8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 19:51
        Depuis 2003, les journaux télévisés nous livrent au compte-gouttes les nouvelles peu glorieuses de la guerre en Irak, massacres, attentats, nous rappelant, pendant quelques instants que, bien loin d'ici, soldats, femmes et enfants sont engouffrés dans les rouages de «la sale guerre», un conflit absurde projetant de jeunes militaires inexpérimentés au cœur d'un conflit qui les dépasse et laissant ainsi place à de sombres bavures, longtemps cachées au grand public. C'est dans cette optique, que le cinéaste britannique Nick Broomfield, nous livre son dernier bijou, «Battle for Haditha», permettant ainsi de faire la lumière sur un des évènements les plus sombres de la guerre en Irak, désormais connu comme le «massacre d'Haditha».
 undefined
19 Novembre 2005, Haditha, ville de rébellion irakienne, devient vite le théâtre d'un massacre sanglant, aujourd’hui considéré comme le plus meurtrier du conflit américano-iraquien. Il est tout juste 7h15, lorsqu'une bombe explose au passage d'un convoi de marines américains, causant ainsi la mort du caporal Terazas et les blessures graves de deux autres soldats. Le moral des troupes, déjà bien entaché par les attentats à répétition, pousse les « GI’s » à commettre l'irréparable, et ainsi à assassiner vingt-quatre civils en représailles dont des femmes et des enfants. Pendant six mois, l'armée américaine voulant calmer les esprits, publia un communiqué laissant entendre que le drame n'aurait fait que huit morts du côté des insurgés. L'affaire serait restée sous silence si un étudiant irakien en journalisme n'avait pas apporté de réelles preuves du massacre en filmant les corps inanimés des innocents tués par balles.
 
A la manière d'un documentaire, Nick Broomfield brise le silence et signe l’un des premiers documentaires-fiction traitant de la guerre en Irak, une plaie qui reste encore aujourd’hui à panser pour la plupart des Américains. Nous sommes plongés avec brio au cœur de la dimension humaine du conflit en suivant la vie de tous les protagonistes de cette guerre : les marines pleins d'idéaux, les poseurs de bombes, sans oublier les habitants qui assistent, impuissants, à cette logique de destruction. Ainsi, le but du réalisateur n'est pas de dresser naïvement le portrait des camps rivaux, représentant le bien et le mal, mais de fournir une explication à chaque motivation, y compris les plus inhumaines. On découvre des humains aux buts différents mais qui, finalement, se retrouvent dans le même bourbier sanglant. Ce n'est pas étonnant que l'une des premières phrases que l'on entend d'un marine se résume à: «Je ne sais pas pourquoi on est ici». En une seule phrase, Nick Broomfield donne le ton et permet de montrer tout le système d'instrumentalisation que subissent les principaux acteurs de cette guerre : les militaires américains tout d’abord, jeunes inexpérimentés pour qui l'armée est un exutoire leur permettant de quitter leur quotidien monotone des quartiers pauvres des Etats-Unis ; les poseurs de bombes ensuite, remplis de rancœur contre l’occupant; les « simples » habitants enfin, qui aspirent à trouver un jour un pays en paix.
 
L’originalité du film se révèle avant tout au travers des scènes difficilement soutenables mais toutefois criantes d'authenticité. Nous n’assistons pas à une démonstration de force, ni à des explosions spectaculaires ou encore à un déferlement de dialogues superficiels, mais à la description d'un Irak destructeur dont les scènes sont tirées de la réalité. Cette dure réalité prend tout son sens par le fait que certains marines, notamment Elliot Ruiz et Eric Mehalacopoulos, ont réellement connu les atrocités de la guerre en Irak même s’ils étaient tous deux rentrés aux pays au moment des faits. On comprend donc pourquoi se remettre dans la peau de marines a été une épreuve difficile et parfois déconcertante. La caméra, qui ne rate aucun détail des actions des soldats, nous transporte au cœur des combats, des rues d’Haditah, du chaos qui y règne. On se prend à s’émouvoir pour ce jeune soldat propulsé au rang d’adulte au fil des affrontements sanglants, pour ce jeune couple rêvant de vivre une vie meilleure en Jordanie, pour ces enfants à qui ont a volé leur enfance.
 
L’authenticité ne se trouve pas seulement dans le rendu visuel mais aussi dans les thèmes tabous abordés. Ainsi, sous sommes plongés au cœur des rouages de cette «foutue guerre» où les habitants sont tiraillés par la peur. La peur d’être pris à partie, d’être accusé à tort et d’en subir les conséquences irréversibles. C’est par le biais des femmes que le réalisateur met en avant ce dilemme, la peur d’être exécuté si on dénonce les coupables ou la crainte d’être accusé de complicité si on préfère tenir sa langue. Certaines scènes sont l’occasion de dresser un réquisitoire contre les hauts dirigeants du gouvernement américain qui se contentent d'envoyer leurs ordres pendant que leurs «boys» en payent le prix sur le terrain. «Prends soin de toi parce que le pays ne le fera pas à ta place», est l'un des conseils que l'on donne aux jeunes soldats encore inconscients du danger, de quoi nous faire redescendre sur terre.
Le film s’achève en soulevant un problème déjà abordé dans la «vallée d’Elah», de Paul Haggis: comment réussir à rester humain après avoir commis toutes ces atrocités, ou tout simplement réussir à mener une vie normale sans se laisser vaincre par sa conscience. «Battle for Haditha», on en ressort changé, sans doute amoché par le poids des images... Un film à méditer jusqu'au 28 avril, date du procès d’un des lieutenants américains présents au moment des faits.
 
Ophélie Binet


 
Retrouvez tous les horaires ICI sur le site de nos partenaires, les cinémas Caméo (24, rue du Palais à Metz Centre Tél. : 03 87 18 99 95 ) et Palace (Place St. Jacques Metz  Centre - Tél. : 03 87 18 82 49 )
 
Pratique : vous disposez du parking de la cathédrale, proche des cinémas pour le prix de 0,50 Cts de 19 H à 1 Heure du marin !
 
Bénéficiez des tarifs des cinémas Caméo et Palace :
* tarif réduit : 4,60 € tous les jours aux séances de 14h
* 5,40 €  pour tous le lundi, sauf fériés
* 4,60 € pour les étudiant (- de 30 ans) ( sur prés. justificatif) , mercredi toute la journée et lundi, mardi, jeudi, vendredi de 13h30 à 17h45    (sauf jours fériés)
* 5,40 € pour les étudiants, (- de 30 ans) ( sur prés. justificatif), (sauf jours fériés)
* 5,40 € pour les lycéens de moins de 18 ans, (sur justificatif)
* tarif fidélité : 48,50 € les 10 séances, valable 1 an, cumul 3 personnes
* 4,60 € à toutes séances ( passeport culturel )
* 5,80 € pour les "seniors" (+ de 60 ans) (sur prés. pièce d'identité)

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Texte Libre

Recherche

Partenaires Principaux

imagethionville.jpg






www.thionville.com
 
 Site non officiel de Thionville et de son agglomération  : Pratique et complet ! Tout sur Thionville


------------------------------------------------------

archemist.jpg

http://www.theartchemists.com
: Générateurs d'Etincelles Culturelles


-------------------------------------------------------

louvreuse-compress.jpg







http://louvreuse.net
 : Le site des passionnés de cinémaEn savoir+.


--------------------------------------------------------
Referencement Google

 

-Angelo Newsletter : Les meilleurs spectacles sur Nancy  -100% inspiré ! - 
 ( Contact angelo  )

 

Voir les autres partenaires Ici