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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 22:44

A venir : Cocoon + La Fiancée - L'autre canal (Nancy) - 1er avril 2011

 

 

Cocoon :

Parti de Clermont-Ferrand il y a quatre ans, le duo Cocoon a fait un beau voyage.
Leur premier album, My Friends All Died In A Plane Crash, a déniché de l’or dans un
marché du disque pourtant bien asséché, ce qui constitue déjà un genre d’exploit
olympique pour un groupe jouant un folk d’inspiration américaine chanté dans sa
langue originale. Leurs concerts chaleureux et le rayonnement de leurs chansons
dans la publicité et le cinéma ont propagé autour d’eux comme un champ
magnétique qui aura attiré vers Cocoon un public sensible à la justesse de son
écriture et au naturel de sa démarche, hors des clous habituellement empruntés par
la plupart des groupes pop français. Une tournée internationale qui les aura menés
aux Etats-Unis, en Chine ou en Australie aura permis au groupe formé par Mark
Daumail et Morgane Imbeaud de vérifier que ses pouvoirs d’attraction pouvaient
abattre les frontières, leurs reprises étonnantes de OutKast ou Amy Winehouse
ayant par ailleurs aboli d’autres barrières et stimulé de plus larges envies musicales.
A la sortie d’un tel tourbillon, lorsqu’il leur aura fallu envisager l’épreuve d’écriture en
vue du second album, Mark et Morgane ont vite compris qu’ils ne pourraient plus très
longtemps compter sur la seule étoile de leur jeunesse pour guider leur inspiration.
Quelques nouvelles chansons, déjà dévoilées sur scène, donnaient un aperçu de
ces envies conjuguées d’évasion et d’affranchissement, tout en préservant intactes
la candeur et la délicatesse innée de songwriters qui a fait la force du premier album.
Ce nouveau voyage entrepris par le groupe conduit aujourd’hui à Where The
Oceans End, dont le titre déjà ouvre les voiles à de grandes ambitions vagabondes.
Lorsqu’on a grandi au cœur de l’Auvergne, à des centaines de kilomètres de tout
rivage, la mer peut être envisagée comme l’ailleurs le plus abstrait et fascinant qui
soit. En s’enfermant pour écrire les nouvelles chansons, Mark Daumail s’est vite
laissé gagner par cet exotisme maritime qui donnera sa trame romanesque et
dépaysante à l’album. Chaque chanson serait une île, aux formes et aux pouvoirs
différents, accueillants ou hostiles. Portés par des fantasmes littéraires et picturaux
nés de l’heroic fantasy, de l’Histoire Sans Fin, des jeux vidéos ou encore des contes
prodigieux du roi japonais de l’animation, Hayao Miyazaki, Morgane et Mark ont ainsi
imaginé l’histoire d’une baleine baptisée Yum Yum qui embarquerait le groupe pour
un périple parabolique dont chaque chanson constitue une étape. De l’aveu même
de son inventeur, cette baleine représente un peu leur enfance et c’est la raison pour
laquelle elle meurt en chemin, leur léguant sa mémoire centenaire pour mieux les
outiller face aux secousses et avaries éventuelles de l’âge adulte. Installé désormais
à Paris et fasciné par New York, villes ô combien cannibales comparées au cocon
protecteur de la province, le duo aura aussi logé à l’intérieur de cette baleine pas mal
des sensations agitées qu’il a éprouvées ces dernières saisons. Le parcours
initiatique que révèle l’album au fil des chansons s’accompagne d’une maîtrise
musicale et d’un niveau d’exigence dans l’écriture qui permet à Cocoon de franchir
d’un coup pas mal de cases dans l’accomplissement de ses désirs artistiques.

 

 

coul1-mark-maggiori.jpg

 

