Bonjour, chers lecteurs. S’il m’a manqué d’écrire ici autant que vous attendiez avec une frénétique impatience de me lire, alors nous ne serons pas loin d’atteindre ensemble un orgasme culturel par écran interposé.
Ce lundi 10 octobre 2011, je fumais docilement une tisane de grand-mère tout en sirotant avec gourmandise un cigare « café-crème », allongé sur la moquette soyeuse de ma bibliothèque, tout en me demandant quel sens donner à ma vie. J’avais en partie répondu à cette question en glissant un bulletin « Jean-Michel Baylet » dans l’urne de la démocratie participative, comptant sur l’accent méridional pour mettre fin à la crise financière. Lorsqu’au travers de mon iphone endeuillé, la douce voix d’Ugo, notre rédacteur en chef bien-aimé, me sortait de cette torpeur que m’envient même les moines bouddhistes.
Il me demandait si j’allais bien. Je répondais que oui, plutôt pas mal. Il me précisait que j’avais une jolie voix. Je lui signalais que j’étais au courant puisque je l’entendais tous les jours et que la sienne était pas mal non plus. Il me demandait si je voulais bien remplacer au pied levé la chroniqueuse de ce soir. Je lui répondais que oui. Il me saluait. Je le saluais à mon tour. Bref : j’allais chroniquer The Do et Catherine Ringer ce soir.
Je parcourais donc les allées automnales du Parc de la Pépinière à Nancy, accompagné de ma chère et tendre photographe. Elle allait shooter comme une dingue et j’allais chroniquer comme un fou. Nous allions être les Bonnie and Clyde de la presse musicale, les Marilyn and John de la couverture de concert, les Martine and François de… non, rien !
Si le chapiteau peut accueillir près de trois milles personnes, force est de constater qu’il sonnait un peu creux lorsque nous arrivâmes. Manifestement, les nombreux spectateurs attendus avaient acheté un billet pour voir de préférence la seconde partie et n’étaient pas pressés d’arriver. Ce qui n’était pas le cas de The Do. Le groupe franco-finlandais arrivait à l’heure et en courant. Ils étaient peut-être également impatients d’entendre la moitié des Rita Mitsouko.
Le set durait un peu plus d’une heure durant lequel le combo enchaînait les compositions folks matinées de son électro. Il fallait accorder à Olivia Merilahti, la chanteuse, une présence assez hypnotique et une voix modifiée dans une pédale d’effet qui n’enlevait rien à la performance vocale. Le chant était clair, précis et puissant.
Ils plaçaient intelligemment leur succès, On my shoulders, au milieu du concert, ravissant les fans tandis que la chanteuse retirait le bébé phoque décédé bonnet de fourrure qu’elle portait sur
la tête, rappelant à l’audience ses origines barbares finnoises. The Do parvenait à faire se décoller du Sol, un public Fasciné par une
Mise en scène Réussie et une performance muSicale proche de La perfection. (Oui, j’en rajoute un peu mais il fallait bien que
j’aille au bout de cette stupide blague)
Quelques minutes plus tard, tandis que je dégustais une coupe de champagne allongé sur le comptoir du bar réservé au VIP sous le regard courroucé des hôtesses d’accueil, j’observais des ronds se former de manière régulière à la surface de mon breuvage pétillant. Ils étaient produits par les ondes sourdes de la batterie, annonçant le début du prochain concert. Ma chère et tendre était déjà en train de jouer des coudes de l’autre côté de la barrière afin de vous ramener quelques clichés. La salle était désormais pleine à craquer pour voir et entendre la voix de feu les Rita Mitsouko.
Catherine Ringer arrivait simplement, sans artifice ni jeu de scène et lançait le concert comme on lance un sujet de conversation depuis son canapé, entouré de ses proches lors d’une soirée amicale. Le chant semblait un peu hésitant, passablement éraillé mais la puissance et l’intention étaient là. Quelques titres du dernier album servaient de hors d’œuvres. Puis venait rapidement le premier tube, Ding dang dong (ringing at your bell) qui enflammait la salle. En performeuse expérimentée, la Ringer distillait les tubes comme le Saint Nicolas les bonbons. Et du haut de ses 53 ans, mettait une bonne claque à tous les chanteurs et chanteuses de salle de bain qui rêvaient de succès en se trémoussant mollement devant leur miroir.
Le fruit des entrailles de l’union diabolique des duettistes de Rita Mitsouko tenait la guitare à côté de sa génitrice qui l’avait enfantée comme elle avait accouchée des nombreuses chansons que l’ont connaît tous. Tout juste regrettais-je le clavier qui s’était borné à reprendre fidèlement certains arrangements datant des années 80 ou 90 et désormais un peu désuets.
La légende très vivante du rock français déroulait avec facilité et une grande proximité avec le public, les chansons ayant rythmées la vie de beaucoup d’entre nous (Andy, Y a de la haine…).
Nous rentrions alors, ma chère et tendre photographe et moi même, vers le domicile conjugal, avec des rêves pleins les yeux et les oreilles. Elle ramenait chez nous quelques bleus, décorations épidermiques, stigmates de sa bravoure dans la tranchée des voleurs d’images. Quant à moi, je ramenais la preuve que le sens de la vie ne se trouvait pas forcément dans un choix électoral, mais que son intérêt se trouvait certainement sur la scène du Chapiteau de la Pépinière, à Nancy, ce lundi 10 octobre 2011 et il se prénommait Catherine.
Photos : Cécile Kremer
Article : Môssieur Louis
Nancy Jazz Pulsations 2011 - 38ème édition
Plus de photos de Catherine Ringer :
Plus de photos de The Do :
Pour cette 38 ème édition du Nancy Jazz Pulsations, une version electro (sold out) avait lieu à
l’Autre Canal ce samedi 8 octobre.
