’humour, a été l’une de mes raisons de participer au Rock A Field. Comment ne pas être ravie qu’un groupe si peu connu dans nos contrées montre son nez dans un festival ? J’ai vite compris mon erreur en voyant la masse impressionnante du public, déjà rassemblé bien avant l’arrivée des marsupiaux sur scène. The Wombats, ce sont les nouvelles coqueluches du Luxembourg, où leur single « Jump Into the Fog » fait un carton. C’est donc devant un public en délire que les Wombats ont enchaîné les tubes, à force de bonds et de riffs déjantés, avec une énergie dingue et des vannes lancées à tout bout de champ. En délire, et convié à se passer de la crème solaire après que le chanteur ait « remarqué quelques écrevisses ».

 

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L’une des plus grandes attentes du public, c’est Arcade Fire. C’est avec une candeur complète que je me retrouve au premier rang pour le concert de ce groupe dont je ne sais rien, excepté que tout le monde connait sauf moi. Sans savoir du tout à quoi m’attendre, je me visse à ma place de privilégiée en tâchant de ne pas me faire repérer comme « n’ayant rien à faire là ». Mais très vite, je l’apprécie, ma place. Et la candeur, je la garde. S’il y a une chose à savoir à propos d’Arcade Fire, c’est que la musique n’est que 50% du groupe. Ce soir-là c’est un véritable spectacle qu’ils livrent ; mise en scène, vidéos mêlées d’images d’archive étranges et d’images live, une présence folle sur scène, pour chacun d’eux, des instruments improbables et surprenants… Pendant une heure, on écoute autant qu’on regarde quelque chose qui s’apparente à un film de David Lynch qui serait devenu sympa, ou un ami un peu barré qui nous raconte des histoires poétiques. On voyage. Et quand c’est fini, on cligne des yeux jusqu’à réaliser que tiens, on est dans un festival, c’est vrai !...

 

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C’est donc sur un petit nuage que l’on rejoint la Startin’ stage pour accueillir Elbow, dont les mélodies calmes et étranges mettent en place une atmosphère particulière. Et apaisante, surtout. L’univers d’Elbow a envoûté bien des curieux malgré les impatients restés pour attendreArctic Monkeys devant la scène principale. Loin des rythmes effrénés entendus toute l’après-midi, le groupe anglais a su créer une ambiance attentive dans le public, et en a conquis plus d’un. A la sortie du concert, les « beautiful » fusaient plus fort que les applaudissements.

 

Bien avant le début du concert, la bande de Sheffield a rassemblé tous les retardataires sur la pelouse devant la scène principale. Arctic Monkeys, c’est LA tête d’affiche du Rock A Field, et ceux qui ne se pressent pas pour les voir se comptent sur les doigts d’une main. Et à raison ! Une fois n’est pas coutume, Alex Turner est d’humeur sociable : il semble avoir trouvé une nouvelle passion pour le mot « Luxembourg » (« Leukseumbeuuug »), s’essaie au français et entame un vague strip-tease sur scène. Le groupe lance un Library Pictures tout frais du nouvel opus, comme une introduction qui soulève déjà la foule, et enchaîne avec le très brut Brianstorm. Contrairement à Arcade Fire, la volonté n’est pas dans la fioriture. Avec les Monkeys, c’est de la musique, uniquement de la musique, et avec une puissance renversante. Les titres choisis mêlent habilement nouveau et ancien, avec une nette unité dans la force des chansons ; de la puissance sombre de Pretty Visitors au rythme fou d’I bet that you look good on the dancefloor (gimmick du Rock A Field 2011), le public en a pour ses attentes, et bien plus encore. A peine un Do me a favour pour souffler sur la fin, le concert a été violent, presque bouleversant. Le groupe joue le jeu du rappel avec des titres attendus et appréciés. Alex nous fait l’honneur de briser le mythe et de, pour une fois, ne pas partir avant la fin de 505, qui a arraché bien des larmes dans le public… Des sourires et des baisers à tour de bras, c’est plus qu’on n’osait en demander à ce fou de musique qui ose peu souvent être fou de son public. Chapeau, le feeling passe dans les deux sens et personne n’en sort indemne.

