« AaRON Unplugged »
Après avoir rencontré un succès international dès leur premier album il y a
trois ans, AaRON revient avec un second opus somptueux « Birds in the
Storm », sorti en octobre 2010.
AaRON est un curieux groupe, comprenez un tandem atypique qui fait de
son association magnétique une magie prolongée. Simon et Olivier. Ils sont
deux, et parfois un seul ensemble. Souvent un son unique. Semblables dans
leur attirance pour le danger de la création. Différents dans la manière de
jouer avec ce vertige.
Les chansons d’AaRON ressemblent à une cartographie intime de la vie du
groupe. Une sorte d’impression fixe de moments précis. Dix empreintes
d’un instant, entre extases et petites morts. Olivier alchimiste de la chanson
pop et Simon funambule en quête d’émotions terrestres ont tout fait pour
écrire et composer des chansons incarnées. De chair et de sang. De sueur et
de larmes.
Loin de la tournée qui les a emmenés sur les plus grosses scènes et festivals
de France jusqu’à l’été 2011, « AaRON Unplugged », sera plus acoustique
et plus intimiste…
Ils sont accompagnés par Greenwich Cavern, également en version accoustique.
Pour en savoir plus sur le groupe, retrouvez notre Live Report et notre interview du groupe.
Plus d'informations sur Aaron :
Un concert Notice France :
Plus d'informations sur Notice France :
http://www.noticefrance.fr
Le Seven Casino d’Amnéville, ne vous y trompez pas, est bien un casino, avec tout ce qu’il compte de
gens hallucinés accrochés aux machines à sous et de wannabe Bruel aux tables de poker. Mais ce qui nous intéresse est en bas : une petite salle de spectacle toute moquettée et basse de plafond. Et là, surprise, le public donne l’impression d’avoir passé une frontière sociale en descendant l’escalier : tout ce que la Lorraine compte de t-shirts The Kooples se presse devant la scène. Pendant une seconde, je me demande si je me souviens bien de la chanteuse naturelle et funky que j’avais vu un jour dans une interview, ou si par hasard ici ce ne serait pas plutôt le concert de Sissy Mood and the Brick, sombre groupe alternatif parisien tellement hipster qu’il n’existe pour l’instant que dans mon esprit tourmenté. Bref, le public de Lilly Wood and the Prick au Seven Casino, c’est une étude
sociologique à lui tout seul, composé à 50% de bottines/slim/trucs vintage, accrochés aux bras de 50% de barbiche/Wayfarer/bonnet. Des jeunes hommes qui ont l’air de se demander ce qu’ils font là, et me regardent comme s’ils ne savaient pas ce que je fais là non plus, vu que j’ai pas revêtu mon uniforme comme tout le monde. J’en déduis (à tort, mais vous verrez ça plus tard), que ce sera de la musique mélo de fille qui traîne son mec à un concert (parce qu’il va y avoir « leur » chanson).
J’abandonne un peu ma circonspection devant première partie qui me dit « no no no » dans un
anglais chewing-gum, sur des airs rock plutôt efficaces. Ca se trémousse un peu chez The Kooples.
Tout aveu à faire, ce groupe était fort sympathique, mais je n’ai aucune idée de leur nom, faute de présentation, et il est introuvable via les sites concernant Lilly Wood. (si vous me lisez, faites coucou, faites promo.)

Passée cette introduction, Nili, la susmentionnée chanteuse naturelle et funky, entre sur scène avec
le reste du groupe, et le choix de la première chanson m’a autant minée qu’emportée : très sombre, la voix de la chanteuse nous plonge dans une atmosphère mélancolique, profonde, presque glaçante.
C’est à la fin de cette chanson magnifique et déchirante que je commence à comprendre, alors je
reviens sur terre avec les cris enthousiastes du groupe qui chauffe le public : non, Lilly Wood and the
Prick n’est pas un groupe de hipsters et de filles qui emmènent leur mec à un concert. C’est un groupe complètement barré et sympathique qui cherche à faire passer de l’émotion à travers sa musique, le fait souvent de façon décalée, mais fait mouche à chaque fois. Difficile de ne pas rester scotché, yeux grands ouverts, devant tant de force et d’agitation sur scène. Romantique ? Oui, certainement. Plombant ? Finalement, pas du tout. Le batteur ne fait pas de figuration, et les envolées vocales de diva de Nili me rappellent que Down the Drain et This is a love song sont si
efficaces qu’ils ont servi de fond sonore pour des spots TV de marques haut de gamme. Et si efficaces que j’ai oublié que j’étais fourrée aux aprioris il y a encore quelques minutes, et que je fredonne, les bras en l’air, bien prise au jeu de ce concert qui fait énormément participer un public qui le lui rend bien. En plus de savoir exploiter la touche particulière d’instruments variés (flûte traversière, tambourin, keytar...), toute l’identité du groupe repose sur une fraîcheur et une énergie qui emporteraient le plus réfractaire des spectateurs. Impossible de ne pas répondre aux questions chaleureuses de Nili, de ne pas être touché quand elle parle de donner de l’amour au public, et de ne pas crier quand elle en réclame. Lilly Wood and the Prick, c’est l’un de ces trop rares groupes à l’identité très marquée et en même temps indéfinissable ; c’est le naturel de la folk, le délire de l’électro, l’énergie du rock et l’efficacité de la pop, un mélange fou servi ici par un véritable spectacle live. Pas besoin de scénographie ou d’effets complexes, l’éclairage un peu mystique et très intimiste sert parfaitement l’ambiance. Le groupe occupe son espace comme s’il était chez lui, et ça finit, comme dans une vraie fête, tous vautrés sur la batterie à force d’avoir sauté partout.