C’est le duo MC LUVIN qui commença la soirée. Un groupe un peu barré, accompagné pour l’évènement d'Aslak à la guitare et à la basse. Ils ont donné le ton de la
soirée passant les premiers : électrique, pop, énergique mais surtout entraînant. Un mélange de Jamiroquai, une voix à la George Michael et une gestuelle à la
Mika (avant elle me dit). Avec son keystar et sa voix terrible, Gystère a mis l’ambiance en ce début de soirée un peu calme (22h seulement). Une belle
performance pour les français qui étaient aussi au festival Calvi on the Rock.
Mais celui que tout le monde attendait (au tournant ?) c’était Yuksek bien sur, avec son dernier album revendiqué sacrément pop. A 23h15 l’excitation est palpable et il fait son entrée précédé par les deux même musiciens qui étaient présent à Rock en Seine : le charmant Clément Daquin à la basse et au clavier et la fougueuse Léonie Pernet aux percussions qui donna le ton, debout pendant tout le concert.
Quand on voit Yuksek en live, on se rend compte de son talent, de son aisance et surtout de sa voix qu’on pensait plus retouchée, voir même extérieure. Mais non, Yuksek c’est un vrai musicien et un artiste bien de chez nous, chauvins réjouissez vous ! Il a bien sur joué la plupart de ses morceaux phares. Pour ne citer qu’Extraball, Always on a Run et On a Train, sans oublier le fameux Tonight en rappel , « trop facile » dira Daquin.
Un peu avant 1h, c’est le toulousain Mondkopf qui monta sur scène, pour un set aussi puissant que raffiné, avec un jeu de lumières assez particulier pour une ambiance plutôt psychédélique.
Viens ensuite le tour du trio marseillais Nasser de prendre place sur scène dans une salle encore surexcitée à 2h du matin. Le dernier album intitulé #4 qui s’était vraiment révélé entraînant se trouve être en live terriblement efficace.
Les marseillais font preuve d’une énergie démentielle et d’une proximité avec le public assez impressionnante pour un groupe dont la notoriété n’égale pas celle de Yuksek mais leur force est là : une musique entraînante, communicative qui atteint son paroxysme sur scène. C’est un passage remarqué (mais surtout remarquable !) qu’a fait Nasser aux NJP.
Pour clôturer la soirée c’est le duo Teenage Bad Girl qui propose son set. Set aux début plus que difficiles du groupe, surtout après Nasser qui avait fait durer les rappels et s’était joint à la foule un moment. Les mecs de Teenage Bad Girl sont quant à eux trop occupés par leurs platines qui leurs font défauts.
Les djs se révèleront intéressants musicalement et scéniquement, un peu trop tard, avec un « laser live scenography » par Digital Slaves assez captivant d’ailleurs. Malheureusement une partie du public a déserté, c'est bien dommage on resterait bien danser encore avec Guillaume et Greg de Teenage Bad Girl.
Le NJP eletro 2011 restera dans les esprits comme une soirée réussie où de bons groupes français ont fait vibrer la foule nancéenne.
On retrouvera d'ailleurs Yuksek le 26 novembre au festival Sonic Vision à la Rockhall ( avec aussi Metronomy et the Drums) ainsi qu'au 112 le 4 février avec entre autre Nasser, Soyez là !
Article et photos : Morgane Aubry
Plus de photos de Yuksek :
Plus de photos de Nasser :
Plus de photos de Teenage Bad Girl :
Déplacez-vous pour profiter de Charles Aznavour dans son dernier tour de chant le 15 Octobre 2011 au galaxie d’Amnéville à 20 h 30 et le Dimanche 16 Octobre 2011 au Zénith de Nancy à 19 h ? mais aussi dans la suite de sa tournée 2012 :
oct. 15
Galaxie Amnéville, FRANCE - 19:00
oct. 16
Zénith de Nancy Maxeville, FRANCE - 19:00
oct. 18
Zénith de Rouen Rouen, FRANCE - 19:00
oct. 19
Antares Le Mans, FRANCE - 19:00
oct. 20
Zénith de Caen Caen, FRANCE- 19:00
oct. 21
Le Grand Liberte Rennes, FRANCE - 19:00
oct. 22
Amphitea Angers, FRANCE - 19:00
oct. 25
Summum Grenoble, FRANCE - 19:00
oct. 26
Zénith de St Etienne St Etienne, FRANCE - 19:00
oct. 28
Zénith de Limoges Limoges, FRANCE - 19:00
oct. 29
Zénith d'Auvergne Cournon d'Auvergne, FRANCE - 19:00
oct. 31
Zénith d'Amiens Amiens, FRANCE - 19:00
nov. 2
Le Scarabee - Roanne Riorges, FRANCE - 19:00
nov. 3
Arena de Geneve Geneve, SWITZERLAND - 09:00
nov. 4
Zénith de Dijon Dijon, FRANCE - 19:00
nov. 5
Le Phare Chambery, FRANCE - 19:00
nov. 10
Zénith de Montpellier Domaine de Grammont, FRANCE - 19:00
nov. 11
Zénith Pau Pau, FRANCE - 19:00
nov. 16
Palais Nikaia Nice, FRANCE - 19:00
nov. 19
Zénith Omega Toulon Toulon, FRANCE - 19:00
nov. 23
Parc Expo Grand Hall - Tours Tours, FRANCE - 19:00
nov. 26
Patinoire Meriadeck Bordeaux, FRANCE - 19:00
nov. 27
Parc Des Expositions La Rochelle La Rochelle, FRANCE - 19:00
nov. 30
Le Cube - Parc des Expos Troyes, FRANCE - 19:00
déc. 1
Halle Tony Garnier Lyon, FRANCE - 20:30
déc. 2
Halle Tony Garnier Lyon, FRANCE - 20:30
déc. 3
Zenith D'orleans Orleans, FRANCE - 19:00
déc. 4
Zénith Aréna de Lille Lille, FRANCE - 19:00
C'est une bien belle affiche que les NJP réservaient aux amateurs du festival nancéen ce jeudi 06 octobre, pour la deuxième journée des festivités. Les incontournables Têtes Raides, cotoyées par Debout sur le Zinc venu présenter leur nouvel album. Nouvelle tournée et nouvel album également pour Zaza Fournier.
