Petite impasse sur Swif Nebaza et la grande scène se retrouve parée du quatuor angevin de La Phaze.
Ceux-ci ne perdent pas une minute et s’attaquent rapidement à leur répertoire, intégrant un maximum de chansons de leur dernier album « Psalm & Revolutions ». Leur pungle infernal
lève les foules et l’apport de Cedric, homme-orchestre dans son projet solo Undergang, fait monter la sauce très très rapidement. Dany au chant est ce soir en grande forme, comme
du reste tout le groupe, et offre une prestation de qualité, énergique et dynamique, son seul mot d’ordre semblant être l’efficacité.
Devil Game sera le seul détour par l’album « Miracle », le groupe ressortant des cartons la chanson R.A.S initialement écrite en 2007 face à la montée du front national.
Agités, motivés, rageurs, les qualificatifs ne manquent pas pour ceux qui parcourent l’Europe depuis la sortie de leur nouvel album il y a quelques mois, revenant d’une tournée en Espagne et en
Ukraine. L’explosion sonore de leurs compositions se finit en beauté sur Assaut Final et Nouveau Défi, deux chansons en français du groupe, engagées et volontaires, aux paroles
crues, dures et vraies, concluant avec un peu de retard leur set, mais ô combien salué par les festivaliers !
Photos : Juliette Delvienne
Lorsque les lumières s’éteignent pour l’avant dernière fois, la foule peine à se contenir et le feu d’artifice lumineux qui s’en suivra
marquera aussi le début d’une déferlante de bruit tant côté public que côté scène. Pas de doute, le binôme masqué des Bloody Beetroots vient bien de prendre en main le Jardin du
Michel, et la folie de Bob Rifo, maître du projet et pour le coup également maître des lieux n’aura de limite que la puissance de son show.
Les Bloody Beetroots ne laisseront pas de répit aux quelques 7000 personnes présentes ce soir et assènent chanson après chanson la fureur de leur live crépitant. Quand arrive conjointement un
batteur et Dennis Lyxzén, le chanteur de Refused et The (International) Noise Conspiracy pour un remix phénoménal de « New Noise », les lignes
compactent des festivaliers se tendent et se détendent à n’en plus finir, célébrant avec joie la fin de cette 7ème édition du Jardin du Michel.
Conformément aux conditions imposées par le groupe, les photos sont exclusivement présentes en noir et blanc.
Photos : Juliette Delvienne
Melting-Actu était au cœur de Paris, le 07 juin dernier pour le vernissage de l’exposition « DDesign Moi un Objet », organisée par Valo’ DDesign, entreprise Lorraine d'insertion par la décoration d'intérieure. Cette exposition, abritée par la galerie 117, dans le 7ème arrondissement de Paris, se faisait en présence du directeur artistique de Valo’DDesign, d’un salarié en résinsertion et des dirigeantes de l’entreprise.
« Du dimanche 05 au samedi 11 juin, VALO’DDesign propose aux amateurs d’art et de déco, pour qui une démarche créative associant esthétique et processus raisonné en terme d’impact écologique sont indissociables, une nouvelle exposition-vente d’objets décoratifs réalisés à partir de déchets industriels (signalisation routière, mobilier industriel, moteurs…). VALO’DDesign offre à des pièces mises au rebut de vivre une seconde vie loin des déchetteries. Par là même, la marque propose à des demandeurs d'emploi de retrouver le monde professionnel en développant leur créativité et leurs compétences techniques. Les objets sont en effet déconstruits, assemblés, transformés et recréés par des salariés en insertion. »
Rencontre avec Maurice Baillot, le Directeur Artistique de Valo’DDesign :
Pouvez-vous nous présenter l’exposition :
C’est la 3ème expo vente de Valo, avec 3 artistes, Valo’DDesign, Sophie Fichefeux et Jean-Louis Hurlin qui est maître d’art-forgeron sur Metz. C’est notre troisième expo, suite aux deux succès de l’année dernière, on nous a plus ou moins demandé de poursuivre. Nos objets plaisent, on nous attend. On est là aussi pour se faire connaître.
Comment une entreprise d’insertion messine se retrouve sur Paris ?
Les rencontres, les réseaux. Au départ, c’est grâce à un ancien étudiant qui était chez nous dont la maman travaillait sur Paris qui nous a mis en relation. On voulait surtout montrer qu’il y avait un potentiel économique et créatif en Lorraine et par ce biais nous montrer. Montrer le travail de nos agents mais aussi un savoir-faire lorrain. De par la sidérurgie et le val de Fensch, le mobilier industriel, on est en plein dedans. On est légitime et on exporte un peu de notre culture.
Où peut-on vous voir en Lorraine ?