En sortant de ce concert, j’avais envie de chopper tous les types aux machines à sous par le col et de leur dire d’écouter « Lilly Wood and the Prick, vous avez de quoi noter ? Parce que c’est trop bien hein ! ». En bref, ce groupe pourrait emporter bien plus de spectateurs et d’auditeurs qu’il n’en a, et je ne saurais que conseiller à tous, tous goûts musicaux confondus, de tomber amoureux de leur album " The Invincible Friends ". Et surtout, de ne pas les oublier en attendant leur prochain album, actuellement en cours d’enregistrement, et surtout leur prochaine tournée. Et oui, le hasard m’a emmenée au tout dernier concert d’un long road trip musical… C’est la fin d’une page, mais soyez prêts pour la suivante !
Article & Illustration : Marine Pellarin
Les Ogres de Barback passent et repassent ! En même temps, leur nouvel album est une véritable invitation au voyage. Ils
étaient il y a quelques mois en Lorraine, les voici cette fois-ci dans la capitale, pour vous présenter leur nouveau spectacle, tout simplement à voir !
Pour avoir un petit aperçu, allez suivre leur blog de tournée, tout simplement génial !
Après avoir joué tous les quatre dans la rue puis sur tous types de scènes, les Ogres ont fait, au début de ce siècle, l’acquisition de chapiteaux sous lesquels ils
se sont promenés là où le vent semblait vouloir les mener, entourés souvent de groupes amis. Ils y ont rencontré des frères d’armes, Les Hurlements d’Léo, avec lesquels ils ont fait un joli bout
de chemin [le projet scénique et discographique « Un air, deux familles »] tant en France que plus largement en Europe. Puis ils se sont encanaillés avec La Fanfare du Belgistan, six
Belges fous, durant plus de deux ans. Soucieux de réinvestir la scène seuls mais en l’habillant d’un superbe décor et d’écrans vidéo, ils ont alors monté ce qui allait devenir le plus beau et
imposant spectacle qu’ils n’aient jamais proposé [et qu’ils ont, à ce titre, immortalisé sous la forme du double dvd « Fin de Chantier… à l’Olympia »].Puis, sortis des poids lourds,
tour-bus, décor et des multiples contraintes techniques qu’impliquait ce spectacle, les Ogres ont souhaité revenir, entre fin 2008 et début 2010, à quelque chose de plus simple, de plus spontané,
qui leur permette de retrouver une forte proximité avec le public. Renouer avec une forme de concert à présenter dans un type de lieux qu’ils n’étaient plus en mesure d’investir depuis des
années, en somme.

Enfin, après une petite vingtaine de dates au printemps 2010, ils ont quitté la route. Pour se reposer, se ressourcer et travailler à un nouvel album pour mars 2011. Dont il se murmure qu’il
pourrait revêtir une couleur très « chanson », moins ornementée de diverses musiques du monde, peut-être même dénué de toute électricité…C’est dans cette diversité dans les propositions
faites au public, dans l’enchaînement des projets, des rencontres et des échanges tant humains qu’artistiques, que les Ogres puisent une énergie et une envie sans cesse renouvelées. C’est ainsi
qu’ils entendent leur métier. Concernant le prochain spectacle, l’on pourrait évoquer la probabilité qu’il accueille un nouveau décor, qu’il fasse une place inhabituelle à l’image, que la liste
des morceaux présentés soit intégralement renouvelée et même envisager la possibilité qu’il héberge un à plusieurs invités. Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il s’agira de quelque chose
d’original, d’une sensibilité singulière et de différent. À l’image des Ogres. Parce qu’il ne saurait en être autrement...
Plus d'informations sur Les Ogres de Barback :
[*Comme à leur habitude, avec des tarifs tous inférieurs à 30€ (frais de location inclus), les Ogres proposent le concert le moins cher de la saison pour l'Olympia !]
Les Ogres de Barback passent et repassent ! En même temps, leur nouvel album est une véritable invitation au voyage. Ils
étaient il y a quelques mois à Sarrebruck et au Jardin du Michel, les voici en intérieur alors que les températures tombent, pour vous présenter leur nouveau spectacle, tout simplement à voir
!
Pour avoir un petit aperçu, allez suivre leur blog de tournée, tout simplement génial !
Après avoir joué tous les quatre dans la rue puis sur tous types de scènes, les Ogres ont fait, au début de ce siècle, l’acquisition de chapiteaux sous lesquels ils
se sont promenés là où le vent semblait vouloir les mener, entourés souvent de groupes amis. Ils y ont rencontré des frères d’armes, Les Hurlements d’Léo, avec lesquels ils ont fait un joli bout
de chemin [le projet scénique et discographique « Un air, deux familles »] tant en France que plus largement en Europe. Puis ils se sont encanaillés avec La Fanfare du Belgistan, six
Belges fous, durant plus de deux ans. Soucieux de réinvestir la scène seuls mais en l’habillant d’un superbe décor et d’écrans vidéo, ils ont alors monté ce qui allait devenir le plus beau et
imposant spectacle qu’ils n’aient jamais proposé [et qu’ils ont, à ce titre, immortalisé sous la forme du double dvd « Fin de Chantier… à l’Olympia »].Puis, sortis des poids lourds,
tour-bus, décor et des multiples contraintes techniques qu’impliquait ce spectacle, les Ogres ont souhaité revenir, entre fin 2008 et début 2010, à quelque chose de plus simple, de plus spontané,
qui leur permette de retrouver une forte proximité avec le public. Renouer avec une forme de concert à présenter dans un type de lieux qu’ils n’étaient plus en mesure d’investir depuis des
années, en somme.

