Jeudi 22 novembre 2007
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Il y a des concerts qui marquent à vie ; parfois la découverte d' un chanteur inconnu parvient à
déclencher « ce p’tit truc en plus » qui nous fait sentir que nous venons d'assister à quelque chose de grand; d'autres fois, la rencontre en live sur scène d’une star nous
fait comprendre les raisons de sa notoriété mondiale.
Hier soir, au Galaxie d’Amnéville, cette rencontre m’a amené au devant d’un anglais à la voix unique, orchestrateur enfiévré, qui a pour habitude de reprendre les chansons qui
lui tiennent a cœur pour les magnifier grâce à sa voix rauque, unique en son genre. Joe cocker s’est notamment fait connaître en lançant à Woodstock les premières notes de sa version de
« With a little help from my friends », des Beatles ; une version devenue mythique . Car pour lui il ne s'agit pas simplement juste de faire une reprise (de
plus…), mais réellement de
la réinventer. Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous faire partager, si vous ne la connaissez pas encore, la vidéo de son apparition à Woodstock. Un grand
moment (voir l'extrait vidéo en fin d'article ).
Ce qui est sans doute le plus impressionnant chez cet homme,
c’est combien ses reprises prennent
de la place
dans nos esprits, éclipsant l’original au point de le rendre presque terne, comme si finalement c’était finalement les Beatles, Dylan, Leonard
Cohen et les autres qui avaient timidement tenté de reprendre ses plus beaux morceaux.
Que dire donc d’autre que « grandiose » quand on va voir un concert de cet artiste là ?
Peu de choses…. Difficile d’émettre des réserves en tout cas, ou peut être juste une : le Galaxie n’est pas, mais alors
vraiment pas, une salle qui peut convenir à un chanteur de cette envergure. Et ce qui est bien dommage, c’est que finalement, pas une seule salle de la région ne pourrait être à sa
mesure.
Je vais donc tenter de vous décrire le concert, même si les mots vont être durs à trouver. Lorsque le rideau se lève, c’est d’abord sur les
notes d’un morceau de son dernier album que la foule l’acclame.
Apres quelques morceaux tirés d’« Hymn for my soul », voila que la tension monte lorsque le chanteur entame ses plus grands succès,
à commencer par « Chain of fools ». Le public scande, sa voix déchirée toujours au bord de la rupture, l’énergie suintant de chaque pore de sa peau, son corps tout entier vibrant tandis
que Joe cocker vit intensément chaque note de chacun de ses morceaux plus mythiques les uns que les autres : « Summer in the
city », « She came in through the bathroom window », « N’oubliez jamais » (pendant laquelle la grande Deneuve est en train de rire avec lui devant la tour Eiffel sur les
écrans qui trônent derrière lui), « Come together », puis « You can leave your hat on ». Le public encore assis, est déjà ébahi. Les riffs du guitariste sont hypnotiques, les
deux pianistes (un vrai piano et un orgue Hammond) naviguent avec brio sur leurs claviers respectifs, le saxophoniste excelle, les deux choristes vibrent et s’harmonisent parfaitement avec le
maître… Quand à lui, Sa voix…
Une petite séquence où interviennent quelques morceaux moins connus, puis le chanteur « enfonce le clou » avec « Unchain
my heart ». Cette fois le public, transcendé, se lève et se rue vers la scène, et danse en oubliant tout le reste. Et c’est là, alors que tous ou presque sont debout devant lui (dont
moi-même, à un mètre a peine du chanteur) que se met à résonner le solo d’orgue introduisant la mythique reprise des Beatles, qui n’a pas pris une ride. De quoi, faire venir les larmes aux
yeux à force d’émotion. Et c’est déjà la fin.
Oui, sauf qu’on en redemande, et « on est servi » … Et c’est avec « You are so beautiful » que Joe Cocker revient sur
scène, enchaînant quatre rappels.
A la sortie, mes jambes tremblent encore, je peine à retrouver mon souffle. Et dire que je ne dispose que de ma pauvre et
défaillante mémoire pour conserver les images de cette soirée...… Mais j’ai de la chance : le guitariste, en partant, à lancé deux
médiators à la foule : j’ai pu en récupérer un. Et je tiens à avertir tout personne qui se porterait acquéreuse que… Vous pouvez toujours rêver !
Pascal GATTY