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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 11:00

Jeudi 18 décembre, à l’Opéra de Nancy, avait lieu une soirée autour de la danse, conçue par le danseur et chorégraphe portugais Paulo Ribeiro. Deux pièces étaient représentées : White Feeling et Organic Beat, la première étant accompagnée par le groupe Danças Ocultas, la seconde ayant pour fond sonore les musiciens des percussions de Strasbourg.

 

 

White Feeling, avec les musiciens de Danças Ocultas

 

Le premier spectacle est interprété par dix danseurs vêtus de noirs, accompagnés par un groupe atypique composé de quatre accordéons. Ceux-ci, virtuoses de leur instrument de prédilection, ont rythmé et donné vie tout du long à leurs mélodies pour faire du spectacle un véritable voyage entre terre et ciel.

La chorégraphie, débutant sur le corps et ses organes comme entités vivantes, est très vite devenue une réflexion sur l’Humanité en générale, avec ses ensembles et ses différences, ses jalousies, ses singularités et ses amitiés. Parfaitement guidés par une instrumentation de merveille, à la fois mélancolique, empreinte de sentiments de joie et d’une complexité enivrante, les danseurs ont fait montre d’un talent exceptionnel. Entre grâce et agilité, avec la souplesse d’un acrobate et l’attendrissante habileté des Hommes qu’ils tentaient de supplanter, ces nuées d’oiseaux à la découverte du monde nous ont fait nous envoler. Portée par une aisance du détail, où la finesse se retrouvait dans le moindre mouvement, c’est toute l’étude de l’éveil et de l’appréhension du monde qui a été étudiée ce soir-là. Et parmi la troupe aux milles talents, se démarque un soliste à la crinière blonde, plongeant et volant tel l’aigle, capable de devenir la seconde d’après une bien fragile hirondelle.

Une pantomime orchestrée d’une main de maître où l’Homme disparaît au profit de son histoire, des métaphores finement induites dans ces corps en plein apprentissage, portée admirablement par des musiciens maîtres de leur sujet et de l’objet de notre plaisir, un accordéon aux air d’orchestre à lui seul…



 


Organic Beat, avec les percussions de Strasbourg

 

C’est sur l’air fredonné de L’internationale ouvrière que commence la deuxième représentation, où plus d’une trentaine de danseuses et danseurs viennent peupler un décor minimaliste. Une première cacophonie où différentes voix et langues se font entendre laisse place à « l’orchestration » et l’interprétation des 2ème et 3ème constructions Credo Inus de John Cage. Derrière eux, sur un écran géant, sont parfois projeté des moments du spectacle selon différents points de vue.

Plus fou, moins habile et non thématisé, le deuxième spectacle laisse bien plus libre cours à l’interprétation et à la danse elle-même, essence de la mouvance des corps. Très bien chorégraphié, à la fois peuplé d’individualités épatantes et de mouvements d’ensembles remarquablement calculés, la troupe laisse transparaître principalement des sentiments de monstruosité, de refoulement à même de s’exprimer de manière anarchique, désorganisée. Le rapport au corps et la sensualité ressort de ces corps simplement vêtus de sous-vêtements, et souvent, rien ne se distingue de la masse, si ce n’est cette impression de composition générale d’où percent des mouvements académiques. A la fois démonstration de force et de vivacité, laissant ressortir un côté sauvage et bestial en concordance avec les œuvres de Cage, la destruction et le chaos prévalent. En émergent parfois des beautés fugaces, aussitôt fanées d’arcs de cercle, de jambes qui se tendent vers le ciel et s’écroulent aussitôt.

Plus obscure, cette représentation ressemble souvent à une récréation où chacun peut laisser libre cours à l’expression de son corps et où l’imagination peut volontairement recréer les chemins et les histoires qu’elle souhaite.

Au final, la prestation n’est pas déplaisante et reste toutefois une belle leçon de danse, même si elle s’avère délicate à interpréter et quelque peu diminuée par ce côté frustrant d’une recherche de finalité, de narration imperceptible…






Ugo Schimizzi / Photos: Juliette Delvienne


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