Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /Déc /2007 16:10
Le temps a beau passer inéluctablement, il ne semble pas avoir le moindre effet sur l’esprit critique et dénonciateur de Guy Bedos. Lui, qui constate que : « plus je vieillis sur scène, plus ça rajeunit dans la salle », n’est pas prêt de mettre sa langue dans sa poche. Toujours à l’affût des travers de notre société, il ne manque jamais une occasion de blâmer l’aspect dérisoire des choses et de s’engager en faveur de causes auxquelles il croit et qu’il tient à défendre. Passant par la Lorraine pour participer à un spectacle de soutien au journaliste Denis Robert, l’humoriste qui « aime tout et veut tout », en a profité pour démontrer qu’il n’avait rien perdu de sa verve. « On ne donne la parole qu’à ceux qui veulent la prendre », après tout…
 
  Bedos et Denis Robert. « J’ai connu Denis à travers ses films et ses bouquins, qui m’ont beaucoup intéressé » révèle celui qui ironisait pourtant sur le fait que « le seul prix qui intéresse vraiment un écrivain, c’est le prix du livre ». Ce qu’il apprécie avant tout chez l’écrivain messin, c’est « sa liberté de ton, qui n’est pas très courante, en particulier dans le milieu de la presse ». Guy Bedos se retrouve aussi quelque part chez Denis Robert, parce qu’il a connu cette situation de « tricard dans une bonne partie des médias au cours des années 70 », lorsqu’il a débuté sur scène en solo. De plus, il se considère « un peu comme un journaliste frustré, car l’exercice de revue de presse que j’effectue pour mes spectacles s’apparente davantage à un travail journalistique qu’à un travail d’acteur ». Et pour ce qui est du travail d’acteur, l’homme sait de quoi il parle, lui qui compte plus d’une trentaine de films à son actif, et qui a été dirigé, entre autres, par Marcel Carné et Jean Renoir. Enfin, le comédien Guy et l’enquêteur Denis partagent le sentiment « d’exister à travers ce que l’on fait, et toujours dans le sens d’éclairer au maximum ses contemporains ».
 
Bedos et l’engagement. « Je suis un homme libre, je n’ai aucun devoir de réserve vis-à-vis de quiconque, ni carte de parti » rappelle le spécialiste des piques féroces contre la politique et ses conséquences sur le fonctionnement de la société. « Aujourd’hui, nous sommes tous dans la désillusion : on ne rêve plus de révolution, mais on peut encore souhaiter une forte évolution ». A ses yeux, l’un des principaux problèmes réside dans le fait que « l’argent est devenu une sorte de religion de nos jours. Et de tous les intégrismes, le plus dangereux me paraît être l’intégrisme de l’argent ». Que préconise alors le citoyen Bedos, qui affirme sans détours : « La Bourse je m’en fous, j’ai choisi la vie » ? « Il faut arrêter le chacun pour soi et réveiller les solidarités, partout et tout le temps. Il devient urgent de fédérer davantage les gens ». C’est dans cette optique qu’il a « des tas d’activités dans diverses associations qui  paraissent aller dans le bon sens », précisant au passage qu’ « il serait vivement souhaitable de supprimer l’esprit de boutique de ces collectifs, qu’ils cessent de la jouer perso. L’union fait encore et toujours la force ».
 
Bedos, son style et son actu. « Il faut toujours taper sur du lourd » conseille de façon radicale le professionnel de la satire. Politiquement incorrect, volontiers provocateur et d’un cynisme perçant, le dérangeant Guy avoue que cette attitude est souvent « coûteuse, mais c’est justement cela qui est excitant ! » A propos de sa liberté de parole, il clame qu’il « n’a pas peur ; au contraire, plus c’est dangereux et plus je m’en fous ! » Son prochain spectacle, « Hier, aujourd’hui, demain », devait initialement s’appeler « Le rire de résistance », malheureusement le nom était déjà pris. Sans doute était-ce un petit clin d’œil à l’une de ses citations l’impliquant personnellement : « L’humour, c’est aussi une façon de résister »…Sur plusieurs fronts à la fois, comme à son habitude, Bedos s’est également lancé dans l’écriture d’un roman, et sera à l’affiche d’un long métrage au début de l’année prochaine, « Survivre avec les loups ».Et afin de finir son livre dans les meilleures conditions, l’algérois de naissance confie : « Après la tournée de mon spectacle, je partirai dans ma maison en Corse, qui est mon Algérie de remplacement ».
Alors heureux, finalement, Guy Bedos ? « Je vais bien. Et si tout le monde allait aussi bien que moi, j’irais beaucoup mieux ».
                  
                                                                                                       Maxime Freyberger

 
Retrouvez l'interview audio ici  dans l'émission radio Plutôt2 fois qu'une 
 
 
 
Par Gus - Publié dans : THEATRE / DANSE / EXPO. / AUTRE
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