Melting-Actu, sous les traits de Cécile Kremer, s'est donc imiscé sous le Chapiteau pour vous ramener des photos des différents concerts !
Photos de Zaza Fournier :
Photos de Debout sur le Zinc :
Photos du groupe Les Têtes Raides :
Photos signées : Cécile Kremer
Pour les prémices du festival Nancy Jazz Pulsations, c’est Agnès Obel qui était conviée dans la magnifique salle Poirel à Nancy, le samedi 24 septembre. Et c’est dans une salle comble que Sophie Hunger ouvra le bal. La Suissesse de 28 ans arriva timidement sur scène avec ses deux musiciens avant de se mettre à chanter a capella avec une facilité déconcertante.
Une voix puissante et envoutante, alternant entre l’allemand, l’anglais, le français et parfois même en suisse allemand « la langue de nos mères » déclarât elle sur des airs de folklore local. Sophie Hunger est une artiste qui puisse dans un registre tellement large qu’il serait difficile de la cantonner à un seul genre, la folk ne suffirait pas. Accompagnée par Michael Fleury à la voix, au glockenspiel et au trombone qu’il maitrise à merveille donnant une dimension nouvelle au concert et par Christian Prader à la guitare, à la flûte et au chant.
C’est grâce à ces multi-instrumentistes que l’absence de deux autres musiciens ne s’est pas fait sentir. La seule présence de Sophie Hunger et de ces rythmes endiablés accompagnés de mélodies suffirent à ravir le public qui ne cessa de l’acclamer. Et il y eu cette reprise de Noir Désir, le vent l’emportera, avec des airs de Reckoner de Radiohead, le genre de reprise qui vous fait penser que la version initiale ne vaut rien tant celle-ci vous transporte. Il y eu donc un deuxième rappel qu’elle fit assise sur le bord de la scène avec ses musiciens jouant juste avec sa guitare et sa voix aussi puissante que volatile.
Après cette performance marquante de Sophie Hunger, ce fut au tour de la belle Agnès Obel de faire son entrée sur scène, elle aussi accompagnée par deux musiciennes : une harpiste et une violoncelliste. Avec son acoustique, la salle Poirel était idéale pour accueillir Agnès Obel, son œuvre n’en était que sublimée, ses musiciennes y étant également pour beaucoup.
La voix de la jeune danoise si voluptueuse emporte, malgré une distance et une froideur palpable (peut-être dû aux origines …). Objectivement il n’y a rien à redire sur la prestation de la jeune artiste, elle joue juste et chante admirablement bien, un peu trop peut-être, ne laissant jamais place à l’improvisation, à des surprises, seul quelques mots de français échappent à la rigueur d’Obel . Cette maitrise à la perfection en devient presque ennuyeuse. Agnès Obel n’est autre qu’une reine des glaces aux doigts de fée.
Article et photos : Morgane Aubry
Set list Sophie Hunger:
Dia Fahrenda
Shape
Marketplace
Headlights
The Fallen
Citylights
Protest Song
Spiegelbild
Sophie Hunger Blues
Religion
The Boat is full
Rise and Fall
Hotel Belford
Le vent l’emportera
Monkeys
---------------
Tell the Moon unplugged
--------------
Set list Agnes Obel:
Op
Philharmonics
Beast
Just so
Mouretta
Brother Sparrow
New song
Close Watch
Smoke & Mirrors
Wallflower
Sons & Daughters
Riverside
Over the Hill
On Powedered Ground
-------------
Solo
Katie Cruel
Malgrè la 4ème édition de la Nuit Blanche messine, pas moins de 4000 personnes se sont déplacées à la Rockhal vendredi soir pour admirer le dj allemand Paul Kalkbrenner. Aux platines depuis de nombreuses années, il s'était fait remarqué dans le film Berlin Calling, sortit en 2009, dans lequel il jouait un dj drogué, sorte d'extrapolation de lui-même.
C'est son frère Fritz (qui avait notamment fait la bande originale du film) qui sur les coups de 22h débuta ma soirée dans un style proche de son frère, alternant house et techno minimale.
Le "grand" Kalkbrenner arriva quand à lui vers 23h30 sous les cris du public. Il commença son show sur Böxig Leise, extraite de son dernier album Icke wieder. Pendant plus de 2h, Kalkbrenner enchaîna les titres de façon peut-être trop linéaire. Mais réhaussée par une scènographie haute en couleur, composée des plusieurs écrans, de cubes et de trapèzes. il clôtura son set par la mythique Sky and Sand.
Article et photos : Morgane Aubry
Cette année encore, le Nancy Jazz Pulsations (NJP) prend ses quartiers dans tout Nancy et nous offre une programmation soignée, de qualité, faisant la part belle à la musique Jazz mais gardant une grande ouverture d'esprit vis à vis des autres styles musicaux.
L'occasion pour nous d'être une nouvelle fois présents sur cette manifestation et de vous rapporter dans les semaines à venir les meilleurs moments de ce festival en or !
Nous serons présents dès ce samedi à la Salle Poirel pour le concert de Sophie Hunger et Agnès Obel, en marge du début du festival programmé le 5 octobre prochain.
Loin de nous l'idée de copier négligement le programme que vous pouvez retrouver ICI, mais nous tenions à vous retranscrire l'édito de Claude-Jean "Tito" Antoine, le président du Nancy Jazz Pulsations, juste,
précis et vibrant :
"
« Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. À l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations, de l’obsession de la pureté. » Octavio Paz
Dans une France qui regorge de festivals d’été et dans une Lorraine où poussent de jeunes pousses au printemps, NJP – festival
essentiellement urbain – s’est posé en automne et marque la rentrée. Dès les premières éditions, l’ouverture du festival à des musiques cousines du jazz enflammait la ville et le Chapiteau de la
Pépinière et installait le “style NJP”, largement repris depuis. Le gotha du jazz y côtoie depuis toujours de jeunes musiciens à la
notoriété naissante. Notre projet s’inscrit dans la durée (38 ans) mais l’objectif reste constant : faire le meilleur
festival
urbain mobile (plus de 25 concerts au-delà de Nancy) mais surtout pas le plus grand ; faire de notre cité un terrain de rencontres, de
découvertes, de curiosité, de liberté et de bonne musique à l’image du festival ouvert, convivial, passeur,
défricheur et fédérateur que nous souhaitons.