Vous pouvez nous voir dans notre show room à Florange dans nos ateliers, on a quelques dépôts ventes sur Nancy et sur Thionville notamment à « Côté Cour ». On réfléchit à s’installer du côté de Metz également.
Un bureau à Pompidou ?
Peut-être, déjà un objet, une exposition, ce sera vraiment génial pour nous ! L’objectif c’est de donner du travail à notre personnel, pas que par du design, mais c’est une filiale où on peut communiquer et qui est très valorisante pour nos salariés.
Comment se passe la création entre l’artiste et les personnes en réinsertion ?
Pour le moment c’est moi qui donne la ligne. Les agents qui apportent leur patte aussi, mais ça
prend du temps. La création ne se fait pas du jour au lendemain. Ce n’est pas facile pour des agents qui ont aussi du mal à s’exprimer socialement. Ca leur ouvre de nouvelles portes, ce sont des
échanges. Il faut leur donner des consignes sur la récupération, la matière, la déconstruction. On travaille beaucoup sur le côté environnemental, voir le déchet différemment. On parle en termes
de valorisation. Chaque objet a ses origines, son histoire au niveau de la matière comme de la finalité.
Comment se passe la récupération, quelles matières, quels endroits ? Vous acceptez de payer ?
Tout est récupéré gratuitement. Ca passe par des conventions avec des comités de commune, des entreprises. Tout se fait par des contrats mais sans échange d’argent. On a 3 déchetteries où on peut récupérer librement ce qui nous intéresse. Toutes nos matières premières sont du rebus. Il n’y a rien d’acheté. Après la récupération, on déconstruit et on trie.
Comment définiriez-vous votre travail et votre rôle ?
Récupérateur et révélateur de potentiels, de compétences pour les agents, révélateur de matière et d’objets. Récupérateur
parce qu’on part de déchets et de rebus, de belles choses vouées à la destruction. Révélateur parce que leur design devient autre chose, on donne une seconde vie à l’objet.
Vous partez de l’idée d’un objet à construire ou vous faites en fonction de ce que vous trouvez ?
On fait en fonction. C’est-à-dire qu’il y a des grandes familles. Je regarde surtout en termes de matière. C’est des rencontres. D’objets venant d’horizon différents, mais aussi de rencontres et d’idées. Un objet on peut le refaire plusieurs fois. On peut terminer un objet, le re-déconstruire et essayer autre chose. Un objet se repense tout le temps. C’est travailler aussi sur l’œil, le regard, la lumière parce qu’ on travaille beaucoup sur du métal ajouré, décapé. Il y a cet aspect d’objet finit mais avec des origines. C’est un peu pareil avec les gens qui travaillent chez nous. On travaille avec des gens qui ont eu des accidents de la vie mais qui malgré tout sont productifs. Même un objet cassé servira, une personne c’est la même chose. Il faut chercher le côté positif des choses.
Peut-on voir une signature lorraine à travers la prédominance du métal et de l’acier dans vos mobiliers ou est-ce une facilité, une attirance ?
A la base je suis menuisier ébéniste. Je voulais travailler le bois. Mais le problème, c’est que travailler le bois, ça prend plus de temps notamment pour former les agents. Les pièces les plus simples c’est le métal, c’est vrai. Mais on cherche du vieux métal, pas du « made in china ». Il faut qu’il y ait une histoire, du vécu. Si c’est du jetable, ça ne m’intéresse pas. Ce qui a été utilisé deux fois et jeté parce que ça n’était pas conçu pour durer, je n’en veux pas.
Qu’est-ce qui vous a amené dans ce travail ?
Dans mon parcours hétéroclite j’ai travaillé dans le domaine des arts, j’ai étudié aux beaux-arts de Metz, j’ai également été éducateur technique, j’ai aussi été éducateur en réinsertion.
Toujours avec le souci des personnes, un mélange entre du social et le côté technique et créatif. L’art on peut le trouver ailleurs que dans des galeries, notamment dans nos poubelles.
Voyez-vous une possibilité de placer vos objets dans une thématique street-art ?
Tout a fait, on a pas mal de mobilier urbain, on essaye de remettre des traces de leur vécu sur les objets qu’on recrée. Du coup, ça pourrait être légitime de les replacer dans leur milieu d’origine. Je suis partant !
Merci à Maurice Baillot, d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !
Article : Ugo Schimizzi
Pour en savoir plus, n’hésitez pas à vous rendre sur le site de l’entreprise ou passer par Florange voir leurs
œuvres :
http://www.valo.info/
La conférence de presse de High Tone me prive du show des Plus Guest, c’est donc pour
AaRON que je reviens face à la grande scène. Le groupe, à la formation plutôt atypique (un acteur français/anglais et un ancien guitariste de Mass Hysteria en
reconversion), propose une pop à sourires, accompagné sur cette tournée par d’autre musiciens, dont un batteur et un clavier.