Enfin, après une petite vingtaine de dates au printemps 2010, ils ont quitté la route. Pour se reposer, se ressourcer et travailler à un nouvel album pour mars 2011. Dont il se murmure qu’il
pourrait revêtir une couleur très « chanson », moins ornementée de diverses musiques du monde, peut-être même dénué de toute électricité…C’est dans cette diversité dans les propositions
faites au public, dans l’enchaînement des projets, des rencontres et des échanges tant humains qu’artistiques, que les Ogres puisent une énergie et une envie sans cesse renouvelées. C’est ainsi
qu’ils entendent leur métier. Concernant le prochain spectacle, l’on pourrait évoquer la probabilité qu’il accueille un nouveau décor, qu’il fasse une place inhabituelle à l’image, que la liste
des morceaux présentés soit intégralement renouvelée et même envisager la possibilité qu’il héberge un à plusieurs invités. Mais ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il s’agira de quelque chose
d’original, d’une sensibilité singulière et de différent. À l’image des Ogres. Parce qu’il ne saurait en être autrement...
Plus d'informations sur Les Ogres de Barback :
Un concert Notice France :
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C'est au Seven Casino d'Amneville que Lilly Wood & The Prick a décidé de venir poser ses bagages !
Ce sera mardi prochain, histoire de bien finir le mois de Novembre !
C’est une histoire qui ressemble à un conte de fée musical. Un soir, à Paris, Nili et Ben se rencontrent dans un bar par le biais
d’amis communs. Le courant passe si bien entre eux que, dès le lendemain, ils composent ensemble, au feeling, leurs trois premiers morceaux. Comme si, d’un coup de baguette magique, ces débutants
s’étaient transformés en musiciens. Jusque-là, Nili, née en Israël, ayant vécu à Londres et en Californie, n’avait jamais chanté en public.
Ben, lui, parisien de toujours, traînait sa guitare, en mal de partenaire avec qui créer. L’alchimie qui règne immédiatement entre eux
sert d’étincelle ; il ne reste plus qu’à nourrir d’idées et d’expériences ce feu qui les réunit.
Ils ont pourtant grandi dans des cultures bien différentes. Tout en adorant le funk de Chic ou la techno pop de Depeche Mode, Ben
connait sur le bout des doigts les classiques de la guitar music, de J.J. Cale à Bruce Springsteen. , elle, ne revendique pas une énorme culture musicale : si les chansons d’Elliott Smith la
bouleversent, elle assume aussi son penchant pour la variété eighties. Le premier disque qu’elle a acheté, c’est celui qui passait dans le magasin… par chance il était d’Aretha Franklin
!
Au lieu de les éloigner, leurs parcours et leurs caractères se complètent, se rejoignent autour des mêmes convictions. Ils préfèrent
oublier la technique pour balancer d’abord des émotions dans leurs chansons. Sans regard pour le qu’en-dira-t-on, ils carburent au frisson, cherchent à écrire une musique qui prend aux
tripes.
Taquins, ils choisissent de répondre au nom de Lilly Wood And The Prick, une appellation qui frappe l’imaginaire tout en contenant une
bonne dose d’autodérision :
(« wood » signifie « bois » et « the prick » quelque chose comme « le petit con »). Ce nom imagé correspond aussi à une préférence
linguistique : totalement bilingue, Nili écrit ses paroles en anglais, langue avec laquelle cette Franco-Israélienne se sent plus à l’aise. Il traduit aussi leur état d’esprit : ne pas se prendre
au sérieux, se moquer à l’avance des étiquettes qu’on cherchera à leur coller.
Avec eux, les cloisons entre les genres disparaissent comme s’ils traversaient les murs. Naturellement éclectique, le duo vibre autant
pour des groupes récents comme The XX ou La Roux que pour Barbara ou Gainsbourg. Il s’autorise donc toutes les directions, que ça sonne hip hop, new wave ou electro. Ses débuts ont pourtant pu
faire croire à un groupe folk. Mais à l’époque, les deux complices ne disposaient que de la guitare de Ben et d’une petite boîte à rythme pour camper leur décor et leurs histoires. Quand ils
traversaient Paris en scooter pour donner leurs premiers concerts, ils rêvaient déjà de peindre chaque morceau comme un tableau aux couleurs uniques.
Leur rencontre avec Pierre Guimard, autre coup de foudre, va permettre à leur palette de gagner en nuances, des plus féériques aux plus
inquiétantes. Excité par ce qu'il a entendu sur leur myspace, Pierre leur ouvre les portes de son studio et fonde avec Matthieu Tessier, manager du duo, le label Choke Industry, sur lequel
sortira le premier maxi du groupe. Ils le baptisent Lilly Who And The What ? en référence à leur nom de scène qui intrigue et désarçonne. Sur cette première sortie, qui rencontre un joli succès
sur les plateformes digitales, leur reprise enregistrée pour le fun de “L.E.S. artistes”, la chanson de Santigold, prévient : ce groupe sera inclassable et surprenant.