NJP explore les infinies possibilités qu’offre la ville :
le Chapiteau de la Pépinière, le Magic Mirrors, l’Opéra, la Salle Poirel, l’Autre Canal, le Théâtre de la Manufacture, le Hublot, le
Théâtre
Ça respire encore, les bars, brasseries, rues, places… Un beau terrain de musique et d’espérance où, durant 15 jours,
tout peut arriver. Ce sont plus de 130 rendez-vous auxquels nous vous convions.
C’est pour cela que NJP existe. Notre plaisir, nous le trouvons sur vos visages à la sortie des concerts…"
La programmation en détail :
Plus d'informations sur :
Le messin Cascadeur, nouveau poulain d'une grosse écurie musicale nous a accordé une interview en sa demeure, nous gratifiant même d'une petite chanson que nous mettrons en ligne rapidement.
En attendant, retour sur un entretien mené par Morgane Aubry :
C’est après son concert au Brussels Summer Festival, donné le 20 août dernier que nous avons pu rencontrer, furtivement, le messin Cascadeur. Celui-ci nous a ensuite gentiment reçu chez lui, à Metz, pour une interview.
Présentations faites, nous y voilà :
MA : Etre signé chez une major comme Universal pour un artiste c’est une énorme opportunité, mais ne pensez vous pas que c’est aussi un peu une manière de vendre son âme au diable ?
C : Ca commence fort (rires). En fait c’est une question à la fois
insidieuse et unanime. Effectivement de l’extérieur on peut considérer qu’il y a les bons, les indépendants et puis les méchants. De par mon expérience, j’ai pu constater que c’est beaucoup plus
compliqué que ça…
J’ai aussi travaillé dans « l’hyper » indépendance, n’étant pas signé pendant plusieurs années avec Cascadeur, je gravais mes disques tout seul par exemple. J’ai vu
certains avantages et puis quelques inconvénients. Il fallait de toute façon que je change un peu de dimension. Ca ne veut pas dire que mon souhait était d’être partout mais je sentais qu’il y
avait des limites. C’est-à-dire qu’au bout d’un moment ça m’épuisait parce qu’il fallait que je trouve les concerts tout seul, mes disques n’étaient pas distribués. J’étais face à un mur
finalement, donc j’ai fais des démarches seul au départ, pour rencontrer des gens susceptibles d’être intéressés par mon travail. Et effectivement, pris dedans, je n’avais pas de « délit de
faciès ». Je me suis adressé forcément à des labels qui, à priori, par leur couleur, pouvaient être sensibles à mon projet. Après, il y a eu des rencontres.
Mais moi je poserais peut être la question autrement : c’est peut être les labels indépendants qui ne se sont pas manifestés. On peut prendre les choses à l’envers et se dire : pourquoi les labels indépendants ne se sont pas plus manifestés, enfin ils se sont manifestés un peu, mais pas jusqu’au bout, pas au point de signer un contrat avec moi. Moi je m’interrogerais là-dessus. Ensuite, je trouve ça relativement rassurant si on choisit un regard diabolique : les méchants ont peut-être aussi un cœur (rires). Je crois, en tout cas et c’est ce que j’ai ressenti et ce que je vis, c’est que si il y a eu cette rencontre professionnelle, il y a aussi eu une rencontre … passionnelle. Bon c’est peut être un peu fort mais en tout cas amoureuse peut être, sensible autour de ce que je fais. Je crois et je suis même certain que le but ultime de la maison de disque n’est pas d’être milliardaire avec Cascadeur. Je crois qu’ils placent les choses ailleurs. Notre souci, c’est d’essayer d’assoir un projet un peu plus atypique dans un paysage qui est parfois formaté, notamment en France. Donc voilà je ne me prends pas pour John Cage ou un avant-gardiste, j’ai juste l’impression de faire quelque chose d’assez accessible mais peut être que ça peut effrayer. Ensuite je ne pense pas avoir fait plus peur aux majors qu’aux labels indépendants. Parce qu’un label indépendant est dans la rentabilité effective et rapide. Il n’a pas justement les reins assez solides pour supporter plusieurs projets qui ne marchent pas du tout ; autrement il met la clé sous la porte, c’est ce qui est arrivé à pas mal de labels. Quand tu es indépendant et que tu as moins de moyens, tu es obligé de vendre des disques, tu as le couteau un peu plus sous la gorge. Ce qui ne veut pas dire que les majors sont tranquilles. Il y a beaucoup de licenciements chez les artistes et les professionnels du disque, c’est aussi très compliqué. Mais en même temps je suis assez mal placé pour en parler dans la mesure où c’est nouveau. Mais pour l’instant, ça se passe bien… Après peut être que dans quelques années on aura divorcé avec pertes et fracas et que j’aurai un autre avis mais là je suis assez nuancé et je comprends la question.
MA : Comment gérez-vous le fait qu’aujourd’hui votre image soit contrôlée par votre maison de disque ? Ce n’est pas un peu oppressant ?
C : Non parce que c’est moi qui l’ai un peu imposé. J’ai une image, j’existais avant de signer. Et si j’ai été signé c’est aussi parce que j’avais une image, un peu. Mon souci ce n’est pas que l’image, c’est la musique, mais elle n’est pas pour moi quand dans les notes, elle est aussi dans la présentation scénique, l’élaboration des pochettes, enfin elle est partout.