AaRON
- Photo : Juliette Delvienne
De passage au JDM, le groupe s’envole ensuite pour New York, justifiant sa réputation de groupe international à succès, notamment
propulsé par le film Je vais bien ne t’en fait pas et la chanson star du film, U-Turn (Lili), qui a depuis tournée en boucle sur les radios, comme plusieurs autres de leurs
titres.
Le public apprécie, reprend les chansons en cœur, alors que le soleil décline doucement.
Photos : Juliette Delvienne
Les régionaux de Mauvaise Herbe sont les premiers à ouvrir le feu ce samedi, troisième et dernier jour du festival.
Nombreux sur scène, le groupe se divise entre une formation hip-hop et une formation plus rock, mixant MC armés de micros et instruments plus traditionnels.
L’ensemble, musical, fonctionne bien et aborde des thèmes classiques pour le genre. Un texte éponyme sert de prétexte au groupe pour motiver les spectateurs, tandis que leur chanson spéciale fête
des mères se démarque de leur registre par la beauté des paroles.
Photos : Juliette Delvienne
Les régionaux de Mauvaise Herbe sont les premiers à ouvrir le feu ce samedi, troisième et dernier jour du festival.
Nombreux sur scène, le groupe se divise entre une formation hip-hop et une formation plus rock, mixant MC armés de micros et instruments plus traditionnels.
L’ensemble, musical, fonctionne bien et aborde des thèmes classiques pour le genre. Un texte éponyme sert de prétexte au groupe pour motiver les spectateurs, tandis que leur chanson spéciale fête
des mères se démarque de leur registre par la beauté des paroles.
Petite impasse sur Swif Nebaza et la grande scène se retrouve parée du quatuor angevin de La Phaze.
Ceux-ci ne perdent pas une minute et s’attaquent rapidement à leur répertoire, intégrant un maximum de chansons de leur dernier album « Psalm & Revolutions ». Leur pungle infernal
lève les foules et l’apport de Cedric, homme-orchestre dans son projet solo Undergang, fait monter la sauce très très rapidement. Dany au chant est ce soir en grande forme, comme
du reste tout le groupe, et offre une prestation de qualité, énergique et dynamique, son seul mot d’ordre semblant être l’efficacité.
Devil Game sera le seul détour par l’album « Miracle », le groupe ressortant des cartons la chanson R.A.S initialement écrite en 2007 face à la montée du front national.
Agités, motivés, rageurs, les qualificatifs ne manquent pas pour ceux qui parcourent l’Europe depuis la sortie de leur nouvel album il y a quelques mois, revenant d’une tournée en Espagne et en
Ukraine. L’explosion sonore de leurs compositions se finit en beauté sur Assaut Final et Nouveau Défi, deux chansons en français du groupe, engagées et volontaires, aux paroles
crues, dures et vraies, concluant avec un peu de retard leur set, mais ô combien salué par les festivaliers !
Le trio d’Heartbeat Parade prend le relai sur la scène alternative. Le groupe n’est pas en reste d’énergie et de gros
son et les trois musiciens se donnent un mal fou à contenter la foule. Pari réussi pour le musique à la croisée du rock et du metal, aux vertues sautillantes bénéfiques et aux rythmes
implacables.
Guitares et basses virevoltent, les maillots jaunes du groupe parcourant la scène, rappelant au passage le don du Michel de savoir dénicher de nouveaux groupes et découvertes régionales. Heartbeat Parade fait indéniablement parti de cette catégorie et rempli son contrat avec brio, réchauffant les cœurs à mesure que la nuit tombe.
Les échos rastafari font vibrer la grande scène tandis que Groundation monte sur scène. Autour de leur leader –
guitariste-chanteur – ce sont des choristes, cuivre, bassiste, guitariste, batteur et clavier qui prennent part à l’aventure Groundation.
Pour l’anniversaire célébrant les 30 ans de la mort de Bob Marley, le groupe a choisi de proposer dans l’ensemble de ses concerts, des reprises du roi du reggae, la plupart
méconnue du grand public. La pluralité des instruments et les influences métissées résonnent sur les plaines du Michel, remplies d’afficionados du mouvement aux sonorités jamaïquaines.
Le temps de préparer en quatrième vitesse une interview exclusive ou presque des Bloody Beetroots, Gablé me passe sous le nez.
Les échos du concert me parvenant me laisse penser que j’ai loupé un truc. A revoir lors d’un prochain concert ou festival !