Une promesse tenue par Invincible Friends. Conçu avec la complicité de Pierre Guimard, ce premier album dessine les contours d’un
univers tendre et fantastique où l’on ne sait jamais sur quel pied danser, où l’on se perd avec délice entre les humeurs et mélodies. Avec onze chansons comme autant d’histoires distinctes et
ambigües, il réalise d’impressionnants grands écarts entre les compositions intimistes d’une Fiona Apple et les synthés à la Daft Punk, entre l’intensité sans âge d’un Bob Dylan et l’écriture
décomplexée et électro-pop de Metronomy. Tels des contes pour adultes sur lesquels planerait l’esprit schizo d’un Lewis Caroll, Invisible Friends ressemble à un monde de faux-semblants où la pop
la plus légère sert de paravent pudique à des propos plus graves (« Hey, It’s Ok »), où ce qui débute comme un blues prend la tangente et groove comme du disco (« No No (Kids) »). Les esprits
cartésiens vont devoir se laisser aller tant Lilly Wood and The Prick s’amuse constamment à brouiller les pistes. A l’origine new wave dans l’âme, « Down The Drain » s’est ainsi transformée en
appel du pied pour les pistes de danse. La soul revancharde de « Cover My Face » et « Prayer In C », prière folk belle à briser les coeurs, précèdent « My Best », tube à l’énergie rock mais à la peau électronique. « Little Johnny », où la voix de Nili rivalise avec celle de Margo Timmins des Cowboy Junkies, et « A
Time Is Near » entourent l’atmosphérique « Hopeless Kids » qui s’envole comme du MGMT. Logiquement, l’album ne se pouvait se clore que sur une note onirique, celle de « Hymn To My Invisible
Friend », splendide ballade en apesanteur…
Désormais accompagnés par des musiciens qui les aident à donner de la chair et de l’énergie à leur répertoire (le fidèle Pierre Guimard
à la basse, Mathias Fisch à la batterie), Nili et Ben ont parcouru du chemin depuis leurs premiers concerts sur des scènes minuscules. Mais pour eux qui vont tourner tout l’été (avec un passage
aux Francofolies), seule la dimension des salles où ils se produisent dorénavant a changé. L’envie de ressentir des émotions et de les transmettre à leur public reste le principal moteur. Nul
doute qu’en écoutant Invincible Friends, l’album de débutants touchés par la grâce, tout le monde le comprendra.
Plus d'informations sur Lilly Wood & The Prick :
www.myspace.com/lillywoodandtheprick
Un concert Notice France :
Plus d'informations sur Notice France :
http://www.noticefrance.fr
Notre chroniqueur Môssieur Louis s'est lancé à la conquête du rock Jean-Louis Murat début novembre, essayant de confronter son amour du bonhomme sur album à la version en live.
Pour le moi, la rencontre fut... authentique.
Récit :
Bonjour, chers lecteurs de Melting Actu.
j'en est marre que mes parents m'écoute pas même quand je parle a mes amies j'ai l'impretion qu'elle sen foute c'est jore les
réponse oué vous savez le truc oué jm'en fou de se que tu dis nan mais franchement j'en es marre moi JE VEUX ÊTRE ENTENDU c'est bon jlé dis rale cul de c'est parents et ses pote qui écoute
pas est sen foute jleur dis que je veux etre chanteuse il dise que c'est pas un truc pour moi juste DEUX je dis bien DEUX amies croive en moi j'arrive pas a croire bon ok ma bff me crois mes bon
c'est comme toute les meilleure mie mais au moins elle me crois vous savez quoi l'année prochaine je monte un groupe et la mes parents ne pourrons plus me dire que se n'est pas pour moi enfin
bref sa me soulage de dire même si je sais que vous vous en fouter bon ba alors
BIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIG KIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIS GUYS
Je sais ce que vous vous dites : c’est mal écrit, ça n’a aucun sens et c’est plutôt moche ; bref, Môssieur Louis, il se fout carrément de notre gueule. Et c’est un peu le sentiment que j’ai eu lorsque j’ai quitté l’Autre Canal après avoir assisté au concert de Jean-Louis Murat. Pour information, les quelques lignes écrites précédemment sont tirées d’un blog à la gloire du chanteur canadien pré-pubaire Justin Bieber. Si votre vie ne vaut pas la peine d’être vécue et que vous voulez vérifier, vous le trouverez ici : http://fic-hot-justin-bieber.skyrock.com/
Tout d’abord, interdiction fut faite de pratiquer le noble art qui est celui de voler l’image des artistes afin de rendre compte visuellement de la soirée, c’est-à-dire de prendre des photos, et ce pour l'ensemble des médias présents. Nous vous proposerons alors une illustration fidèle du concert :
Soit, au mieux quelque chose de bâclé, au pire juste quelque chose de carrément moche.
Voir les deux.
Cependant, on comprend assez vite pourquoi le Clermontois a interdit toute photo. S’il n’est pas de bon ton de se moquer du batteur au tour de taille nécessitant un objectif panoramique, par contre il est tout à fait correct de s’étonner de la tenue de scène de Jean-Louis Bergheaud : jean pourri sous une chemise trop large, arborant des rayures pailletées, que n’aurait pas reniée Jean-Claude Duss à la soirée célibataire du Macumba Club, cachant mal le poids des ans, ou le poids tout court.
Je sais ce que vous vous dites : Môssieur Louis ne peut s’empêcher d’être condescendant et s’en prend aux fringues ce qui est interdit par une loi dont j’ignore les origines mais qui n’arrange pas mes affaires. Mais en parlant d’affaires, que dire du look néo-blaireau du clavier exhibant fièrement une chemise à imprimés représentant de petites pommes, surmontée d’un gilet ni à sa taille, ni accordé à la chemise. Tout à fait le genre de mec qui pense que s’habiller dans une friperie en y choisissant les fringues avec un bandeau sur les yeux est la dernière tendance à Paris. Celui-ci pousse l’exploit de rendre les chansons de l’artiste qu’il accompagne aussi mal fagotées que ses vêtements, ou ce qu’il en reste, par des nappes qui nous rappellent que les années 80 (pour ceux qui les ont vécues) c’était vraiment de la merde.