Donc on ne m’impose rien. Je travaille comme je travaillais quand j’étais tout seul. J’ai travaillé ici où tu es assise, j’ai des amis qui venait. Rien n’a changé à ce niveau là, je travaille toujours de la même façon. Effectivement, j’ai un peu plus de moyens. Par exemple, lorsqu’il a été question de rajouter des cordes on ne m’a pas dit : « tu vas mettre un violoncelle et un violon ». On s’est plutôt dit « voilà où je souhaite aller, nous avons la possibilité financière de réaliser les choses ». En même temps, j’ai pas demandé des jacuzzis, un clip avec des bimbos. Tout cela reste à mon échelle et à un point de vue musical, donc je n’ai pas du tout l’impression d’être un mannequin ou une doublure qui derrière moi est manipulé par Dark Vador. Peut-être qu’on peut le penser mais si c’est ça il faut que j’ouvre les yeux (rires).
MA : Passons à des questions un peu plus légères et en accord avec votre formation à la fois de musicien et de plasticien. Je vais vous demander de faire des choix entre différentes propositions. Commençons par le 7ème art…
Vous êtes plutôt Almodovar ou Allen ?
C : Les deux. Encore une fois je pense que c’est aussi un peu mon travail dans Cascadeur. On pourrait dire que c’est un projet un peu « arty » et mélancolique mais j’aime m’amuser, j’aime rire. Pour moi le rire contient tellement de sentiments à explorer comme la mélancolie ou les joies ultimes.
Donc c’est pour ça que je dirais Woody Allen, dont je suis un grand fan depuis le début. J’aime beaucoup tous ses premiers films, j’accroche juste un peu moins à ses derniers où j’ai l’impression qu’il est justement dans du « coton ». Il explore des zones qui me touchent moins parce que c’est presque bobo maintenant, ça me gène un peu. Sur Paris par exemple, forcément on tombe dans des clichés. Maintenant, c’est un homme d’un certain âge, donc il voit la vie différemment. J’étais plus sensible à ce qu’il faisait avant, qui me semblait un peu plus écorché et plus en phase avec « le commun des mortels » Ca reste un cinéaste de référence et un auteur que j’adore vraiment.
Almodovar, j’ai hâte de voir son dernier film, qui par les thématiques m’intéresse pas mal. Même si je le connais un peu moins bien, c’est aussi un cinéaste important et qui me plaît parce qu’il interroge sur l’identité sexuel. Ca m’intéresse par rapport à Cascadeur. C’est un super héro qui chante avec une voix de fille donc je suis quelque part proche d’Almodovar (rire) en tout cas dans mes interrogations.
MA : Orange Mécanique ou Shining ?
C : Aaaah Kubrick … Je ne peux pas choisir. Orange Mécanique est fabuleux par rapport à l’invention plastique. Ensuite, au niveau de la thématique, je sais qu’il avait été décrié car c’était un film soit disant hyper violent alors que c’était un film sur la violence, ce qui n’est pas tout à fait la même chose et c’est souvent le problème. C’est violent mais il interroge et il a besoin de passer par la violence pour pousser à la réflexion…
Après, Shining, c’est l’enfance. Il a des visions très fortes. Je crois qu’avec Kubrick ça marche comme ça, il assène des coups de poing. Quand tu penses à Shining tu penses à Danny le petit garçon qui déambule dans les couloirs sur son tricycle et puis cet ascenseur avec le sang et ces trucs hyper gores et les jumelles. Je trouve que Kubrick c’est très très marquant, parce qu’il interroge sur les peurs enfantines, les histoires de loups, il fait ressurgirent les hantises liées à l’enfance. Donc je n’aime pas faire de choix !
MA : Par rapport à Yann Tiersen, compositeur français, vous avez préférez Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ou Good Bye Lenin ?
C : Alors je n’ai pas vu Amélie Poulain. Non pas que je m’y sois refusé, mais ça me fait un peu penser aux derniers films de Woody Allen, avec ces clichés. Donc ça serait difficile d’en parler étant donné que je n’ai vu que quelques images et pas le film en entier. Ensuite Yann Tiersen, c’est vrai que ce sont des comptines. À mon avis le travail qu’il a fait là-dessus est assez intéressant. Je suis assez sensible à ces ritournelles, cette simplicité qui n’est pas évidente. Après je crois que lui aussi en souffre. Pour un certain nombre de gens Yann Tiersen, c’est Amélie Poulain. C’est quelqu’un qui veut aussi « détruire » cette phase qui le plombe comme M et son personnage.
Après, Good Bye Lenin c’est un film que j’ai vu et que j’ai en dvd, qui m’a bien plu, y compris la musique. C’est vraiment un chouette film qui est finalement très dramatique et très drôle, alimenté par l’illusion crée autour de la mère. On arrive dans le domaine de l’art.
MA : Sinon quel est le dernier film qui vous a touché ?
C : Malheureusement pour moi je n’ai plus beaucoup le temps d’aller
au cinéma, je regarde pas mal de films à la télé… Du coup, le dernier film qui m’a touché …
Ah si j’ai bien aimé un film, alors le titre … c’est un film argentin je crois. C’est un titre à la Almodovar, il est passé sur canal le mois dernier. Sinon très récemment j’ai vu un film
d’Emmanuelle Bercot qui s’appelle Mes chères études. Bon il s’avère que j’avais été contacté par Emmanuelle Bercot, qui connaissait Cascadeur et qui voulait
faire un titre du coup on avait communiqué. Et ce film qu’elle a fait est vachement dur, tellement juste, c’est adapté d’un bouquin d’une jeune fille qui a du se prostituer pour payer ses études…
Phénomène qui, apparemment, est assez courant et qui ne touche pas seulement les filles. C’est un peu cru comme film et vachement dérangeant. J’avoue qu’après j’étais vraiment
mal à l’aise du fait d’être un homme, c’est assez sordide. Mais bon c’est très réel et donc ça m’a marqué.