Le duo français de Raggasonic est le suivant sur la liste, vibrant de sincérité et d’énergie. Leur flow continue
déchaîne la foule qui hurle et se secoue au rythme des beats déferlant de la scène au fond du Jardin du Michel, le regard noir des deux hommes parcourant la foule.
Plutôt doués rythmiquement et musicalement, les paroles du groupe ne me convainquent pas pour autant à chaque fois.
Who Knew ensuite, à défaut d’être connu de mes esgourdes tient bien la route, idéalement programmé au milieu de la nuit, transition alternative entre Raggasonic et les Bloody Beetroots, signal vibrant d’un renouveau culturel et musical. Post rock halluciné mixant rock et sonorités électroniques, Who Knew distille ce qu’il faut de bien être et d’énergie pour tenir éveillé le public sans pour autant lui détruire les oreilles.
Photo : Ugo Schimizzi
Encore un bon point à Jérôme Daab, le programmateur et directeur artistique du Festival. La demi-heure de retard accumulée tout au long de cette journée privera le groupe de la fin de leur set afin de placer les Bloody sur leur rampe de lancement dans leur office de clôture du festival.
Lorsque les lumières s’éteignent pour l’avant dernière fois, la foule peine à se contenir et le feu d’artifice lumineux qui s’en suivra
marquera aussi le début d’une déferlante de bruit tant côté public que côté scène. Pas de doute, le binôme masqué des Bloody Beetroots vient bien de prendre en main le Jardin du
Michel, et la folie de Byff Cliro, maître du projet et pour le coup également maître des lieux n’aura de limite que la puissance de son show.
Les Bloody Beetroots ne laisseront pas de répit aux quelques 7000 personnes présentes ce soir et assènent chanson après chanson la fureur de leur live crépitant. Quand arrive conjointement un
batteur et Dennis Lyxzén, le chanteur de Refused et The (International) Noise Conspiracy pour un remix phénoménal de « New Noise », les lignes
compactent des festivaliers se tendent et se détendent à n’en plus finir, célébrant avec joie la fin de cette 7ème édition du Jardin du Michel.
L’heure enfin de goûter à un silence mérité, maîtrisé, sauf pour quelques irréductibles, passant leur dernière nuit sur le camping, terminant leur week-end de bonheur et de musique.
Photos : Juliette Delvienne
Article : Ugo Schimizzi
Première tête d’affiche à se présenter sur la grande scène, Sinsemilia, tout comme les Ogres de Barback la veille et La Phaze le lendemain, joue à l’heure presque matinale de 19h10. Qu’importe, ils font du soleil, de la lumière et des températures encore très agréables des atouts pour leur show « d’une petite heure seulement ». Tous sourires, passionnés et vivants, ils répètent à plusieurs reprises leur bonheur d’être toujours là, 20 ans plus tard, glissant au passage un petit message promo quant à leur tournée de fin d’année, « d’une quinzaine de dates seulement » , pour fêter cette double décennie de concerts.
Complice, le groupe l’est également avec le public et toute la troupe ne boude pas son plaisir, courant et sautant à travers la scène. Plutôt authentique malgré le succès, comme ils le soulignaient peu avant en conférence de presse, Sinsemilia accepte le succès de Tout le bonheur du monde en s’en servant comme une entrée pour certains pour découvrir leur univers. Face aux critiques, ils répètent leur soutien à cette chanson, qui peut ne pas plaire à tout le monde artistiquement parlant, mais qui a malgré tout été écrite avec le cœur et qu’ils continuent à défendre. Grand frère de Dub Inc et de Danakil, Sinsemilia reste une valeur sûre du mouvement, les auteurs d’excellentes reprises de Brassens mais aussi les créateurs de Douanier 007, hymne du groupe, à l’orchestration revisitée pour l’occasion.
Photos : Juliette Delvienne
La deuxième journée démarre avec les sympathiques orange men du groupe Sam Gratt. Aux classiques guitare,
chant et batterie s’ajoutent une trompette et une contrebasse donnant l’occasion aux premiers spectateurs de swinguer sous un chaud soleil d’un presque été.
Sam Gratt - Photo : Ugo Schimizzi
Le groupe se classe dans une dynamique chanson française aux paroles agréables et drôles. L'ensemble, fier créateur du mouvement swunk, doit démontrer à mon sens (et celui de Sylvain
surtout qui a déjà vécu l’expérience), toute son efficacité en salle, dans une ambiance plus intimiste et conviviale.
Côté scène alternative, ce sont les messins de The Yupps qui mettent leurs amplis en marche. Chapeau de paille,
lunettes de soleil et vêments multicolores invitent les spectateurs a sombrer dans un océan de mélodies.