N’oublions donc pas qu’au milieu du défilé Emmaüs, il y avait un concert et donc des chansons. Jean-Louis Chemise-Moche fit la part belle à son dernier album (Grand Lièvre). Il faut dire que le râleur du Massif Central sort plus de chansons et d’albums que Berlusconi de minettes à ses Bunga-Bunga. Le choix est donc vaste. Son dernier album sert de fil rouge ponctué de quelques références à ses anciennes productions.
Amateur de Jean Pourri Murat depuis sa collaboration avec Isabelle Huppert sur Madame Deshouillères en 2001, j’eusse dû être ravi. Mais après avoir foulé du pied les raisons de la présence de ma fidèle et charmante photographe, puis imprimé sur ma rétine des images nourrissants mes pires cauchemars pour les dix prochaines années, Jean-Louis Bide Apparent exécutât froidement ses meilleures chansons tel un terroriste d’extrême gauche des années 70. Ce n’était plus Jean-Louis Murat et son Band mais la bande à Baader-Meinhoff, luttant à mort et sans remords contre le bon goût musical.
À un moment, je me suis demandé si des enfants de l’école de musique, section débutants, ne s’étaient pas grimés en adultes afin de fêter Halloween à leur manière, interprétant les plus grands succès de Luis Mariano à la façon des Sex-Pistols.
Hormis le clavier, Jean-Louis Paillettes était accompagné d’un batteur et d’un bassiste dont on ne sait plus s’il rendait un hommage capillaire aux Beatles ou à Justin Bieber.
Et je ne parle même pas de l’extrême timidité de l’auvergnat qui daignât adresser un mot au public après une heure de concert. Je cite : « Merci… »
Vous l’aurez sans doute compris, je n’ai pas aimé ce concert. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes encore sur le blog cité plus haut. Ou que vous appliquez déjà la méthode pour s’habiller branchouille. Alors si vous voulez bien retirer le bandeau pendant quelques instants, j’aimerais terminer cette chronique par une note plus positive en vous conseillant quelques albums de Jean-Louis Murat que je possède, apprécie et que j’écoute régulièrement :
2001 : Madame Deshoulières ;
2002 : Le moujik et sa femme ;
2006 : Taormina.
Chronique : Môssieur Louis, Illustration : Cécile Kremer.
ATTENTION LE CONCERT EST ANNULE !
"La séparation du Saïan Supa Crew après le troisième album a laissé un goût amer dans la
bouche des fans… Pour les membres du groupe, ce split soudain a marqué la fin d’un rêve et
l’obligation de se réinventer. C’est ce qu’a fait Sir Sam uel avec son nouvel album Gallery .
(sortie octobre 2011 sur test/wagram)
Déjà en 2005, Samuel s’était fait la main avec un solo au titre créole, Vizé Pli O’. Un petit clin
d’œil reggae à ses origines antillaises. Honnête et lucide, Samuel l’admet : la fin du Saïan a été
un moment déterminant dans sa vie d’artiste.
« Ça m’a coupé les jambes, mais ça ne m’a pas dégoûté du business. Ma crainte était de
retourner au silence. Et puis j’avais l’impression d’avoir vécu un échec. Comme dans un couple,
quand tu sais que tu laisses partir la femme de ta vie pour des conneries. Aucun d’entre nous ne
pensait que ça allait finir ».
La reconstruction démarre en compagnie de Féfé, celui dont Samuel est le plus proche et qu’il
va coacher pendant le temps de préparation de son album Jeune À La Retraite.
« On a retrouvé le goût de créer, sans codes. On a fait une trentaine de titres, dont la moitié a
fini sur l’album. C’était un réel plaisir. Féfé m’a demandé de mettre mes affaires en stand-by. Et
comme on est amis avant tout, je me suis penché chaque jour, pendant un an et demi, sur son
disque. J’étais son miroir ».
Puis Samuel écrit, compose, retrouve l’inspiration pour son propre compte. Son but : ne plus
chercher la vaine performance technique, mais aller vers plus de naturel en mixant reggae, rap
et chanson française.
« Plus ça va et plus je vais vers la chanson française ou urbaine. On a trente ans, on est
susceptible d’incarner la variété de demain. J’assume ça, j’en ai envie. Je veux qu’il y ait un
Jean-Jacques Goldman chez nous, que ce soit moi, Féfé ou un autre, mais qu’il y ait cette
reconnaissance des valeurs du hip hop, qu’on arrive à le diluer pour le plus grand public, sans
mettre de masques ».
Afin de concrétiser cette vision, Samuel s’entoure de musiciens venus d’horizons variés, de la
variété au jazz en passant par le reggae. Johan Dalgaard, pianiste/compositeur qui a travaillé
avec Johnny et Gaétan Roussel, coréalise l’album avec lui. Le saxophoniste Jacques Schwarz-
Bart, le bassiste Michel Alibo, le guitariste Stéfane Goldman ou encore le batteur Franck
Mantégari, font partie de ceux qui vont façonner le son Samuel modèle 2011.
« Des artistes qui n’hésitent pas à se pencher sur des choses moins érudites que leurs
musiques de base. Ils sont généreux, j’ai adoré travailler avec eux. L’album mélange
programmations et acoustique. Il y a toujours une boucle qui traîne dans mes musiques, peut-
être l’héritage du hip hop, en tout cas j’ai besoin de ça. Même sur scène, un séquenceur tourne
en permanence ».