Et hier soir j’ai revu Les Dents de la Mer. C’est
toujours intéressant. C’était en français donc ça devient un peu comique mais encore une fois c’est intéressant, ça rejoint un peu ce que je disais sur Kubrick par rapport aux images choquantes.
Là, Spielberg dans ses premiers films comme Les Dents de la mer met en scène des images très frappantes, qui hantent chacun de nous. C’est-à-dire que forcément
une grande œuvre ne te fait plus percevoir la réalité de la même façon. Quand tu vas te baigner après avoir vu ce film là, tu ne te baignes plus dans la mer mais dans les dents de la mer, c’est
assez drôle mais toujours marquant. Donc c’est vrai que tu peux avoir des lectures de la vie complètement liées à des tableaux, à des films, à des livres.
MA : Sinon plus dans la musique, ça serait plus Satie ou Bach ?
C : Alors encore une fois les deux m’ont un peu bercé, j’ai joué du Bach quand j’étais enfant mais du Satie aussi. Avec Satie, c’est plus dépouillé. Au piano, ce sont des valses assez souvent ou des choses assez enfantines mais curieusement ce n’est pas un compositeur que j’ai énormément joué. Comme tout le monde, Gymnopédie et Gnossiennes et je dois avoir un ou deux disques. Enfin…il n’a pas énormément écrit.
Et Bach c’est quand même vachement plus imposant, c’est déjà un autre type de compositeur, un autre poids à priori historique. Mais ce qui est intéressant chez Satie c’est cette figure d’outsider et d’artisan, d’un mec plutôt solitaire. Une nouvelle fois, pas de choix.
MA : Bon alors Gainsbourg ou Aznavour ?
C : Alors beaucoup plus Gainsbourg. Ce qui ne veut pas dire que je ne m’intéresse pas à Aznavour. Je sais qu’il a enregistré un disque il n’y a pas longtemps, justement à Bruxelles. Curieusement, il y a un côté plus daté chez lui mais il sera peut être plus marquant dans quelques années. Gainsbourg je suis vraiment un grand fan, parce que ce qui me plait chez lui c’est que c’était un mec qui était peintre et qui se retrouvait face à sa « déception » par rapport à ce qu’il faisait. Moi je trouvais ça pas mal, il n’y en a pas beaucoup, parce qu’il a tout détruit. Mais il se rabat sur la musique et il y a une sorte de course comme ça … Il était un peu fasciné par la marque, l’image enfin ce qu’on peut conserver de quelqu’un après. Et c’est un peu le monstre qui séduit la belle, on est toujours dans ce trucs là avec lui je trouve et c’est ça qui est fascinant. Se dire que ce gars qui ressemblait à Frankenstein sortait avec la plus belle femme du monde donc ça aussi c’est intéressant.
MA : Janis Joplin ou Amy Winehouse ?
C : Je dirai que c’est un peu la même famille même si je ne connais pas assez bien la vie d’Amy Winehouse. Je dirai que Janis Joplin était un peu plus dans la difficulté professionnelle. Alors, ce qui est troublant chez elle, c’est que dès qu’elle chante elle a un trucs très teinté, une certaine « culture black ». Amy Winehouse, c’est métissé. Tu sens déjà ce truc, c’est troublant parce qu’il y a des chanteurs comme ça tu es perdu sur leur identité et c’est chouette. Un black qui a une voix de blanc, c’est presque plus rare et ça intéresse moins parce que justement cette « couleur » de la culture black me touche un peu plus. Mais effectivement quand tu vois Janis Joplin c’est incroyable, ça vient d’ailleurs et peut être qu’elle a renoué avec la souffrance, l’esclavagisme aux Etats-Unis avec les brimades subies par les populations noires. C’était sans doute quelqu’un qui ressentait cette souffrance et qui s’y intéressait par ses goûts musicaux. Elle a su presque changer de peau et pour moi c’est presque une artiste contestataire black. C’est troublant. Et puis je dirai qu’elle c’est un peu la grande sœur … Maintenant je ne connais pas assez Amy Winehouse, juste quelques titres, j’ai pas d’albums, j’ai seulement vu des extraits d’images. Ce qui me touche c’est ce truc pathétique chez elle. Tu sens qu’elle veut démolir quelque chose mais ce qui est très troublant c’est qu’elle est un peu stoïque sur scène. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle est dans certains états mais je trouve qu’elle est presque à côté de son être et un peu à côté de ce qui se passe musicalement. C’est souvent des trucs assez entraînant, années 50. Sa voix, tu as l’impression qu’elle fait très peu d’efforts, alors que bon, Janis Joplin était dans un combat. Amy Winehouse, je n’avais pas cette sensation-là. J’avais l’impression qu’elle était déjà morte, c’est bizarre, c’est pas méchant au contraire c’est troublant. Elle était déjà la fantôme d’elle-même d’après ce que j’ai pu voir. C’était plutôt une voix. Pour elle c’était peut être accessoire la mort, elle l’avait déjà côtoyé, c’est peut être aussi le quotidien des toxicomane, ils sont sans arrêt sur ce truc là, en confrontation direct avec. Pour eux il n’y a peut-être pas de très grande différence…
MA : Plus électronique, ça serait Jean-Michel Jarre ou Daft Punk ?
C : Je connais un peu mieux Daft Punk par rapport à Cascadeur. On pourrait dire forcément Daft Punk, parce qu’il y a le rapport du casque, de la combinaison… Après Jarre, c’est un gars qui me fait penser non pas à Indochine mais il y a un truc décrié chez lui. En même temps c’est quelqu’un qui était là, qui a apporté des choses un peu comme Cerone. Ca fait partie un peu de ces gens là. Après de lui je n’ai qu’un disque : Zoolook (1984). Il y a quelque chose qui est vraiment superbe au moment de l’échantillonnage, je trouve qu’il a eu de supers idées. Mais j’ai pas les trucs fondamentaux donc je connais assez mal. Oxygène, je ne suis pas fan mais je pense que c’est quelqu’un d’important. On est un peu dans le grand cirque, le truc un peu mégalomane comme ça, c’est un choix, c’est une figure, donc c’est compliqué : son rôle, sa position. Il a été un artiste d’avant-garde très populaire qui a fait tomber les musiques électroniques dans le grand public et ça je trouve que c’est plutôt intéressant.