The Yupps - Photo : Ugo Schimizzi
Le son, très anglo-saxon rappelle pas mal toute la joyeuse clique de groupes en the desquels les Yupps ne se démarquent pas encore, et qui espéront-le s’en détacheront dans les années à
venir. Sur scène, le groupe joue le jeu et fait le show, laissant leur égo éclater sur scène mais assurant tout de même un spectacle agréable.
Première tête d’affiche à se présenter sur la grande scène, Sinsemilia, tout comme les Ogres de Barback la veille et La Phaze le lendemain, joue à l’heure presque matinale de 19h10. Qu’importe, ils font du soleil, de la lumière et des températures encore très agréables des atouts pour leur show « d’une petite heure seulement ». Tous sourires, passionnés et vivants, ils répètent à plusieurs reprises leur bonheur d’être toujours là, 20 ans plus tard, glissant au passage un petit message promo quant à leur tournée de fin d’année, « d’une quinzaine de dates seulement » , pour fêter cette double décennie de concerts.
Sinsemilia - Photo : Juliette Delvienne
Complice, le groupe l’est également avec le public et toute la troupe ne boude pas son plaisir, courant et sautant à travers la scène. Plutôt authentique malgré le succès, comme ils le soulignaient peu avant en conférence de presse, Sinsemilia accepte le succès de Tout le bonheur du monde en s’en servant comme une entrée pour certains pour découvrir leur univers. Face aux critiques, ils répètent leur soutien à cette chanson, qui peut ne pas plaire à tout le monde artistiquement parlant, mais qui a malgré tout été écrite avec le cœur et qu’ils continuent à défendre. Grand frère de Dub Inc et de Danakil, Sinsemilia reste une valeur sûre du mouvement, les auteurs d’excellentes reprises de Brassens mais aussi les créateurs de Douanier 007, hymne du groupe, à l’orchestration revisitée pour l’occasion.
La conférence de presse de High Tone me prive du show des Plus Guest, c’est donc pour
AaRON que je reviens face à la grande scène. Le groupe, à la formation plutôt atypique (un acteur français/anglais et un ancien guitariste de Mass Hysteria en
reconversion), propose une pop à sourires, accompagné sur cette tournée par d’autre musiciens, dont un batteur et un clavier.
AaRON -
Photo : Juliette Delvienne
De passage au JDM, le groupe s’envole ensuite pour New York, justifiant sa réputation de groupe international à succès, notamment
propulsé par le film Je vais bien ne t’en fait pas et la chanson star du film, U-Turn (Lili), qui a depuis tournée en boucle sur les radios, comme plusieurs autres de leurs
titres.
Le public apprécie, reprend les chansons en cœur, alors que le soleil décline doucement.
The Inspector Cluzo arrive à la nuit tombée, envoyant les décibels aussi vite et fort qu’ils crient leur
haine de AaRON et de pas mal d’autres choses d’ailleurs. Les deux gascons, simplement vêtus d’une guitare et d’une batterie, chantent en anglais leur rage et varient leurs registres du gros rock
testostéroné à des chansons foutrarques basculant dans des aigus hasardeux. Sur la scène flotte un fier drapeau de Mont-de-Marsan, leur ville d’origine, tandis que ballon de rugby et maillots aux
couleurs de l’équipe locale dressent le portrait d’un « groupe de bouseux, qui joue pour les bouseux ». C’est leur combat, et celui-ci dure depuis 3 ans maintenant, le groupe ayant
parcouru plus de 27 états et donnés quelques 480 concerts, le chanteur soulignant au passage sa haine de la France et son impossibilité d’avoir pu y jouer et y être accepté. Leur chanson phare
« The French Bastards » s’est retrouvée n°2 au Japon derrière Lady Gaga, électrise la foule et montre toute la puissance et l’efficacité du duo sur scène. A souligner au passage que le
groupe a été invité dans les plus grands festivals, Sziget, South By Southwest, Lowlands festival en tête !
The
Inspector Cluzo - Photo : Juliette Delvienne
Au passage, Malcolm le guitariste rappelle tout son mépris pour les groupes de musique électronique, à leur sens factice et ne faisant pas de musique. « Nous on fait de la merde, mais au
moins vous voyez exactement ce qu’on joue. On a pas de samples, pas de boucles ni d’enregistrements ». Dédicace aussi au bassiste, absent dans le groupe et qui a sa chanson : Fuck Bass
Player. Le message est passé. Les punitions se succèdent face à un public jugé trop mou qui se réveillera bien assez vite. Bien que cette rapide description bordélique ne présente que bien
mal et partiellement la prestation du groupe, leur show fut un véritable plaisir et une découverte certaine, expérience unique que je vous invite à découvrir, ne serait-ce que pour un petit jeté
de cymbale !