Mixées au studio Twin par Mitch Olivier, les quatorze chansons de Gallery témoignent de
l’éclectisme de Samuel, qui chante, rappe et toaste avec la même aisance.
Sur « Anisa », il évoque une rupture difficile. Clé d’une meilleure compréhension de la chanson :
ce prénom est aussi l’anagramme de… Saïan.
« Mon Hall », chanson acoustique habillée d’une guitare sèche et de chœurs discrets, raconte
avec finesse l’ennui et la solitude en bas des blocks.
« Mental Offishall », le premier single, accueille la voix chaude de Féfé. Deux autres invités sont
présents, le vétéran virtuose du hip hop Busta Flex sur « Carnaval » et le jeune chanteur reggae
Little Dan sur « Dire je t’aime ».
Avec « Prendre le large », Samuel aborde avec tact et émotion le sujet des enfants soldats. « Je
me présente, je n’ai que huit ans/Je connais déjà la guerre, c’est mon travail ». Un texte écrit à
la première personne, bouleversant mais pas larmoyant pour autant.
« J’ai des enfants, je vois la facilité avec laquelle on peut les guider vers le bon ou le mauvais
chemin. Après avoir vu le film Blood Diamond et avoir discuté avec ma fille de neuf ans, j’ai écrit
ce texte avec le sourire, comme si c’était normal. Je ne voulais pas que ça soit plaintif. Un
enfant c’est joyeux, peu importe ce qu’il fait. C’est ça qui est grave avec les enfants soldats ».
Pas de masque pour Samuel, pour qui ce Gallery représente un instantané, la photo d’un
sentiment musical spontané.
« J’ai bouclé la parenthèse hip hop, j’ai été chercher ce que je suis, un enfant du Top 50. Je n’ai
plus peur d’aller vers les choses qui me divertissent ».
Olivier Cachin"
Plus d'informations sur Sir Samuel :
http://www.myspace.com/sirsamssc
Un concert Notice France :
Plus d'informations sur Notice France :
http://www.myspace.com/noticefrance
Pour ouvrir le bal, rien de tel qu'Alela Diane, une jeune américaine de 29 ans accompagnée de son groupe - formé durant l'été 2010 : Wild Divine. C'est en compagnie de son père, son mari et d'amis proches qu'Alela se présente au public nancéen et pour le reste de sa tournée européenne.
Sa voix unique se révèle être à la fois douce, puissante et désarmante. Sont interprétés avec brio plusieurs titres du tout dernier album "Alela Diane & Wild Divine", gros coup de cœur pour les versions live de "The Wind" et "Elijah".
Le temps de quelques morceaux, elle partage les jeux de cordes, la scène et l'ambiance des Nancy Jazz Pulsations en duo avec son père. Deux voix qui s'allient, forcément, à merveille et nous font frissonner et vibrer.
Puis, quelques accords familiers nous viennent aux oreilles et la salle acclame "The Rifle", titre de l'album "Pirate's Gospel" qui l'a révélé au grand public. Alela nous fait le cadeau de nous offrir également une magnifique version de "Tired Feet" et revient enfin sur scène pour nous interpréter seule à la guitare "Oh my mama", d'une beauté et d'une douceur qui laissent sans voix.
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Il nous fallait à tous quelque chose de détonant et pêchu pour oublier le départ de labelle Alela Diane... Et nous avons eu ce qu'il nous fallait : Asa et ses musiciens.
La nigériane nous a présenté son dernier album "Beautifu lImperfection" ainsi que plusieurs titres de son premier album éponyme, comme "Fire on the Mountain" ou encore "Jailer".
La belle énergie d'Asa nous transporte dans son monde aux multiples inspirations : rock, folk, blues et soul. Sa voix grave et chaude nous fait voyager, nous offrant même quelques titres en yoruba, langue nigéro-congolaise. Et bien entourée de ces nombreux musiciens, elle a rendu le Chapiteau de la Pépinière enthousiaste et a fait danser tout le monde jusque dans les gradins !
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C'est maintenant au tour de Kid Creole et ses voluptueuses Coconuts de faire leur entrée sur scène. Dès le premier morceau, on est pris dans le jeu du personnage excentrique et survolté des eighties d'August Darnell. Le public assiste ainsi à un show visuel : véritable défilé de costumes colorés, chorégraphies travaillées et jeux de lumières en conséquence.
Le Chapiteau adhère totalement aux tonalités "disco-funk-jazzy" du groupe, notamment avec la version de "My Boy Lollipop" que nous offrent les trois belles choristes et qui fait bouger tout le monde.
En somme, ce samedi 15 octobre nous aura offert un beau cocktail pour la soirée de clôture du cru 2011 des Nancy Jazz Pulsations.
Article et photos : Elise Ruiba
Plus de photos de Alela Diane :
Plus de photos de Asa :


Plus de photos de Kid Creole et ses voluptueuses Coconuts :



Jean-Louis Murat sera de passage en Lorraine pour venir présenter au public son nouvel album, intitulé "Grand Lièvre" sorti fin septembre.