MA : Un concert qui vous aurait marqué, vraiment…
C : Je dirai Radiohead à Strasbourg, je crois que c’était à La Laiterie sur la tournée OK COMPUTER. Parce que là je me suis dit « j’ai vraiment envie de voir ça ». Sur scène, c’était chouette. C’était un beau concert et puis y avait Stranded Horse juste avant, c’était touchant de voir ce mec déjà sans voix. Techniquement, je veux dire. Il chantait mais son micro ne marchait pas, c’était un ensemble de chose, c’était bizarre, il faut dire que faire la première partie d’un « grand » groupe c’est pas toujours très facile …
MA : Par rapport à l’art, ça serait plutôt l’impressionnisme de Monet ou les ready made de Duchamp ?
C : Humm, il y a dix ans, j’aurais presque un peu dénigré l’impressionnisme et puis après je réfléchis et je me dis c’est absurde parce qu’ils sont à la base de l’abstraction, c’est une technique qui a été révolutionnaire, qui a été récupérée. On en a fait un peu des peintres de salon presque académiques alors qu’ils voulaient sortir le peintre hors de l’atelier. C’est quand même une révolution, ils vont peindre directement sur le motif, ça, ça change beaucoup de choses. Duchamp, tu peux te dire que c’est ça aussi ce qu’il fait : il sort de l’atelier mais en rentrant dedans carrément avec le paysage. Avec l’urinoir, c’est ce qu’il a fait. C’est une réflexion sur le préfabriqué, le fabriqué et l’artiste artisan. L’homme du commun est artiste. Parce que tout à coup, il va tout dérégler : on sacralise l’art, par moment l’artiste et tout à coup un mec va te présenter dans un musée un urinoir, le plus commun des communs, l’infâme même. L’infâme qu’il va transformer et dire : c’est de l’art aussi. Et ça ouvre la porte à tout et n’importe quoi mais c’est fondamental aussi. Parce que sans ça on en reste dans l’académique avec l’art fait pour certaines catégories de gens. Et tu as des gens qui te disent : non, non l’art sans démagogie c’est pour tout le monde et c’est à tout le monde. Alors après tout le monde va s’en emparer et il y a des réussites diverses, c’est d’autres problèmes. C’est comme Daft Punk ou Jarre, je trouve ça très bien parce qu’ils ouvrent des portes plus ou moins importantes, on verra bien ce n’est pas à moi de juger.
Mais donc sans les impressionnistes, il n’y aurait sans doute pas eu Duchamp. Tout ça est lié, pour moi il n’y a pas d’inférieur, ni de supérieur ; tu vois tu ne vas pas te dire que les dadas sont plus fort que la science avant-garde. Il y a des moments d’histoire, c’est un gigantesque édifice et il y a pleins de pierres et toute pierre est fondamentale. Il y a des trucs qui te touchent plus ou moins. On ne peut pas tout apprécier, des fois parce qu’on ne connaît pas ou qu’on ne comprend pas ou qu’on ne veut pas comprendre. Mais aussi il y a des usurpateurs, c’est évident, il y a de tout, que ce soit dans la musique, la peinture ou la pâtisserie : il y a de très mauvais pâtissiers qui vendent très cher leurs éclairs au chocolat …
MA : Et donc à choisir ça serait plutôt une visite au centre Pompidou de Metz ou au musée des Beaux Arts de Nancy ?
C : Alors moi j’ai une position un peut particulière, c’est-à-dire que je ne vais pas beaucoup voir les expos dans les musées. Parce que il y a un truc que je ne supporte pas trop c’est cet effet de mode autour d’une exposition. Par exemple cette année, bon je dis n’importe quoi, mais Manet par exemple. Tu vas voir cette expo et puis tu as une file d’attente tu as l’impression d’être dans un hypermarché un samedi après midi. Tu te dis : « Qu’est ce que je fais là ?! » T’as pas le temps, tu vois rien, y a une sorte de précipitation et d’hyperconsommation et du coup je refuse, je deviens presque fainéant la dessus et je n’y vais pas. Et c’est con quelque part parce que c’est important mais en même temps c’est invivable et c’est pareil pour d’autre choses : je suis allé voir l’Aquarium de La Rochelle, mais j’ai pas vu de poisson, j’ai vu des hommes agglutinés derrière des vitrines, je me suis barré. Encore une fois on va dire que c’est méprisant à l’égard des hommes, mais ce n’est pas ça, c’est terrible cet univers « concentrationnaire » de la consommation artistique ou celle de l’éveil ça fait peur, on est imbriqué là dedans. J’aimerais bien y retourner mais je ne sais pas un dimanche à 7h du matin peut être que pour les expositions c’est pareil et du coup je loupe pleins de trucs. Parce que c’est un temps une exposition, un temps suspendu un musée. C’est un pour geler le temps donc quand j’arrive là dedans tout à fondu, j’arrive pas …
MA : Du coup, pour la dernière expo que vous avez vu, ça tombe à l’eau …
C : Humm, je réflechis. La dernière expo c’était à La Rochelle, c’était pas mal d’ailleurs et y avait pas beaucoup de monde comparé à l’aquarium… C’était un truc d’histoire naturelle donc c’était intéressant, il y avait des marins qui avaient ramené pas mal de trucs notamment des très beaux totems, des belles coiffes, pas mal d’animaux aussi donc ça c’était le dernier truc. Bon c’était peut être un peu mortifère mais là au moins j’ai pris le temps.
MA : Sinon en général, qu’est ce que vous aimez faire à Metz ?