Le très engagé Tiken Jah Fakoly entre en scène, courant encore et encore alors que les éclairages vert, bleu et rouge
envahissent le plateau.
Tiken Jah Fakoly. Un nom qui fait souffler un vent d'espoir sur le continent Africain. Un vent chaud et puissant qui étend son voile de
bonté et de courage sur les terres du Michel, à Bulligny.
Cela fait deux décennies déjà que ce quadragénaire forge la jeunesse à ses mélodies tant révoltées que réfléchies. Exilé au Mali depuis
sept ans, l'ivoirien voit sa maison au travers de l'Afrique toute entière qu'il défend, causes après causes. Malgré les injonctions au silence et l'assassinat de ses proches en Côte d'Ivoire, le
chanteur perpétue sa croisade sur tout le continent émergent.
Tiken Jah Fakoly - Photo : Juliette Delvienne
Célèbre et célébré, Tiken Jah Fakoly chante au nom de ses frères, peinant à s'établir dans un monde globalisé, mondialisé. Ses textes
sont forts comme les guerres, fragiles comme les corps meurtris qui les subissent. Il suffit de regarder les titres de ses chansons pour comprendre l'imaginaire que ce messager veut nous
transmettre : « Il faut se lever » ; « délivrance » ; « laisse-moi m'exprimer ». Si Fakoly rassemble les peuples, s'il regroupe les foules et surtout les jeunes,
c'est bien parce que son discours résonne dans les cœurs. Ces besoins de liberté et d'ouverture, il les hurle en chansons à chacune de ses apparitions, se battant contre l'exclusion, la
corruption, l'exploitation - ces dépendances que le monde voudrait imposer à ce grand territoire flagellé depuis des siècles. Avec ses armes de paix, ses mélodies et ses instruments, le musicien
multiplie les rencontres et les participations aux côtés d'autres acteurs fort de la musique : Manu Chao, Dub Incorporation, Les Ogres de Barback. Virulent, vivant, vrai, Tiken Jah Fakoly est
avant tout un artiste engagé. Et particulièrement auprès de l'enfance, de surcroit depuis 2009, lançant alors l'opération « un concert une école ». Prônant l'éducation pour tous, il
préconise notamment de « donner les mêmes chances à tout le monde, à tous les enfants ».
Plus qu'un concert, Tiken Jah Fakoly offre un moment de vie, un plongeon dans un maelström de savoir et d'idées pour s'élever et partager, ensemble.
Difficile de lui succéder. C’est The Gaslamp Killer qui a cette lourde tâche, poursuivant plus dans le registre dément
de Inspector Cluzo que le combat engagé de Tiken Jah Fakoly. Seul face à ses platines, l’homme a toute la panoplie du mouvement hipster.
The Gaslamp Killer - Photo :
Ugo Schimizzi
Cheveux en bataille et bouclés, lunettes noires rondes, moustache et barbe de quelques jours, un sweat-shirt épais et aux couleurs
hétéroclites, l’américain semble dans son élément, entouré d’un simple halo bleuté. Agité, il fait danser la foule pendant une heure, variant mix et remix, jouant sur les temps et les
contre-temps en musicien acéré, authentique et stimulant from L.A.
High Tone clôture cette deuxième journée sur la grande scène, devant un public encore très nombreux alors que sonne 1h du matin. Fer de lance du mouvement dub à la française, marqué notamment par la présence de leur batteur au centre de la scène, les lyonnais assurent dans leur régularité et leur qualité. Amoureux des machines, le quintet se meut dans un décor minimaliste, aux légers accents steam punk, dotés de lampes au design fin, en harmonie avec les platines et les écrans en fond de scène.
High Tone - Photo : Juliette Delvienne
Quelques nappes de guitare réhaussent un peu plus des compositions millimétrées, savantes, aux sonorités piochant dans divers influences à travers le monde. Tout comme lors de leur passage deux ans auparavant au Cabaret Vert, leur prestation est irréprochable, l’apport des lumières renforçant la puissance de leur prestation. Une petite heure plus tard, la foule se réveille hagard, le temps étant venu de poursuivre la fête au camping ou de tenter de kidnapper quelques heures de sommeil, la dernière journée s’annonçant agitée.
Article : Ugo Schimizzi
Photos : Juliette Delvienne / Ugo Schimizzi
Karkwa / Jimmy Hunt / Blue Rodeo
En 2010, Canadian Blast a présenté le tout premier festival Canadien en Angleterre et a programmé la musique du
Canada Day qui s’est déroulé à Trafalgar Square, à Londres, devant un public de 50 000 personnes.