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GRAND LIEVRE
Il arbore de vertigineuses oreilles, est célèbre pour sa vélocité et hante de nombreuses légendes à travers la planète. Les Indiens
d’Amérique en ont même fait une divinité à la fois esprit farceur et architecte de l’univers. Mais si Jean-Louis Murat a intitulé « Grand Lièvre » son nouvel album, c’est davantage par
amour de l’animal que par souci de mythologie ésotérique. Grand lièvre, symbole d’une espèce en voie de disparition, métaphore d’une terre perdue…
Deux ans que Jean-Louis n’avait publié d’album. Le dernier, « Le Cours Ordinaire des Choses », l’avait vu explorer les
contrées country du côté de Nashville, Tennessee. « Grand Lièvre » a retrouvé gîte et harde, repères et compères. Enregistré en quelques jours dans le sud de la France, avec les fidèles
Fred Jimenez et Stéphane Reynaud, épaulés par le pianiste Slim Batteux, le disque sonne comme s’il avait été capté dans les conditions du live : « Il y avait un magnéto 24 pistes qui
tournait en continu, raconte Jean-Louis. Le principe était « on ne touche à rien ». Je voulais conserver tout ce que le mixage enlève habituellement, le travail, la sueur, les
interrogations, les erreurs. »
Une musique qui, paradoxalement, n’a jamais été aussi limpide et énigmatique à la fois. Un son compact, précis, dominé par une section rythmique inflexible, un orgue impérieux et la guitare 12
cordes de Jean-Louis. Le tout zébré de bruissements, bruitages et dialogues mystérieux, et, nouveauté muratienne, de chœurs hypnotiques et lumineux. « Au moment de l’enregistrement,
j’écoutais beaucoup de groupes de rock indé des années 90, comme Swell, Silver Jews, explique Jean-Louis. J’avais envie de retrouver cette matière sonore, ce travail de groupe. »
Tout au long des dix chansons du disque, on retrouve les thèmes chers à l’auteur du « Manteau de pluie » : la nature, la dérision de la condition humaine, le doute, l’amour, la
solitude. Mais ici magnifiés, nimbés de mélodies tournoyantes et évidentes, à la fois familières et surprenantes. Comme dans « Vendre les prés », constat implacable du dépeuplement des
campagnes, repris dans « Haut Arverne », hommage mélancolique au terroir de l’auteur.
Crédit Photo: Carole Epinette
Thèmes nouveaux aussi, comme celui de la cruauté de la guerre, évoquée dans « Sans pitié pour le cheval » ou « Rémi est mort ainsi », l’une inspirée par un ancêtre homonyme,
un Jean-Louis Bergheaud héros de la guerre de 14-18, l’autre évoquant la Résistance à travers Rémi et Colette, personnages des manuels d’initiation à la lecture d’antan. Dont les syllabes
dansantes parsèment souvent les chœurs de l’album, onomatopées en forme de clin d’œil paternel malicieux.
Dans « Qu’est ce que ça veut dire », allusion à la perte de mémoire, on entend la voix d’Andreï Tarkovski, réminiscence de l’album « Cheyenne Autumn ». Dans « Le Champion
Espagnol », c’est la silhouette de Federico Bahamontes qui surgit au détour d’un lacet du col du Tourmalet. Et dans « Alexandrie », dédiée à une amie disparue, c’est Cléopâtre
qu’on imagine juchée sur son trône.
« Les Rouges Souliers » et « La Lettre de la Pampa », entre conte d’Andersen et missive façon Leonard Cohen,
parachèvent un album riche, aux reflets changeants et aux détours inattendus. Encore rehaussé par « Je voudrais me perdre de vue », ode au dédoublement de personnalité, avec ses riffs
lancinants et sa rythmique acrobatique virevoltant de ternaire en binaire.
Grand Lièvre, grand œuvre, du Murat au sommet de son art, intime et immédiat, secret et universel. Son meilleur album ?
A savourer avec de grandes oreilles.A paraître le 26 septembre en 3 éditions : double CD (album+live), CD simple et vinyle"
Trois ans après le très mélodieux « The Illusion of Progress », Staind, groupe de rock/métal américain, revient sur le devant de la scène pour présenter son tout dernier opus : « Staind ». Comme à son habitude, le groupe a fait un passage à Paris ce 12 octobre pour prouver à leur public français que, quinze ans après leur premier album, ils sont toujours capable d’envoyer du lourd sur scène…
Cela fait maintenant huit ans que, pour ma part, j’ai découvert Staind. Comme beaucoup d’entre vous, c’est avec les titres Outside et So Far Away (respectivement extraits des albums « Break the Cycle » et « 14 Shades of Grey ») que j’ai eu mes premières expériences avec le groupe. Staind, fondé en 1994 dans le Massachusetts, a eu l’un des parcours les plus atypiques qui soit, musicalement parlant. Ainsi, si leurs deux premiers albums étaient résolument métal, l’arrivée de guitares acoustiques et de ballades sur leur troisième album sonnera le glas, pour beaucoup de fan, de la formation. Après trois albums confirmant cette tendance à s’éloigner de la violence pour venir caresser la douceur, Staind prend, avec son septième album, un tournant décisif dans sa carrière. Se séparant de son batteur, le groupe opère un magnifique retour aux sources et livre un album plus sombre et plus violent que tout ce qu’il a pu produire ces huit dernières années.
Pour fêter l’évènement, c’est hors des frontières de notre région Lorraine que je me suis rendu pour vous, rompant ainsi quelque peu la tradition de Melting-Actu. Car comme à son habitude, Staind ne proposera qu’une seule et unique date française dans sa tournée, le groupe ne faisant pas l’unanimité dans notre pays. C’est à la Cigale, à Paris dans le quartier de Montmartre, que les quatre américains ont choisi d’élire domicile en ce début d’automne.