 

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C’est donc la tête sonnée et un sourire béat aux lèvres que nous avons rejoint la Startin’ stage une dernière fois pour écouter Goose, un groupe belge d’electro-rock qui a rassemblé tous ceux qui voulaient prolonger la nuit. On y entend des rythmes sympathiques, mais Arctic Monkeys laisse toujours un souvenir trop prégnant pour intégrer directement quelque chose d’autre. On se contente de rentrer, les jambes molles et la tête pleine, et de faire le bilan dans la navette.

 

 

 

Bilan organisation : « bon, j’y retourne l’an prochain ou pas ? »

 

Question organisation, le Rock A Field n’a rien à envier aux voitures teutonnes. « Deutsche Qualität » ? Allez donc voir la « Grand-Duché Qualität ».

 

 

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Accès : *****

Garée à Bettembourg, montée dans une navette qui s’est quasiment matérialisée à mon arrivée à la gare, dix minutes de trajet et une balade dans les bois pour atteindre le site. Même pas le temps de comprendre ce qui se passe. Pour le retour, pas plus de cinq minutes d’attente pour une navette. C’est fluide, rapide, précis et surtout gratuit.

 

Communication : ****

Avec un bon site web bourré d’infos pour se préparer, et surtout rédigé de façon très conviviale, on a l’impression d’aller faire un barbecue chez un copain. Mais un copain qui a absolument tout prévu, et qui te dit que ce sera super, mais s’il te plaît utilise les toilettes, ne te soulage pas dans un buisson, pour le respect de chacun. Un bon compromis entre l’esprit bon enfant du festival et son côté indéniablement professionnel. Petit bémol néanmoins : le feuillet livré à l’entrée, sous forme de magazine avec un article sur chaque groupe, était une excellente idée… Par contre, la qualité des articles, extrêmement inégale, et les traductions des interviews peu compréhensibles laissent penser que le quotidien L’Essentiel n’était pas le partenaire le plus crédible pour le Rock A Field.

 

Scènes : ****

La scène A, gérée par l’Atelier et destinée aux « gros » groupes, a vu sa pelouse généreusement squattée pendant toute la journée par des danoises en bikini, ce qui vaut bien une étoile. La scène B, sponsorisée par la BGL/BNP était confusément baptisée Startin’ stage, ce qui a valu bien des grognements de la part des fans de Bullet for my Valentine et de Jimmy Eat World, groupes qui n’ont clairement plus besoin d’être « lancés ». Bien que plus petite, l’espace prévu pour le public était appréciable. Nouveauté face aux problèmes des insolations de l’année passée, un chapiteau a été mis en place entre les deux scènes. L’enchaînement des groupes sans superposition des horaires a été très apprécié, et les plus courageux ont pu voyager d’une scène à l’autre pour voir tous les concerts, sans en rater une minute. On regrettera tout de même l’impossibilité d’entendre le moindre « pouet » venant de la scène B si l’on est devant la scène A à garder sa place pour le prochain groupe. Et ce malgré l’écran qui diffuse le concert qui se déroule à côté. (The Wombats sans le son, ça perd toute sa saveur… Même si du coup on réalise que le chanteur ressemble étrangement à Coluche.)

 

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Sonorisation : ****

A part l’incapacité à entendre d’une scène à l’autre, rien à dire. Son impeccable, aucun problème à noter pendant les prestations.

 

Manger et boire : *****

Le choix ne se résume pas à manger des frites et boire de la bière. On apprécie la présence de la très locale Currywurst, et la possibilité de se faire un repas wok-champagne à toute heure. Et en plus les serveurs ne sont pas en stress et ont le sourire. La classe.

 

Propreté : ***

C’est un festival, c’est sale, c’est normal. Point négatif pour le seul point d’eau réduit à l’état de fosse marécageuse dès 15h, et les toilettes chimiques qui, bien qu’au nombre de 80, étaient toutes au même endroit et concentraient donc une odeur telle qu’un no man’s land s’est établi dans un rayon de 10 mètres. A contrario, big up pour la demande de participation aux festivaliers pour le ramassage des gobelets. Ramasser 20 déchets, ça soulage la conscience, et un verre gratuit à la fin, ça soulage la gorge.

 

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Conclusion : Ben bien sûr que j’y retourne l’an prochain !

 

 

Article : Marine Pellarin

Photos : Mariane Oberlin

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