Cette année, le Canada s’étend jusque Paris et vient directement dans vos petites oreilles avec trois groupes phares de la scène
Canadienne : Karkwa, Jimmy Hunt et Blue Rodeo.
Une belle soirée en perspective !
Summery Agency s'associe à la Canadian Independent Music Association pour célébrer le Canada et ses
groupes fantastiques !
A cette occasion, Melting-Actu, en partenariat avec Nin-NinRose et le Canadian Blast vous propose de gagner 2x2 places pour cet évènement, qui se tiendra le 29 juin 2011 à la Maroquinerie.
Pour cela, envoyez vos coordonnées et le nom des deux personnes à ugo[point]meltingactu[at]gmail[point]com.
Nous procéderons à un tirage au sort et les gagnants seront avertis !
Les artistes :
JIMMY HUNT
(Folk)
Après avoir roulé sa bosse dans des groupes rock (tous salués par la critique), le beau canadien se dévoile en chanteur sincères de textes simples, minimalistes mais toujours aussi
évocateurs d’un romantisme tordu et de perte de contrôle. Jimmy Hunt est à mi-chemin entre la grande chanson française et le folk, avec des arrangements somptueux qui n’en sont pas sans rappeler
les plus grandes musiques de films. Comme quoi des groupes rock peuvent naître de grands chansonniers modernes.
http://jimmyhunt.ca/
BLUE RODEO
(Rock)
Depuis près de 30 ans maintenant, Blue Rodeo a pris un chemin assez peu fréquenté mais a réussi, bien au-delà de toute attente a imposé leur rock rustique. En 1993, alors que le
grunge éjecte le rock commercial hors de la radio, ils enregistrèrent le plus calme de leurs albums «Five days in July », qui a marqué leur plus grand succès commercial avec plus d'un
demi-million de copies vendues avec ce seul album.
http://www.bluerodeo.com
KARKWA
(Rock atmosphérique)
Formé en 1998, le groupe Karkwa confirme son rôle de premier plan sur la scène rock québecoise. Leur secret : leur public de plus en plus nombreux.
Après avoir obtenu de nombreuses récompenses critiques outre atlantique ils se font découvrir en France à l'occasion du printemps du
Québec il y a presque dix ans. Quelques albums et un succès grandissant, ils sont la valeur montante incontestable du rock canadien !
http://www.karkwa.com
LE SITE
OFFICIEL
2006. Le monde ne le sait pas encore, mais un bouleversement musical va se produire cette année-là. En effet, en fin d’année, un jeune homme de 27 ans décide d’enregistrer une vidéo de l’une de ses compositions et la poste sur un célèbre site de streaming. Drifting, extrait de l’album « Art of Motion », permet à la planète musicale de découvrir un artiste hors du commun tant par sa manière de jouer de la guitare acoustique que par la qualité de ses compositions. Andy McKee fait son apparition et le succès est fulgurant. 29 millions de vues pour Drifting et plusieurs millions pour ses autres vidéos. Il s’impose rapidement comme une référence dans le genre. C’est cette simple vidéo qui lui permettra de réaliser son rêve et de tourner partout à travers le monde. Y comprit à Metz…
Inutile de préciser que, petit guitariste amateur que je suis, j’admire Andy McKee et son style de jeu si particulier et reconnaissable entre tous. McKee est l’un des artistes les plus connus de la planète Internet et, sans conteste, l’un des plus talentueux. Une technique impeccable, une originalité dans ses compositions et des instruments plutôt intrigants (j’y reviendrai…) font de cet homme un OVNI dans le paysage musical actuel. C’est donc avec une impatience rare que je me suis rendu, mercredi soir, à la Chapelle des Trinitaires à Metz pour vous faire partager cette soirée.
Après une attente relativement courte, c’est du premier rang de la salle que j’observe la rampe de spots bleus éclairer les trois guitares sur scène tandis que le reste de la pièce est plongé dans la pénombre. Une chose est certaine, le Monsieur sait se faire désirer. Il faudra attendre cinq minutes de plus avant de voir un petit bonhomme un peu rond s’avancer sur scène, une sangle de guitare enroulée dans la main, un grand sourire aux lèvres. Un rapide signe à la foule, et il s’empare de la guitare la plus à gauche. D’apparence plutôt banale, celle-ci est de loin la plus spéciale des trois présentes : les frettes (ces petites tiges que vous pouvez voir le long du manche et qui délimitent les « cases ») ne sont pas, comme d’ordinaire, perpendiculaires à l’axe du manche, mais inclinées d’un angle allant approximativement de 60° au niveau de la caisse, jusqu’à 120° à l’approche de la tête. Cette guitare unique en son genre, Andy est le seul capable d’en jouer. Certains ont essayé, aucun n’a réussi. Et lorsqu’on voit ce qu’il en fait, on ne peut plus douter de son talent.