19h20. Après quelques minutes d’attente, j’entre pour la première fois dans une des salles les plus anciennes et les plus connues de Paris. L’ancien théâtre, aujourd’hui réaménagé complètement en salle de concert, présente toujours quelques attributs de sa vie passée : décoration riche et couleur rouge dominante, balcon typique, plafond décoré et gravures compliquées… Le tout donnant à l’ensemble un charme et une atmosphère que l’on ne trouve, malheureusement, pas dans les grandes salles actuelles. De plus, l’endroit est plutôt petit, offrant une sensation immédiate d’intimité.
À ma grande surprise et malgré mon entrée plutôt tardive dans les lieux, la fosse est quasiment vide. Seuls les trois premiers rangs de spectateurs sont occupés. Pour le reste, les gens sont tous debout autour de la fosse, sur ce que l’on pourrait appeler le premier balcon, ou carrément assis sur les sièges derrière la console de l’ingénieur son. Je descends immédiatement le plancher incliné de la fosse (système ingénieux permettant à tous d’avoir une excellente vue sur la scène) et rejoins le quatrième rang en formation, à un peu moins de deux mètres de la scène. Derrière moi, la salle se remplit tranquillement pendant les trente minutes qui suivent mon installation. À 20h00, les lumières s’éteignent, et la salle, désormais pleine, laisse échapper les éternelles acclamations d’un public qui voit enfin se profiler le moment tant attendu.
April Divine fait son apparition sur la scène de la Cigale. Le groupe de rock suédois, que l’on pourrait situer entre Hoobastank et Muse, envoi immédiatement du lourd et conquiert une bonne partie de l’assistance en seulement deux ou trois morceaux. Une prestation propre et carrée pendant laquelle le frontman n’hésitera pas à s’adresser à l’audience dans la langue de Shakespeare qu’il maîtrise parfaitement. Pris d’une frénésie, semble-t-il incontrôlable, le second guitariste, à gauche sur scène, ne cessera de sauter et de secouer la tête dans tous les sens, faisant voler sa longue chevelure au rythme des morceaux. Idem pour le bassiste qui, de l’autre côté de la scène, agitera ses dreadlocks comme un fou, tout en martelant son instrument. La basse sera le point faible de cette prestation, non pas par la qualité du jeu, mais par les réglages adoptés, rendant quasi inaudible la seconde guitare et ses soli. Mais peu importe, le groupe quittera la scène sous les applaudissements au bout d’une quarantaine de minutes de prestation et reviendra dans le hall à la fin du concert pour discuter avec le public et signer quelques autographes. Une bonne découverte en somme.
Mais il est bientôt 21h00 et la salle commence à s’impatienter. Voilà plus de cinq minutes que rien ne se passe sur scène et le public a hâte de voir enfin débarquer Aaron Lewis et sa bande. S’il est une chose à savoir sur la Cigale, c’est que la ponctualité y est de rigueur. Ainsi, Staind ne montera sur scène qu’à 21h00 précise, pas une minute avant, pas une minute après. L’obscurité tombe à nouveau. Les hurlements sont assourdissants. Aaron s’avance avec sa guitare jusqu’au micro et c’est parti.
Il est inutile d’entrer dans les détails de la setlist qui était, selon moi, parfaite. Un savant mélange entre l’ancien et le nouveau, particulièrement axée sur les morceaux métal, mais ne négligeant pas pour autant les ballades. De plus, le groupe n’a pas succombé à la facilité de faire un « quart d’heure tranquillité » en envoyant toutes les chansons « calmes » les unes après les autres. En effet celles-ci arrivaient plutôt au moment où l’on s’y attendait le moins, permettant aux fans de reprendre leur souffle avant de recommencer à s’agiter.
La prestation est impeccable. Mike Mushok s’agite comme un fou avec sa guitare tandis que Johnny April, plus calme, reste bien concentré sur sa basse, sans oublier d’adresser quelques signes à la foule devant lui. Le batteur restera dans l’ombre, plutôt discret, faisant son travail correctement, mais n’étant pas réellement considéré comme un membre du groupe en raison de son statut temporaire.
Plutôt distant et apparemment perturbé par un élément extérieur, Aaron Lewis, chanteur et guitariste du groupe, se détendra et se montrera même souriant à partir du cinquième morceau. Il limitera ses interventions parlées à des annonces de titres de chansons à peine articulées et se focalisera plus sur la qualité de son chant et de son jeu de guitare. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Monsieur Lewis sait ce qu’il fait. L’une des plus belles voix de la scène rock actuelle se laissera aller à prolonger des notes à la limite de l’humain, s’attirant ainsi les acclamations d’une foule depuis bien longtemps conquise par l’organe de l’artiste. Il demandera au public de l’accompagner sur So Far Away, morceau phare du groupe, et se laissera surprendre lorsque, spontanément, l’assemblée reprendra seule et en chœur le dernier refrain de Outside, magnifique ballade du groupe. Un moment fort en émotion pour Lewis qui ne pourra dissimuler un léger tremblement de voix en annonçant au public qu’il les remerciait d’être toujours présent après autant de temps.
Le concert s’achèvera après une (trop courte) heure et demi avec un Aaron Lewis devenu plus bavard et souriant, interprétant, en duo avec Mushok, le dernier morceau de leur nouvel album, Something to Remind You. Accompagné tout le long du titre par le public, profitant d’une dernière occasion de chanter avec le groupe, Staind quittera définitivement la scène à 22h30, laissant les lumières se rallumer sur ce qui fut, à n’en pas douter, l’un des meilleurs concerts auquel beaucoup d’entre nous ont pu assister.
Article : Dom Panetta
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