C : Je travaille pas mal donc je suis souvent un peu enfermé ici mais quand je sors … je vais voir des amis ! Mais encore une fois, je suis un peu sauvage, donc j’évite le samedi après-midi. Je me balade souvent le long des quais, j’aime bien et puis on a un petit garçon donc on se balade beaucoup avec lui en général. On a des itinéraires, on est un peu dans Shining : il a sa petite voiture aussi. Mais Metz j’aime bien la ville, alors je vais souvent au centre St Jacques notamment à la Fnac, je n’adore pas le lieu c’est un peu effrayant mais dans ces coins là. Je sors très peu ou au restaurant, avec des amis. Mais j’ai pas une grande vie, je vais aux concerts mais c’est même rare parce que comme je joue souvent j’ai pas envie de ressortir aller écouter des concerts, j’ai envie de faire un peu autre chose donc souvent, je regarde des films ici … c’est pas marrant (rires)
MA : Un mot pour finir cette interview ?
C : Merci, c’était bien ! On a parlé de choses un peu secrètes et rares, je t’en ai dit plus qu’a des proches (rires) c’est important de le dire aussi donc merci.
...Et retrouvez de 10 à 18 H, le Village Associatif de l'asso. Nanbara.
http://www.nanbara.fr/
toutes les infos sur le groupe "As Malick and Blue Tribe" ... :
S MALICK est un chanteur sénégalais charismatique et reconnu dans son pays
(deux albums "Dakar all stars" et "Bénéne Vibes" nominé au Hip Hop Awards
meilleur album solo ainsi que de nombreux festivals africains et européens à son
actif).
Il s'est installé à Metz en Lorraine en 2008 et s'est entouré de trois musiciens
Lorrains venant d’horizons différents qui composent : BLUE TRIBE .
Depuis cette rencontre, le groupe a su développer un son original ainsi qu’une
complicité évidente autour de compositions « Pop, Rock, Soul, Funk, Afro ».
En Live, As Malick et sa tribu nous transportent… c’est un voyage «Trip».. (titre du
nouvel Album)..
Une chaleur indéniable dans la voix, une section rythmique solide et puissante
accompagnée de gimmick de guitare « accrocheurs ».
Un mélange de style visant le même objectif: des textes engagés emprunts de
messages positifs (Amour, Paix, Solidarité, Respect) et traitant aussi de sujets
graves comme les enfants soldat et la corruption politique en Afrique "ou ailleurs".
Ces textes écrits par As Malick sont chantés en 3 langues : Anglais, français et wolof.
Le groupe a déjà acquis une bonne experience et plusieurs concerts sont
programmés pour la saison 2011 - 2012…
Le nouvel Album « Trip » auto produit du groupe a été édité en octobre 2010.
Un nouveau Clip "Life Teudé" 1er titre de l'album (réalisé par Pierre Dodin Réalisateur Nancéen) est sorti en mars 2011:
http://www.dailymotion.com/video/xhnnnx_as-malick-blue-tribe-life-teude_music
Charge 69 est de retour.
Charge 69, c’est un groupe qui existe bon gré mal gré depuis 1993.
Ils ont déjà sorti 4 albums, des dizaines d’EP’s, de signles de maxis et des compiles.
Bien sûr, Charge 69 passerait difficilement à la radio. Mais Charge 69 s’en fou.
Charge 69 est un groupe de punk issue de la scène Lorraine, de Metz plus exactement.
Quatuor formé autour de Vérole au chant et de Caps à la basse, le groupe revient sur le devant de la scène avec leur nouvel album « Résistance Electrique ».
La pochette, contraste de rouge et de jaune donne vite le ton du cd à venir et des 16 titres prêts à exploser. Un savant mélange entre grenade et guitare vient barrer en diagonal cet
artwork.
A l’intérieur, patchwork de couleurs, grosses typos rentre dedans. Les titres accrocheurs sont assez évocateurs du feu qui couve :
« legitime vengeance » ; « le crepuscule des damnés » ; « rêves lacérés » ; « en lambeau ».
Les idéologies punk sont bien là, « no futur » en tête, très vite suivi de ce qui pourrait être formulé comme « notre présent est foutu » (bien sûr sans aller jusqu’au
caricatural « c’était mieux avant »).
Ce qui frappe, c’est cette certaine intemporalité qui flotte dans ce cd. Les textes s’adaptent bien à l’époque mais pourraient tout autant être la haine de deux ou trois générations précédentes.
Les textes oscillent entre rage simple bien cadencée et recherche esthétique et rythmique où les mots se répondent et s’entrechoquent dans le mal être humain et urbain.
Tous comme leurs confrères messin de Néophyte, les mélodies et refrains rentrent vite en tête, les distos sont lourdes et les accords volontairement limités. Néanmoins, les mélodies sont pour le
moins efficaces. Les thèmes abordés respirent profondément les thématiques punks, privilégiant les questions de société, la haine de l’ordre et des lois, l’intérêt et le prix de la vie, sa propre
vie, le capitalisme grand gourou des relations, et puis un certain mal être ambiant qui ressort au travers des paroles.
L’environnement de Charge 69 ressemble à une terre brûlée, lacérée par les vices et les maux, d’où la musique s’extrait comme ultime rempart, comme la boule au fond de la gorge qui hésite entre
cri de révolte et larmes de souffrance.
La simplicité qu’il serait facile d’appliquer au mouvement punk et à ses revendications se révèle finalement être un rappel clair de droits et désirs fondamentaux. Ma seule envie serait de
pouvoir lire un certain message d’espoir, des solutions au sein de ses textes. Mais est-ce vraiment le leitmotiv de ce mouvement dans lequel s’inscrit le groupe ?
Sur le fond comme sur la forme, Charge 69 réussie donc bien au travers de ce nouvel opus, « Résistance Electrique » à faire passer ses messages, la production de qualité ne faisant que
rehausser des textes travaillés – quoique parfois un peu faciles, imprimant dans l’acier des refrains carrés, entêtants.
Article : Ugo
www.thionville.com Site non officiel de
Thionville et de son agglomération :
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http://www.theartchemists.com : Générateurs d'Etincelles Culturelles
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