Après un « Bonsoir » en français, c’est en anglais que l’artiste nous parle du premier morceau de la soirée, Art of Motion, et attaque tranquillement un concert qui s’annonce, d’ores et déjà, grandiose. L’ambiance est immédiatement installée. Le public est silencieux et respectueux de celui que beaucoup considèrent comme un véritable Dieu. Une brève hésitation se fait même sentir à chaque dernière note avant de lancer la salve d’applaudissement, chacun cherchant à savoir si Maître McKee va continuer à dispenser sa leçon ou si le moment est venu de laisser éclater son enthousiasme et sa joie.
Quelques mots au public, et c’est au tour de Everybody Wants to Rule the World, reprise des célèbres Tears for Fear, de venir nous bercer. Car s’il est une chose certaine avec la musique d’Andy, c’est qu’elle est tout ce qu’il y a de plus apaisante et semble, d’après ce que j’ai pu voir du personnage, refléter exactement le caractère de son interprète. En effet Andy semble être une personne relativement calme. Ouvert, drôle et généreux, il n’hésite pas, entre chaque morceau, à prendre quelques minutes pour présenter le prochain et donner quelques explications à son sujet mais aussi ses influences, ses inspirations… Un véritable instant de partage et de simplicité que nous propose le guitariste.
Après quelques morceaux, Andy repose sa guitare pour s’emparer de sa guitare-baryton (à la magnifique caisse verte) et se lance dans une nouvelle série de chansons, toujours entrecoupées de petites anecdotes. Nous apprenons ainsi que son attrait pour la guitare acoustique lui est venu de Michael Hedges, qu’il a apprit la guitare comme tout le monde, en recopiant les soli de ses groupes préférés, ou encore, dans un autre registre, qu’il est nouvellement père de famille depuis huit semaines.
Un dernier morceau avant l’entracte, et c’est avec Away qu’Andy tire sa révérence pour une pause d’une vingtaine de minutes. Un morceau qu’il joue d’ailleurs sur sa guitare-harpe, un instrument presque aussi étrange que son propriétaire et qui est constitué de deux parties. La première est une guitare acoustique tout ce qu’il y a de plus normale. La seconde, solidaire de la première, est une sorte de prolongation de la caisse de résonnance dans une protubérance surplombant le manche. On y discerne trois ouïes (ouvertures dans la caisse, traditionnellement rondes sur les guitares) qui servent à propager le son des cordes tendues sur cette partie de l’instrument. Produisant un son assez proche d’une basse, elles permettent à Andy de jouer à la fois la basse, les percussions (en frappant la caisse de sa paume) et la mélodie sur un même morceau.
De retour après vingt trop longues minutes, Andy poursuit sa démonstration de la guitare-harpe avec Into the Ocean et The Friend I Never Met, chansons dédiées à celui qu’il aurait voulu avoir pour ami et partenaire de jeu, Michael Hedges. De retour sur sa guitare-baryton, Andy nous fait une nouvelle fois montre de son talent dans une somptueuse reprise de Tight Trite Night du grand Don Ross. Après un Heather’s Song (chanson nommée en hommage à sa sœur), c’est avec un poignant For My Father qu’Andy poursuit. Un morceau qui ne m’avait jamais marqué, mais qui, ce soir, me donne des frissons.
Après une demi-heure, Andy McKee achève sa prestation sur ses très célèbres Rylynn et Drifting et quitte la scène sous les acclamations d’un public qui ne saurait en rester là. Premier retour de l’artiste pour un rappel. S’éclipsant à nouveau à la fin du morceau, il est contraint de revenir une seconde fois pour nous interpréter une reprise de celui qui, décidément, aura eu une place plus qu’importante sur cette scène ce soir. Ragamuffin de Michael Hedges sonne le glas d’une soirée mémorable empreinte de poésie, de paix et de bonnes vibrations. La générosité dont McKee aura fait preuve tout au long de la soirée ne connaîtra pas de limite et l’amènera à traverser la foule après le set pour s’installer à une table et démarrer une séance d’autographe et de discussions diverses avec ses fans.
Andy Mckee, un artiste simple, doué et talentueux, qui ne cherche pas à épater la galerie, mais simplement à faire ce qu’il aime pour toucher un maximum de gens. De par ses sourires, ses regards et ses paroles, il vous donne envie d’entrer avec lui dans ce monde de notes et de rythmes qui est le sien et dont on ne voudrait, tout simplement, jamais sortir. Un humain comme on aimerait en voir plus souvent sur scène…
Photos : Samantha Rodriguez
Article : Dom' Panetta
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