Amoureux des grands mélodistes du folk et de la pop US, de Love à Sufjan Stevens
jusqu’à Bon Iver, il parvient souvent à se hisser à hauteur de ses modèles et à en
tutoyer la méticulosité d’orfèvre, la science chirurgicale des arrangements ainsi que
la volupté vocale. Cocoon a clairement déchiré sa chrysalide un peu trop sage tout
en conservant son goût des harmonies en contre-jour, sa belle vulnérabilité et ses
choix d’un dépouillement acoustique qui touche au plus près du cœur. Enregistré en
compagnie de Ian Caple, producteur anglais au CV vertigineux, Where The Oceans
End aura également bénéficié des arrangements de cordes d’un maître du genre,
Dickon Hinchliffe des Tindersticks, dont l’effet spatial se fait entendre dès l’ouverture
somptueuse du disque, lorsque le groupe atterrit sur une île en forme de Sushi, point
de départ de sa grande traversée. Au bout du voyage, on découvrira « In My Boat »,
la première composition de Morgane Imbeaud qui donne un avant-goût des
ressources futures de ce groupe décidément béni par la grâce. Mais déjà, ici et
maintenant, on sera surpris de découvrir derrière ce décor trompeur et ces histoires
d’animaux marins tant de profondeur de champ, qu’un titre particulièrement
étourdissant comme « Oh My God » symbolise à merveille, avec ce beat engourdi et
ce même soulèvement de violons en spirales orgueilleuses qui autrefois défiait sur
les disques de Nick Drake les lois de la gravité folk. Même la simplicité apparente de
chansons comme « Mother » ou « Cathedral » dissimule à l’évidence un long
processus de dépouillement pour parvenir à une forme de pureté pop absolue. Si
Cocoon prouve qu’il a conservé l’essentiel de son insouciance à travers des
chansons plus enlevées et plus légères en apparence comme « Comets » ou « Dee
Doo » – genre curieux de twist mariachi ! -, c’est par contraste pour mieux préparer
le terrain à de somptueux « I Will Be Gone » ou « Baby Seal » que l’on croirait
extraits du répertoire cinq étoiles d’un Harry Nilsson, non loin également des
palpitations de leur grand frère rêvé qu’aura incarné Elliott Smith pour leur éveil
musical. Plus proches de nous, l’esprit épique et la richesse multimédia de Gorillaz
demeurent également d’augustes modèles, et cet album à la fois ludique et profond
pourrait connaître à l’avenir d’autres incarnations comme celles d’un recueil de
nouvelles ou d’un film d’animation. Cocoon a d’ailleurs trouvé en Mark Maggiori –
auteur des images de l’album et directeur artistique du clip du premier single,
Comets - un idéal metteur en scène de son imaginaire. Et c’est à Belle Ile, où la
préparation de l’album comme le tournage du clip ont eu lieu, que le groupe a
déniché le décor rêvé de son aventure. « Là où les océans s’arrêtent » débute ainsi
une riche et passionnante histoire.

 

 

La Fiancée :

C’est un doux privilège de fiancée que celui qui consiste à laisser monter lentement le
désir. Et d’ainsi dévoiler une à une les cartes de son jeu au lieu d’en éventer en une seule
fois tous les atouts. Découverte il y a déjà quelques mois sur un premier EP aux contours
phosphorescents et aux ombrages délicats, La Fiancée a donc décidé de prolonger ces
rendez-vous saisonniers avec une nouvelle brève collection de chansons qui ajustent encore
un peu mieux son portrait de jeune fille moderne et romanesque. Cinq titres, un quart
d’heure de pure félicité pop qui correspond à l’humeur printemps/été d’une Fiancée qui
jure chaque jour de faire mieux et y parvient avec éclat. On l’aimait en fille d’automne, on
l’adore désormais en enchanteuse solaire, sa voix mise au diapason de son prénom (Claire)
et de mélodies lumineuses, sur des musiques qui l’épousent dans une noce flamboyante
de cordes et chœurs dont Burt Bacharach aurait pu célébrer la cérémonie. En réalité,
c’est au réalisateur Jack Lahana (Brigitte Fontaine, Rob, Phoenix) et au jeune et surdoué
arrangeur Julien Ribot que l’on doit ce déploiement qui étincelle comme aux plus hautes
heures du Brill Building.

 

 

photo-2-Charlotte-Marcodini.JPG

 

D’un feu de joie initial (On avait juré de faire mieux) aux filles de
joie déambulant sous des ciels plus menaçants (Femme à gages, composé par Edouard
Marie), ici le style tout en délicatesse de la Fiancée prend des allures cinématographiques,
comme des mini-scénarios qui entrelacent leurs histoires et parlent de filles qui partent,
de celles qui piétinent, et au final d’une certaine indisposition au bonheur. Belle et fraîche
comme la rosée, la voix de cette Fiancée résolument libre sert ainsi de véhicule trompeur
au désenchantement amoureux, mais gageons qu’il ne s’agit là de que de fictions. Que dire
encore de ce Soleil pâle, nouvelle composition du dandy Edgar Ficat, déjà en binôme avec
Claire sur le précédent EP (L’emploi du moi) et sur le premier single de Camelia Jordana Non
non non (écouter Barbara), sinon qu’il embarque à nouveau dans une voluptueuse fugue
ravelienne aux accents Melody Nelson et aux chœurs élégiaques La Fiancée vers le célibat.
De sa fidélité pourtant elle apporte la preuve puisque Florent Marchet, maître d’œuvre du
premier EP, refait une courte mais remarquable apparition ici avec Les Mains sales, lequel
donne lieu au texte le plus sensible et émotif jamais écrit par Claire. Cette Fiancée qui d’un
EP à l’autre va finir par rendre l’attente du prochain franchement insoutenable.

 

 

Plus d'informations sur Cocoon :

www.myspace.com/listentococoon
http://www.frompandamountains.com/

 

Plus d'informations sur La Fiancée :

http://www.barakaweb.fr/lafiancee.htm

 

 

 

 

 

Un concert Notice France :
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'informations sur Notice France :
http://www.myspace.com/noticefrance

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